Guinée : Cherté de vie : Que de spéculations inutiles !
dimanche 30 avril 2006
Il est évident qu’on le dise ou non que la cherté de vie est une situation lamentable que connaît le guinéen de nos jours.
Pour garnir le panier de la ménagère les bourses de la population sont loin d’être suffisantes.
Avec l’absence de revenu et la dégradation du pouvoir d’achat des populations, celles-ci se trouvent dans une réelle tourmente. Face à cette réalité brûlante le gouvernement, les opérateurs économiques, la société civile, ont à deux reprises initié des journées de concertations et de négociation sous la présidence de Fodé Bangoura Ministre Secrétaire Généra à la Présidence de la République.
La toute dernière rencontre a eu lieu le vendredi 27 avril 2006. A l’issu des travaux, il a été une fois de plus question d’un document faisant état de la revue à la baisse des prix des denrées de première nécessité sur le marché guinéen (riz, huile, sucre, farine…).
Mais faut-il rappeler que sans la volonté et l’implication de tous l’on ne pourra jamais parvenir à une solution profitable pour tous et chacun, c’est du moins l’avis partagé par bon nombre de consommateurs guinéens et acteurs commerciaux.
Pour M Djiby Diallo commerçant détaillent à Madina « Je ne pense pas qu’on puisse rester dans des bureaux climatisés pour décider de baisser les prix des produits sur le marché. Le gouvernement ne fait rien pour assister ou aider les commerçants. Le ministre du commerce est incapable d’agir équitablement pour alléger les charges des familles… Alors à qui la faute ? »
La population au nom de laquelle des solutions seraient cherchées ça et là, ne bénéficie pourtant jamais des retombées des telles initiatives. De nos jours dans les ¾ des familles à Conakry ce sont les femmes et toujours elles qui assument la survie du foyer.
L’homme étant au chômage depuis belle lurette, toute la charge familiale retombe donc sur la brave épouse. Les réalités des marchés illustrent bien ces propos. Cet état de fait a même occasionné l’éclatement de la cellule familiale, premier cercle d’éducation et d’encadrement des enfants. Ce qui a eu pour conséquence directe ou indirecte : la criminalité, le banditisme, la prostitution, la dépravation des mœurs et us…
Devant cette réalité l’état, l’école, les parents ont tous tendance à fuir leurs responsabilités respectives. Pendant ce temps la pauvreté continue à envahir la masse populaire dans sa majorité écrasante.
Les gestionnaires de la chose publique, l’impunité aidant, sont plutôt préoccupés par d’autres soucis à savoir : les comptes bancaires en Occident, la belle vie des mineurs, les belles voitures, les études des enfants à l’extérieur, la réalisation des édifices gigantesques hors du pays…
L’Etat incapable laisse faire et la population s’engouffrer de plus en plus profondément.
Dommage !!!
Par Lansana A. Camara
Correspondant permanent de Nlsguinee.com à Conakry
E-mail : lansana@nlsguinee.com ou lansanaminata@yahoo.fr
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