dimanche 13 janvier 2013
A l’occasion du nouvel an le président de la République a pris la parole à plusieurs reprises. Entre le traditionnel discours à la Nation et ceux qui ont suivi, il y a un décalage comme la distance qui sépare la terre et le ciel. Le premier discours est purement protocolaire. Il a été rédigé par les conseillers en communication qui entourent le président. C’est donc un discours qui ne vient pas de celui qui l’a prononcé. En revanche ceux qui ont suivi viennent du cœur.
La pratique est bien connue en Guinée, le président Conté prononçait un discours diplomatiquement bien rédigé. Et à la fin il posait le papier pour faire parler cette fois son cœur et dire tout le contraire. Sur ce plan, son successeur et éternel rival a marché cette fois sur ses traces. Le président Alpha Condé est sorti de sa réserve la semaine dernière pour dire tout le mal qu’il pense à la fois de ses ministres et des journalistes. Mais ce qui nous intéresse ici ce sont les médias de service public accusé par le chef de faire de la Mamaya.
L’hôte observe, l’hôte est observé, dit l’adage. Eh bien, deux ans auront été largement suffisants pour observer, analyser et finalement commenter. C’est ce que le président a fait. Un président dont l’avènement au pouvoir était anxieusement attendu par une administration qui l’a combattu des années durant.
Après sa victoire, même Toto s’attendait donc à ce qu’il règle ses comptes vite. Même si, durant la campagne électorale, il avait mis à l’aise les sorcières en disant qu’il n’y aura pas de chasse aux sorcières. Malgré cette promesse on s’attendait à un grand ménage dans l’administration. Il n’en a rien été. Au point que ceux dont son éventuel avènement au pouvoir perturbait le sommeil ont fini par estimer l’avoir neutralisé.
Voilà que contre toute attente et deux ans après, le professeur décide de changer de fusil d’épaule. Du moins dans la parole pour le moment. L’acte est attendu. La RTG, dont les journalistes avaient vite retourné la veste après son investiture en le qualifiant de combattant de la liberté, est désormais dans la ligne de mire. Celui qui, après avoir été diabolisé, est aujourd’hui angélisé.
Sûrement que le septuagénaire n’a pas oublié une période parmi les plus douloureuses de sa vie. Une période pendant laquelle les mêmes qui grenouillent autour de lui pour prendre ses images aujourd’hui, passaient leur temps à faire la même chose dans des circonstances totalement et radicalement différentes hier.
Excédé probablement par la duplicité de ceux dont les convictions varient comme la météo, le président règle ses comptes avec ceux pour qui le diable peut devenir un ange et vice versa. Du coup, ces derniers ne savent plus quelle ligne éditoriale suivre. Faut-il vanter voire diviniser ou plutôt faut-il éventer une nouvelle façon de travailler ?
Le moins que l’on puisse dire est que les différents régimes qui se sont succédé ont ôté le caractère noble et enviable du journalisme dans les médias de service public. Ils ont privilégié les flagorneurs au détriment des professionnels. Dans cette maison on sait mieux que quiconque que l’école fait ses hommes et la vie les siens. Une institutrice sorite de nulle part peut commander celui est revenu des plus grandes écoles de journalisme du monde.
Partageant les bons journalistes en deux catégories : ceux qui restent pour voir de toutes les couleurs et toutes les couleuvres et ceux qui optent pour un poste de chargé de communication dans une institution. Le chargement promis sur tous les toits doit commencer par remettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
Les commentaires ci-dessous n'engagent que leurs auteurs, www.nlsguinee.com n'est pas responsable de leurs contenus.