mercredi 27 mars 2013
Abdou Diouf est actuellement le secrétaire général de l'organisation internationale de la francophonie (OIF).
Lorsque l’opposition guinéenne a réclamé une médiation internationale, le Ministre guinéen de l’Administration, Alhassane Condé, l’avait catégoriquement exclu. Peu de temps après, le régime de Conakry change de position et donne son accord. Puis, c’est Abdou Diouf, l’ancien dictateur sénégalais maintenu en activité politique par la Francophonie, qui se propose en médiateur. Est-ce un hasard ? Nous pensons que non !
De source confidentielle, nous avons appris que l'organisation internationale de la francophonie (OIF) qui a toujours volé au secours d’Alpha Condé comme il le fait d’ailleurs pour tous les dictateurs du Continent, fait partie d’un projet global amenant le pouvoir guinéen à accepter la demande de l’opposition tout en la piégeant.
Dans l’interview qu’Abdou Diouf a accordée à France 24, publiée le 18 mars 2013, le journaliste a parlé de blocage complet de la situation et des morts. Abdou Diouf répond qu’il faut calmer le jeu et que lui il travaille à cela. Sans condamner ni même regretter les tueries par balles ni les destructions des boutiques et magasins estimées à plus de 100 milliards de FG infligées aux commerçants peuls par les hordes d’Alpha Condé à Conakry ! Il continue :
« Le problème qui se pose, c’est le problème de liste électorale, c’est le problème du comportement de la CENI vis-à-vis de toute la classe politique. Ce sont les problèmes que l’on peut résoudre mais, il faut un dialogue sincère. Et je veux m’employer à promouvoir ce dialogue. Je ne dis pas que je serai le médiateur, mais de toutes mes forces, je pèserai pour que ce dialogue ait lieu et que les problèmes soient résolus ».
Abdou Diouf veut qu’on laisse de côté les "faux problèmes" pour s’attaquer au "vrai problème" qui, selon lui est d’aller vite aux élections législatives. De ce qu’il a énuméré et de ce que le journaliste a énuméré (Liste électorale, Comportement de la CENI et les morts), nous aimerions savoir ce qu’Abdou Diouf appelle ici "faux problèmes" !
Abdou Diouf essaye de tromper qui en affirmant qu’il ne dit pas qu’il sera le médiateur ? On parle de chercher un médiateur international pour ramener le dialogue entre l’opposition et le pouvoir, lui il affirme s’y employer.
Nous aimerions attirer l’attention de la classe politique guinéenne sur la personnalité de cet ancien président sénégalais qui n’a pas la crédibilité et les qualités requises pour jouer un rôle déterminant dans le processus démocratique de notre pays, la Guinée. Il y a plusieurs raisons qui justifient qu’on s’oppose à cette éventualité :
- Depuis qu’il est intervenu en 1990 pour extraire Alpha Condé de la Guinée, le sauvant ainsi de l’emprisonnement et des tortures du PM3, une affinité s’est développée entre Abdou Diouf et Alpha Condé qui l’appelle son ami.
- Djènè Kaba Condé, "épouse" actuelle d’Alpha Condé, travaillait pour l’Agence de la Francophonie à Paris. Les agents de l’OIF qui sont ses collègues peuvent tout naturellement répondre à ses vœux d’aider ou soutenir son mari Alpha Condé.
Rien que pour ces deux points, Diouf et son organisation seraient exclus du processus guinéen par le principe que les Allemands appellent "Befangenheit" (partialité logique). Mais malgré ces faits, on a laissé l’OIF s’impliquer largement à la présidentielle guinéenne de 2010 (Par exemple, Toumany Sangaré, le représentant de l’OIF a été nommé président de la Ceni). La crise actuelle n’est autre que la gestion malhonnête et irresponsable de la transition avec l’OIF comme l’institution principale de la gestion électorale.
Nous rappelons que Monsieur Abdou Diouf, secrétaire général de la présidence de la République en 1964, puis Premier ministre du Sénégal le 26. février 1970. Il devint président de la République le 1er janvier 1981, à la suite de la démission du président Senghor. Il se fera élire en 1983 et réélire en 1988, puis en 1993 pour 7 ans de façon très controversée, après avoir fait modifier la Constitution de son pays. Battu par l’opposant historique Abdoulaye Wade au deuxième tour de l'élection présidentielle du 19 mars 2000, Abdou Diouf ne cèdera le pouvoir que parce que Wade ne s’est pas laissé faire (en refusant de renoncer à sa victoire comme Cellou Dalein Diallo l’a fait en Guinée) et que la France est intervenue pour l’amener à céder afin d’éviter que le Sénégal ne plonge dans le chaos.
Le pire, dans le comportement de l’homme politique Abdou Diouf, fut cependant le fait qu’il ait accepté la demande du sanguinaire Sékou Touré en 1971 de lui livrer les opposants guinéens vivant au Sénégal. Il fit arrêter et emprisonner les opposants guinéens à Dakar dans l’intention de les livrer à Sékou Touré. Tout le monde sait qu’à cette époque, Sékou Touré faisait mourir ses opposants et des intellectuels guinéens par la diète noire, par les tortures au camp Boiro et par pendaisons publiques. Pire, Sékou Touré avait fait condamner à mort, par contumace, tous ses opposants vivant à l’extérieur du pays, publié dans le journal officiel et dans des numéros spéciaux de Horoya.
C’est le Haut-Commissariat des Refugiés de Nations Unies, depuis Genève, qui adressa une lettre urgente au Président Senghor pour l’alerter sur les manœuvres criminelles auxquelles son Premier ministre entrainait le Sénégal. C’est le Président Senghor en personne qui empêcha le rapatriement des Guinéens qu’Abdou Diouf avait déjà regroupés à cet effet.
Par Sadio Barry
Guineepresse.info
Pour www.nlsguinee.com
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