vendredi 15 mars 2013
La révision des listes électorales, lancée récemment en Guinée par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), a été suspendue ce jeudi, pour une semaine, sur instruction du Premier ministre, Mohamed Said Fofana, a indiqué à la PANA une source proche de l’institution en charge des élections.
La nouvelle CENI, dite «paritaire», qui a été mise en place à l’issue d’un bras de fer entre des partis d’opposition et le gouvernement, est composée de 25 membres, dont 10 de la mouvance présidentielle, 10 de l’opposition, 5 de l’administration et de la société civile.
Aucune explication n’a été fournie sur l’ordre de suspension provisoire donné par le Premier ministre qui dirige toutefois le cadre de concertation et de dialogue permanent mis en place au lendemain des violentes manifestations de certains partis d’opposition, exigeant le vote des Guinéens de l’étranger et le retrait de l’opérateur sud africain de saisie, Waymark, soupçonné d’être partial.
Les partis d'opposition, réunis au sein du collectif pour la finalisation de la transition, de l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) et du Club des républicains (CDR), initiateurs des récentes marches de protestation, avaient posé comme préalable le gel de la révision des listes électorales en vue de leur participation au dialogue politique dans la perspective des législatives qui avaient été initialement fixées au 12 mai prochain par la CENI.
On retrouve dans ces différents blocs de l’opposition, les anciens Premiers ministres Sidya Touré, Cellou Dalein Diallo et Lansana Kouyaté, ainsi que l’ex-ministre des Finances, Kassory Fofana, qui ont tous collaboré avec le défunt président Lansana Conté.
Le gouvernement, qui avait promis de faire «toute la lumière» sur les incidents qui avaient émaillé la marche qui se voulait pacifique, avec des pertes en vies humaines, des destructions de biens publics et privés, avait convoqué devant la justice les leaders du collectif, du CRD et de l’ADP avant de se raviser, assurant que «seuls les organisateurs» de la marche comparaîtront devant le juge.
Face aux décisions du gouvernement, l’archevêque de Conakry, Mgr Vincent Coulibaly, a appelé récemment les pouvoirs publics à surseoir aux convocations des leaders devant la justice en vue de permettre au comité de dialogue et de concertation, dont il est membre, de chercher les voies et moyens de ramener la paix dans le pays.
Source: PANA
Pour www.nlsguinee.com
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