jeudi 28 février 2013
Après Au moment où le président Alpha Condé quittait la Guinée, ses opposants préparaient leur manifestation de protestation. Il quitte son pays au moment où celui-ci est en ébullition.
Le nouveau maître de la Guinée prend l’avion pour aller parler du règlement des crises d’autres pays. Notamment le Mali qui a été au centre de la rencontre des chefs d’Etat ouest africains à Yamoussokro.
Visiblement, Alpha Condé a sous-estimé la crise dans son pays.
Sous d’autres cieux, même si le président était à l’étranger, il se serait précipité pour revenir gérer la crise. A plus forte raison en laissant ce pays bouillonnant pour prendre l’avion.
Ce déplacement signifie que soit il ignore la réalité soit il méprise ses concitoyens. Dans un cas comme dans l’autre, cela constitue un véritable pavé dans la marre.
Le président Alpha donne l’impression qu’il n’est nullement impressionné par les agitations de ses anciens alliés. Lesquels, malheureusement pour lui, enregistrent chaque jour que Dieu fait de nouveaux adhérents. La dernière en date et non des moindres est la participation des militants de l’UPG à la marche.
L’ancien Premier ministre de la transition, ami de longue date du professeur, explique qu’il se joint à cette manifestation suite aux pressions de ses militants. C’est tout dire.
A cela s’ajoute le départ de l’alliance arc-en-ciel de Ibrahima Kossory Fofana et Jean Marc Telliano. Ces deux anciens alliés du pouvoir actuel n’ont fait aucun cadeau à leur ancien mentor ce 27 février. Kassory Fofana en particulier a remué le couteau dans la plaie. Il a abordé son intervention par la partie la plus sensible.
Dire aux citoyens de la République qu’ils ne bénéficient pas du même traitement par celui qui a juré par la Constitution de cette même République, ce message pourrait tomber dans des oreilles très réceptives.
Avec des exemples à l’appui, le président de Guinée pour tous, n’est pas allé des mains mortes pour dénoncer ce qu’il a appelé le favoritisme organisé par ceux-là mêmes qui devaient traiter tous les citoyens au même pied d’égalité. Le ciment que le Japon a donné à la Guinée et qui, selon M. Fofana, a été donné aux militants du parti au pouvoir.
Quant à Jean Marc Telliano, il a bien profité de l’occasion qui lui était offerte pour régler ses comptes avec le professeur. Selon lui, l’actuel homme fort de la Guinée ne mérite pas ce pays. Ajoutant des propos qui frisent l’ostracisme voire de la xénophobie. En disant en substance que lui est fier de pouvoir montrer la tombe de son père. Allez- y comprendre le reste.
Le professeur devrait entendre le message de son opposition. Il devra mettre à profit le rendez-vous du 5 mars pour recoller les morceaux. Gouverner c’est prévoir et prévenir. Il est encore temps de rectifier le tir. Pour traiter les opposants comme des compatriotes qui ont le même objectif que lui.
L’heure n’est plus aux propos incendiaires, radicaux et extrémistes. L’heure est au dialogue franc et sincère. Le seul qui vaille et qui évite à la Guinée une nouvelle crise.
Le pire pour le professeur n’est pas de perdre la majorité aux élections législatives. Le meilleur pour lui non plus n’est pas de s’offrir une majorité confortable à l’assemblée nationale. Le meilleur pour lui est de contribuer à la construction de l’édifice démocratique réclamé à cor et à cri par tous ses compatriotes.
A noter que pendant toute la nuit, les forces de l’ordre auraient continué à commettre des exactions dans la commune de Ratoma et plus particulièrement à Hamdallaye, selon l’opposition.
Des informations en provenance des quartiers favorables à l’opposition indiquent que les échauffourées continuent de plus belle dans ces quartiers ce matin encore.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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