mercredi 30 janvier 2013
Le président Alpha Condé revient de Davos en Suisse et d’Addis-Abeba en Ethiopie où il a pris part respectivement au sommet économique mondial et à celui de l’Union africaine.
Ces rencontres internationales sont une occasion rêvée pour certains chefs africains pour oublier un peu leurs problèmes internes. De respirer et de souhaiter que ces genres de rencontres se multiplient le plus souvent. Car une fois à la maison les ennuis recommencent. Le président Alpha Condé ne dira pas le contraire.
Le jour même de son retour, son opposition se réunit à Coléah. Elle décide une nouvelle fois de perturber son sommeil à partir du 7 février prochain. A travers des marches pacifiques qui n’ont malheureusement jamais été pacifiques dans ce pays. Cette fois sur l’ensemble du territoire et de façon illimitée. Du moins jusqu’à la satisfaction de leur revendications. Des revendications qui sont entre autres le départ de Waymark et le vote des Guinéens de l’étranger.
Pour le président le souci est double : l’opposition décide de lui donner du grain à moudre. Plus grave pour lui, cette opposition qualifiée par ses partisans de radicale enregistre de nouvelles adhésions. Et ça risque de faire tache d’huile. Quand on connait l’opportunisme des politiques de ce pays. Des hommes politiques dont les convictions varient comme la météo. Hier ils étaient avec le pouvoir aujourd’hui avec l’opposition et vis-versa. Laquelle opposition se frotte déjà les mains, car les nouveaux venus connaissent mieux l’adversaire.
Ainsi, au lieu du duo habituel collectif et ADP, connu et reconnu partout et par tous, désormais on parle du trio collectif, ADP et CRD. Or si le nombre de vos ennemis augmente celui de vos amis baisse. C’est ce qui arrive à l’actuel maître de la Guinée. Malgré les moyens de l’Etat dont on use et abuse, ses partisans s’amenuisent de jour en jour. Coup sur coup, l’opposition a obtenu le renfort de Jean-Marc Téliano, de Kassory Fofana et de Boubacar Barry pour ne citer que ceux-là. A qui le tour demain ?
Le choix de cet autre groupe de rejoindre les autres constitue un souci supplémentaire pour le camp présidentiel. Lequel n’a pas trente-six mille solutions que de lâcher du lest une nouvelle fois.
Dans le contexte actuel, organiser des élections sans ce trio constitue plus de problèmes que de solutions. Avec ces manifestations en perspectives et leurs corollaires d’arrestations qui, elles-mêmes vont entrainer d’autres revendications, les élections législatives risquent d’être renvoyées aux calendres grecques. A moins que le président Condé ne desserre l’étau pour le plus grand soulagement de ses concitoyens.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
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Pour www.nlsguinee.com
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