jeudi 31 janvier 2013
La ville de Siguiri représente toutes les caractéristiques des villes sahéliennes. Le sable, la chaleur et les ânes vous donnent l’impression d’être à Bamako ou à Niamey.
Siguiri véritablement surpeuplée grâce ou à cause de la richesse de son sous-sol. Elle est bondée du monde à tout moment. Ville aurifère, elle attire de plus en plus de personnes en provenance de toute la Guinée mais aussi de l’étranger.
La ville est aussi la capitale des engins à deux roues. La moto est le principal pour ne pas dire le seul moyen de déplacement. Les longues et interminables files de motos ressemblent à des fourmis-magnant. Ces longues files de motos dont la plupart sont des taxis donnent de vertiges.
Siguiri c’est aussi un contraste entre les richesses de la région et la pauvreté de la population. Avec entre autres un habitat du Moyen âge. Une terre vers laquelle nationaux et étrangers convergent pour chercher fortune et dont 90% d’habitants dorment dans des huttes, c’est un paradoxe. Contrairement à d’autres parties du pays où la case cède la place au bâtiment, ici l’habitat demeure encore très traditionnel.
Et ce n’est pas fini. La route menant à la cité de la Société aurifère de Guinée est une piste rurale. Une piste si poussiéreuse que les conducteurs sont obligés d’allumer les phares en pleine journée pour éviter des collisions. Voilà l’état d’une région parmi les plus riches de la Guinée et qui, paradoxalement, donne l’impression d’être parmi les plus pauvres.
Même s’il existe un bémol, une petite consolation avec la gratuité de l’électricité accordée à toute la ville par la SAG. Cela est un privilège dans un pays où même la capitale baigne dans le noir.
Mais le développement c’est à la fois manger à sa faim, se soigner correctement, former ses enfants et bien sûr avoir un habitat décent. Or si les trois premiers éléments ne sont pas vérifiables pour le commun des mortels, le quatrième est visible. Il crève les yeux.
Est-il acceptable que les habitants d’une région dont les richesses sont convoitées par la terre entière vivent dans des conditions d’extrême pauvreté ?
Il est donc temps que les nouveaux maîtres du pays, qui ne manquent jamais la moindre occasion pour dénoncer la gestion de leurs prédécesseurs, rectifient le tir. Aussi longtemps que des populations dont la terre est immensément riche vont continuer à croupir dans la misère noire, aussi longtemps qu’elles verront leurs richesses sortir pour des destinations inconnues, elles continueront à mépriser autorités et partenaires.
D’où l’impérieuse nécessité de renverser la tendance actuelle. Afin que ceux dont le Créateur a pourvu la terre d’immenses richesses puissent bénéficier des tombées de ces richesses. Autrement ils risquent de devenir une véritable bombe à retardement.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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