jeudi 17 janvier 2013
Me Christian Sow
Garde de Sceaux
Ministre de la Justice
S/C Ambassade de la Guinée
2112 Leroy Place
Washington DC, 2008
Washington, DC le 15 Janvier 2013
A Monsieur le Ministre de la justice.
Monsieur le ministre,
Récemment, Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djallon vous a interpellé sur le déroulement de l’enquête sur l’assassinat de Madame Aissatou Boiro. Suite à notre lettre, vous avez fait un communiqué demandant le respect du secret de l’instruction judiciaire. Nous prenons bonne note de cette intervention.
Pottal-Fii-Bhantal vient, encore une fois, vous interpeller sur les propos tenus par Mr. Fernandez Williams, procureur de la république de son état, dans le procès des accusés du prétendu attentat du 19 Juillet 2011. Ce procureur au passé controversé avait été accusé de complicité avec des narcotrafiquants qu’il avait fait libérer illégalement de prison. Cette action lui avait valu un séjour en prison. Puisqu’aucune enquête n’a été engagée pour le laver des soupçons qui pèsent sur lui, il est d’autant plus surprenant que vous lui avez confié la représentation de l’état sur un dossier aussi sensible qu’une tentative d’assassinat du président de la république.
Les propos tenus par Mr. Fernandez Williams font écho aux insinuations faites par le président de la république qui, dès après les événements, avait accusé une « certaine communauté nationale » d’avoir commandité le prétendu assassinat. La singularisation par le procureur de la communauté peule en affirmant que les soi-disant putschistes « voulaient assassiner le président Alpha Condé pour le faire remplacer par un peulh » est inacceptable. Elle constitue une atteinte au code de conduite du métier de magistrat auquel il est fait obligation de présenter des faits contre les accusés.
Les propos rappellent douloureusement le «complot peulh » de 1976 qui fut le paroxysme de l’ostracisme dont cette communauté fait face en Guinée. Les gouvernements successifs de la Guinée ont choisi cette logique de division, d’ostracisme et de confrontation pour noyauter le débat politique. Le clientélisme ethnique qui consiste à continuellement blesser la conscience de la communauté peuhle en Guinée et de dénoncer toute réaction comme de la victimisation ou de la division nationale n’a que trop duré.
Notre association saisit la présente occasion pour vous rappeler qu’il est de votre devoir de prendre les mesures disciplinaires nécessaires contre le zèle inadmissible de Mr. Williams Fernandez qui ne contribue qu’à ruiner l’image de la justice, pilier de toute république digne de ce nom. De par ses propos, Mr. Fernandez n’a plus de légitimité pour exercer le métier de magistrat.
Son attitude outrancière lui ôte de surcroît le privilège d’être un fonctionnaire de la république. En conséquence, il doit être radié immédiatement de l’ordre des magistrats et de la fonction publique. Enfin, eût égard au manque de rigueur et à la nature fantaisiste du dossier du gouvernement, les accusés doivent être acquittés pour vice avéré de forme. La poursuite du procès ou toute condamnation éventuelle ne sont que des violations pures et simples des procédures judiciaires.
Pottal-Fii-Bhantal Fouta Djallon, à travers son programme de lutte contre l’impunité en Guinée, entend poursuivre cette affaire pour que notre république soit débarrassée de la culpabilisation collective qui gangrène dangereusement les fondations de la nation guinéenne.
Veuillez croire à nos sentiments distingués.
La commission Centrale de Pottal-Fii-Bhantal Foutah-Djallon.
Transmis par Bashir Bah
Pour www.nlsguinee.com
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