dimanche 20 janvier 2013
Quand l’économie va bien, tout va bien. A contrario, lorsqu’elle bat de l’aile, cela fait tache d’huile dans tous les autres secteurs. En dépit d’un discours hyper optimiste, l’économie guinéenne est mise à rude épreuve par le changement promis sur tous les toits. On n’a pas besoin d’être docteur en sciences pour le savoir. Les indicateurs sont là. Même monsieur tout le monde les voit. Il vit cette réalité le vague à l’âme.
Pour s’en convaincre, il faut faire un tour dans les banques primaires de la capitale. On est loin de ces périodes où ces banques étaient bondées de monde. Faites-y un tour aujourd’hui. A l’exception de la période des fins des mois pendant laquelle les salariés font la queue pour le retrait de leurs salaires, les caissières se rongent les pouces et somnolent derrière leur comptoir.
Un autre indicateur pour monsieur tout le monde est le plus grand marché de la capitale. Madina était connu et reconnu pour sa forte concentration humaine et ses bousculades monstrueuses. Désormais on circule librement dans ce marché. Autre constat de la morosité économique se constate par la fluidité de la circulation.
Parfois lorsque vous prenez la route, la fluidité de la circulation vous rappelle les fameuses journées ville morte que Conakry a connues autrefois. Toutes les activités tournent au ralenti même si les nouveaux maîtres du pays soutiennent tout le contraire et estiment qu’en un an ils ont créé plus de quarante mille emplois. Un record. Si le gouvernement pouvait seulement dire aux citoyens où sont tous ces employeurs et leurs employés.
Pendant ce temps, la réalité est là. Les travailleurs d’une grande société de la place, dont le patron avait défié son patron à lui en refusant de quitter son poste, ces travailleurs se reposent aujourd’hui à la maison. Ceux d’une autre société, au four et au moulin, ont été roulés dans la farine pour se retrouver eux aussi avec femmes et enfants à la maison.
Le changement a frappé à la porte d’un troisième groupe de travailleurs. Les employés de la rue très sale vivaient dans un petit Eldorado terrestre. Aujourd’hui ils revendent habits et bijoux pour nourrir la famille. Partageant pour la première fois la galère de leurs compatriotes. Laquelle galère les met très en colère.
Vivement donc le changement promis. Car si le changement veut dire morosité économique, chômage et licenciement, les Guinéens ne sont pas loin de se demander à quand donc la fin de ce changement.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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