vendredi 08 février 2013
La quasi-totalité des routes de la Guinée se dégradent. Il y a cependant certaines d’entre elles qui sont dans un état plus grave que d’autres. Les emprunter donne l’impression d’être dans un pays abandonné par ses habitants. Au nombre de ces routes, il y a celle qui relie Mamou à Kouroussa.
La route, ou ce qu’il en reste, est devenue impraticable. Par endroit, on a l’impression que le bitume n’a jamais existé par le passé. Le goudron, tout noir autrefois, a cédé la place à une piste rurale sur laquelle croiser un autre véhicule vous enveloppe dans un épais nuage de poussière.
Les endroits où il n’existe plus de trace de goudron sont paradoxalement plus praticables que ceux où alternent goudron et piste. Des trous parfois profonds se trouvent au milieu de la route. Obligeant le conducteur à lever le pied sur l’accélérateur ou à se rabattre sur les extrémités de la route. Ce qui effrite le bitume au fur et à mesure que les véhicules passent.
Par endroits, des enfants s’activent à colmater les brèches. Ils remplissent les trous avec de la terre. Mais comme dit un proverbe de chez nous, « lorsque le soleil est au Zénith, il est inimaginable de l’éclipser avec la paume de la main ».
La situation de cette route est telle que les actions locales et la bonne volonté des gamins riverains constituent un coup d’épée dans l’immense océan. A noter de passage que l’initiative de remplir les trous par la terre a une origine. Elle date de juin 2007. C’était à l’occasion du passage du défunt guide de la révolution libyenne, en provenance de Bamako pour Conakry. Les autorités d’alors avaient fait appel à la bonne volonté des riverains pour boucher les trous. Depuis, c’est devenu une habitude et même une activité génératrice de revenu pour les gosses des localités traversées. Ils tendent la main à longueur de journées aux passants.
Voilà planté le décor de la route qui mène au fief de l’actuel maître de la Guinée plus de deux ans après son arrivée au pouvoir. Sur ce plan au moins on peut lui reprocher tout sauf d’avoir favorisé les siens. Se rendre dans son fief relève d’un véritable parcours de combattant.
Comme beaucoup d’autres secteurs, notamment les routes du pays, la route Mamou Kouroussa nécessite enfin un coup de main. Un coup de main de ceux qui, en dehors desquels aucune réalisation d’infrastructures d’une grande envergure n’est possible dans ce pays : les bailleurs de fonds.
Or pour que ces derniers mettent la main à la poche, ils posent une exigence : il faut compléter les institutions de la République, notamment par l’assemblée nationale. Pour que cette assemblée voie le jour il faut des élections législatives. Pour que ces dernières puissent se tenir, il faut que la classe politique accorde ses violons. Bref, beaucoup de préalables.
Vivement donc un dialogue fécond permettant à la Guinée de démarrer enfin le seul chantier qui vaille : celui du développement.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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