vendredi 08 mars 2013
Tant l’opinion nationale qu’internationale s’étaient réjoui de la décision du pouvoir guinéen d’autoriser la manifestation légitime de l’opposition qui devrait débuter le mercredi 27 février 2013.
On croyait à une certaine évolution positive du parti au pouvoir et de son président Alpha Condé, qui allaient enfin respecter les dispositions de l’article 10 de la Constitution guinéenne. Ce qui allait éviter des tensions et violences de nature à aggraver la déchirure du tissu social provoqué par le chef de l’Etat actuel et son parti RPG au pouvoir depuis fin 2010.
Fort malheureusement, comme à son habitude, le pouvoir a mobilisé ses loubards le lendemain de la manifestation, appuyés par des gendarmes et des éléments de la garde présidentielle, pour faire des descentes punitives contre l’opposition et la communauté peule, faisant une dizaine de morts et de considérables pertes matérielles (Domiciles, boutiques et magasins pillés et incendiés) au coût estimé à plus de 100 milliards de Francs guinéens et des risques sérieux de guerre civile dans notre pays: d’ores et déjà, des affrontements intercommunautaires ont été enregistrées dans plusieurs localités de la capitale Conakry.
C'est avec une vive émotion et une indignation indescriptible que nous suivons ces affrontements intercommunautaires en Guinée, sciemment provoqués par ceux qui gouvernement le pays et qui sont censés œuvrer pour la paix et l’entente nationale. Il n’y a aucune raison qu’un parti au pouvoir mobilise ses militants pour s’attaquer à des citoyens qui revendiquent leurs droits garantis par la Constitution.
Le mouvement pour la justice et la démocratie (MJD) condamne fermement les atrocités et assassinats commis par les loubards du RPG et les forces de sécurités et de défense de la République à l’endroit de paisibles citoyens réclamant pacifiquement leur droit.
Le MJD adresse ses sincères condoléances aux familles des martyrs et souhaite prompte rétablissement aux blessés.
Nous exigeons la constitution d’une commission internationale et indépendante d’enquête pour faire la lumière sur ces crimes, l’arrestation et la traduction des coupables et leurs commanditaires devant une juridiction compétente et crédible.
Au regard de cette situation de véritable carnage et les risques sérieux de violences intercommunautaires généralisées pendant et après de futures élections en Guinée, nous exhortons la communauté internationale à s’impliquer dans le processus électoral en Guinée et à dépêcher une force neutre d'interposition pour protéger les populations des exactions des sbires du régime despotique et clanique du tyran Alpha Condé.
Le MJD s’étonne de la subite réapparition des personnalités religieuses et du Conseil National de Transition (CNT) qui fait office de parlement provisoire, se proposant en médiateurs. Nous estimons qu’une médiation est jouée par des personnalités ou des institutions neutres. Les imams de la grande Mosquée et le CNT devraient plutôt condamner les crimes organisés contre la population guinéenne dont ils ont la charge morale et institutionnelle de défendre.
Nous suggérons aux leaders politiques actuels de l’opposition de conditionner tout dialogue et la participation à toute concertation politique à :
- L’arrêt des exactions et des descentes des forces de l’ordre dans les familles
- La libération sans condition de tous les prisonniers politiques
- La prise en charges des soins de tous les blessés
- L’engagement de l’Etat de rembourser toutes les pertes matérielles
- Le retrait officiel de l’opérateur Waymark du processus électoral et même son départ définitif de notre pays, la Guinée.
Le 07.02.2013
Pour le MJD,
Djénabou Barry
Amamara Lamine Bangoura
David Lamah
Djiba Camara
Boubacar Barros Diallo
A propos du MJD:
Le Mouvement pour la Justice et la Démocratie (MJD) est l’initiative des jeunes de la génération 90 qui s’étaient battus à l’époque pour obliger le régime militaire de Lansana Conté à reconnaitre les partis politiques et le multipartisme intégral en Guinée. Les bénéficiaires de notre lutte à l’époque furent le RPG d’Alpha Condé, l’UNR de feu Bah Mamadou, le PRP de feu Siradio Diallo, pour ne citer que les plus célèbres d’entre eux.
Après plus de 20 ans de lutte derrière des ainés, nous sommes déçus de constater que ces derniers ont plutôt contribué à nous ramener en arrière, dans les années de la révolution et du parti-Etat. En refusant, tous, que des élections législatives, véritables expression démocratique et du pluralisme politique, soient organisées avant la présidentielle en 2010, ils ont prouvé que leur préoccupation est l’accès au fauteuil présidentiel et non l’avènement d’une vraie démocratie et d’un Etat de droit en Guinée et ont contribué à la crise actuelle.
Trois (3) ans après la présidentielle 2010, la transition démocratique patine toujours en Guinée avec son cortège de victimes. De toute évidence, la politique guinéenne a besoin de nouveau sang. Nous avons donc décidé de prendre nos responsabilités pour, avec des ainés intègres, tirer notre pays du désastre tant social qu’économique dans lequel les forces vives (La veille classe politique et le mouvement social) l’ont précipitée.
Nous n’entendons plus laisser ces mêmes acteurs du passé et responsables de l’échec de la transition démocratique guinéenne continuer à parler et à décider au nom du peuple de Guinée, à notre nom. C’est pourquoi nous prions toutes les Guinéennes et tous les Guinéens dynamiques et intègres à se joindre à notre initiative pour la fondation d’un parti politique pour l’alternance crédible à la violence, à la corruption et à l’amateurisme politique actuel en Guinée.
Transmis par Sadio Barry
Contact: sadio.barry@guineepresse.info
Pour www.nlsguinee.com
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