mercredi 23 janvier 2013
Guinéennes et Guinéens,
Chers compatriotes,
C’est devenu la tradition pour moi de vous renouveler mes vœux à l’avènement de chaque nouvelle année.
Pour la première fois, en trente sept ans, j’ai fêté le nouvel an avec les nôtres en Guinée. Ce fut un moment d’intenses émotions et de retrouvailles joyeuses, amicales, familiales et sentimentales.
Par ma présence, j’ai voulu partager le souffle du changement qui époumone notre pays avec nos compatriotes. Dans les semaines à venir, je vous rendrai compte de ce que j’ai vu, entendu, vécu et du sentiment qui m’habite désormais à la suite.
En attendant, je voudrais souhaiter à chacune, à chacun et à tous les Guinéens, une bonne et heureuse année 2013.
Au seuil de 2012, je vous invitais à la solidarité « … en tant que citoyens, acteurs d’un Etat porté désormais par la démocratie qui n’en vaudra que si elle est expressive et respectueuse de la liberté. La démocratie guinéenne n’aura son plein sens que si nous consentions à respecter les règles de son fonctionnement. » Un an après, je suis allé constater et observer la réalité nourricière de la nouvelle ère.
Mes vœux de cette année sont un sincère appel à tous afin que nous posions en 2013 un acte patriotique en transcendant nos insensées prises de position qui empêchent, au nom d’une cynique opposition, la mère Guinée de se lever et tenir debout.
Il y a deux ans que notre pays embrassait la démocratie après une compétition électorale dont les perdants, la plupart, des justiciables en sursis, refusent le verdict. Ce faisant, la Guinée est, aujourd’hui, l’otage de politiciens qui se complaisent de la malheureuse situation qui rime avec l’indiscipline et rythme une fracture ethnique de la société guinéenne.
Notre pays est guetté par le fanatisme religieux et le radicalisme politique. Il en découle l’amalgame et la confusion, la déraison, l’intoxication, la désinformation, la manipulation de la jeunesse désœuvrée, le brouillage de la bonne gouvernance dont les résultats ont été : l’atteinte du point d’achèvement, la décision favorable du Club de Paris au profit de notre pays.
Ce sont l’unicité des caisses de l’Etat, le départ sans heurt de quatre mille militaires à la retraite, la gratuité de certains actes médicaux en faveur des femmes, la stabilité relative de notre monnaie nationale, l’auto suffisance alimentaire, même si la pauvreté résiste à se défaire de l’Homme guinéen, l’électrification de plusieurs villes et localités, même encore, ici, d’immenses efforts sont attendus.
La démocratie guinéenne naissante est atteinte maladivement par ceux qui devaient l’animer. Les Guinéens sont des victimes, les premières sont la jeunesse et les femmes. Elles sont frappées par le chômage et le manque de solide qualification devant les aider à investir le marché du travail. Celui-ci accroché à la mise en place d’une assemblée nationale qui tarde à voir le jour.
Dans le même moment, le discours de l’opposition politique est déraisonnablement oublieux des difficultés des Guinéens. Plutôt, il accentue les tensions stériles sociales en braquant une jeunesse perdue contre le pouvoir qui se bat et se débat pour créer les conditions à leur employabilité.
La population, à presque 90% analphabète et illettrée, se nourrit de part et d’autre, de la haine que véhiculent des politiciens incapables de proposer meilleur en dehors du mensonge et du dénie de la réalité guinéenne. Le discours polluant des intellectuels ravage tout espace de dialogue sincère et salvateur dans notre pays qui en a tant besoin. En permanence, il agresse et fragilise les rapports entre les composantes sociales guinéennes.
La brève énumération souligne l’ampleur des efforts que chaque Guinéen doit fournir pour aider le pays du Président Alpha Condé à décoller du socle de la misère où l’y ont longtemps maintenu ceux qui s’agitent aujourd’hui alors qu’hier ils étaient là et n’ont pu rien apporter aux Guinéens sinon que la misère, le désastre, la drogue, le vol des biens publics et l’impunité. En leur temps, l’inégalité sociale révoltante s’était faite une place de choix dans une mer de misère qui happait chacune des minutes de bonheur auquel aspirait le Guinéen.
Quand Alpha Condé est venu, il n’existait aucune structure étatique. L’Assemblée nationale était morte. Le mandat dans les CDR des complaisants et complices éhontés dilapidateurs des parcelles de pauvres citoyens avait expiré depuis belle lurette. Personne n’en parle. La transition s’était passée dans le vol et le vidange des caisses du trésor public, le patrimoine domanial national avait été cédé à des narcotrafiquants qui y ont sauvagement implanté des immeubles sans respecter le moindre esprit du cadastre.
Les bras de mer, les bas-fonds dont la fraîcheur des eaux aurait apaisé la température de Conakry sont occupés par des monstrueuses bâtisses. La ville de Conakry ne connaît aucun dépotoir des ordures ménagères, aucune place publique, aucun jardin, les canalisations sont de l’antiquité, les trottoirs des rues sont occupés par des étalagistes dans un désordre indescriptible. Lorsque l'Etat veut y ramener l'ordre, l'opposition politique guinéenne l'interprète comme un acte dirigé contre une ethnie. … Voilà quelques aspects de l’héritage laissé à Alpha Condé et à son peuple par ceux qui se sont mués maintenant en politiciens.
Pourtant le changement avait motivé le vote de la majorité des Guinéens ?
En m’arrêtant à ces quelques exemples, je voudrais, en ce nouveau départ de notre histoire, m’adresser à l’immense majorité des Guinéens. Je ne cherche pas l’approbation des censeurs et autres certificateurs, tous animés de mauvaise foi.
Mais c’est à toi paysan, ouvrier, cadre, fonctionnaire, jeune, femme, patriote de Guinée que je lance un appel pour un sursaut patriotique. Ensemble, nous subissons les conséquences de l’acte des gens qui s’opposent au changement proposé par Alpha Condé auquel nous avons majoritairement souscrit.
Faisons de 2013 l’année de libération de l’emprise de ces politiciens qui ont pris le pays en otage par leur obstination à vouloir et faire croire que le changement n’est pas possible en Guinée parce que c’est Alpha Condé que nous avons choisi pour le conduire.
Prenons conscience en 2013 de la convergence de nos intérêts et des espérances communes : vivre de bonheur, vivre dans le bonheur sur la terre de nos ancêtres en Guinée.
Faisons la synthèse du passé pour développer une nouvelle Guinée qui doit nécessairement découler du changement, à la fois des mentalités, des comportements et du dépassement des considérations ethniques, marchandise vendue par des opposants alors qu’ils sont la cause et l’origine des maux qu’ils dénoncent cyniquement actuellement.
Ils n’avaient pas mesuré, en leur temps, ni nos peines, ni nos charges pour en partager le poids. Comment le peuvent-ils aujourd’hui après avoir définitivement prouvé leurs incurie et cupidité?
Chers compatriotes !
Le changement, c’est justement attaquer et détruire leur système tout entier sur lequel ils avaient édifié un narco-Etat abaissant la dignité guinéenne qui fut livrée à des voyous venus de partout et nulle part. Les séquelles de l’indiscipline qu’ils avaient instaurée sont vivaces encore dans les rues de Conakry et à l’intérieur du pays. Elle est manifestée avec violence, dans la capitale par les chauffards des taxis.
Dans les villes intérieures, ce sont des militants d’incertains partis qui sont porteurs de la bêtise offensante. Ils sèment la pagaille dans la circulation. Le moindre petit et insignifiant incident tourne en affrontement ou prend la coloration ethnique. Ils sont des anarchistes défiant toute civilité. Doit-on les laisser sur et dans cette voie ? Au nom de quelle valeur ? Ces tares ne ressemblent pas ni à la Guinée, ni à ses populations.
Face à la situation, la responsabilité de chaque Guinéen est engagée !
Prenons conscience, chers compatriotes, des difficultés que seuls le courage politique du pouvoir et notre soutien solidaire à la gouvernance du Professeur Alpha Condé peuvent enrayer. C’est possible. Si nous nous y engageons, la Guinée changera.
Le génie guinéen a démontré dans l’histoire que notre capacité de dépassement est plus grande, plus forte quand il s’agit de se lever pour défendre la patrie et trouver des solutions aux crises sociales factuelles. Or point de réelle crise sociale dans le pays, mais une artificielle tension sociale entretenue par des gens de mauvaise foi et des revanchards anachroniques. La disparition de cette plaie dépendra, en partie de la vraie communication du gouvernement autour des progrès réalisés, mais également de la volonté de tous à asseoir un climat pacifié par un permanent dialogue en Guinée.
Guinéennes et Guinéens,
Faisons de 2013, l’année d’un nouveau souffle à donner, et ensemble, au nom du progrès et du changement à notre pays.
Que Dieu, le maître Tout-puissant nous y aide et nous consente l’énergie nécessaire !
Bonne et heureuse année à tous !
Paris, le 19 janvier 2013
Jacques KOUROUMA
Pour www.nlsguinee.com
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