dimanche 20 janvier 2013
Il est superflu de dire que la Guinée est un pays d’exception. Ce qui est possible dans ce pays est inimaginable sous d’autres cieux. Un pays où, au 21ème siècle, des représentants de la République peuvent se permettre de stigmatiser toute une communauté, une ethnie ou une région sans être rappelés à l’ordre par qui que ce soit.
Les exemples font légions actuellement. Avec d’un côté un procureur de la République qui règle ses comptes avec toute une ethnie et de l’autre des administrateurs territoriaux qui stigmatise le même groupe. Tous agissant au nom de l’Etat en toute impunité. Mais cela n’est guère surprenant. S’ils agissent comme ça, c’est qu’ils sont forts de quelque chose.
En revanche, là il où se le problème, c’est au niveau du silence des institutions de la République, des institutions internationales qui ont accompagné la Guinée dans sa difficile marche vers la démocratie, mais aussi des ONG locales et autres chefs religieux. Tous observent un silence coupable devant une dérive suicidaire.
Sinon comment expliquer le silence de tous devant les dérives d’un procureur qui, au lieu d’accuser un homme ou des hommes parlent d’une ethnie. A l’entendre, on l’impression que c’est tout un groupe ethnique qui s’est retrouvé et s’est concerté pour fomenter un complot contre l’actuel maître de la Guinée. Les nostalgiques d’un temps qu’on croyait à jamais révolu sont bien servis.
Quant à certains administrateurs territoriaux du pays profond, ils promettent tout simplement l’enfer terrestre à tout un groupe régional. Pendant ce temps, le CNT, le CES, le médiateur de la République, le ministère des droits de l’homme et surtout le comité provisoire sur la réconciliation nationale, gardent un silence de cimetière. Tous attendent que des fonctionnaires zélés, plus royalistes que le roi, brûlent la case commune pour lever le petit doigt.
Non, c’est maintenant ou jamais qu’il faut tirer la sonnette d’alarme pour que ces administrateurs arrêtent leur folie destructrice. Quant aux Guinéens dans leur ensemble, ils doivent défendre leur unité et leur fraternité par tous les moyens. Lorsque les pouvoirs publics commettent une répression dans une localité donnée et que seuls les fils de cette localité se retrouvent pour pleurer leurs morts et soigner leurs blessés, il y a problème. Il ne doit pas y avoir une victime de la Forêt, de la Haute-Guinée, du Foutah ou de la Basse-Guinée. Il doit y avoir un guinéen tout court. Et tous les Guinéens ont un devoir sacré de le défendre lorsqu’il est victime de l’injustice.
Rappelons-nous de ce proverbe de chez nous : « lorsqu’un oiseau se pose sur ton voisin, dis-lui lève-toi sur nous. Car aujourd’hui c’est lui demain chez toi ».
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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