mercredi 27 février 2013
Après un premier rendez-vous manqué le président de la République lance une nouvelle invitation aux leaders politiques. Lieu choisi cette fois le palais présidentiel, alors que le premier était prévu au palais du peuple. Entre autre objectifs de la rencontre, la réconciliation nationale et la préparation des élections législatives.
Une nouvelle fois Alpha Condé tend une main ou un piège à l’opposition. C’est selon. En fin stratège, le nouveau maitre de la Guinée tient à marquer des points. Il coupe l’herbe sous le pied de son opposition qui se prépare pendant ce temps à le défier dans tout le pays. Le moins que l’on puisse dire est que le président Alpha a mis ses anciens alliés dans une position embarrassante.
Ces derniers auraient du mal à justifier un deuxième refus de l’invitation présidentielle. Les Guinéens et les partenaires de la Guinée pourraient difficilement comprendre ce refus. Pour le moment ils maintiennent la pression malgré cette invitation présidentielle. La deuxième marche est maintenue. Mais maintenir la marche est une chose, refuser la main tendue en est une chose.
Les leaders de l’opposition se donnent rendez jeudi après-midi pour décider de la marche à suivre après la marche. Ira, ira pas, ils donneront la réponse demain soir. Cette nouvelle rencontre pourrait être houleuse. Car obtenir un consensus avec autant de personnes ne sera pas une simple promenade de santé.
Mais il n’y a que l’opposition qui est confrontée à un choix difficile. Le chef de l’Etat lui aussi est soumis à rude épreuve. D’un côté il est pressé par l’opposition et ses partenaires pour desserrer l’étau. De l’autre, l’aile dure de son régime estime avoir consenti trop de sacrifice et de concession. Pour elle, céder sa position sur Waymark serait une capitulation qu’elle n’entend pas faire.
Les partisans du régime tels que le Bloc de l’opposition constructive exige du président de signer enfin le décret de convocation des électeurs. Or une telle décision serait totalement en porte à faux avec la volonté de dialogue affichée par l’invitation présidentielle.
En effet, le président de la République aura du mal à convaincre un seul homme qu’il veuille le dialogue pendant qu’au même moment il ignore la principale revendication de l’opposition.
La signature ou non du décret convoquant les électeurs en dira long sur la volonté ou non du président de mener un dialogue politique franc et sincère. S’il reporte la signature de ce décret en attendant la rencontre avec l’opposition, cette dernière serait dépouillée de tout prétexte pour faire la politique de la chaise vide.
En revanche, s’il signe le décret, il aura conforté son opposition qui l’accuse de tenir un double langage. Avec d’un côté des invitations successives au dialogue et de l’autre une politique unilatérale et jusqu’au « boutiste ».
Vivement donc un report des législatives et un dialogue constructif débouchant sur une véritable décrispation.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
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Pour www.nlsguinee.com
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