dimanche 16 décembre 2012
Politique - Ouverture d’un nouveau front par l'opposition contre le pouvoir en Guinée - Un nouveau front, créé par le Club des républicains (CDR), qui avait coalisé avec le pouvoir en place à Conakry, a décidé, vendredi, de rejoindre plusieurs partis d’opposition hostiles au président Alpha Condé, a-t-on appris au cours d’une conférence de presse de ces leaders.
Créé récemment, le CDR regroupe des partis dits du 'centre', membres de l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) et le collectif des partis pour la finalisation de la transition, qui accusaient ces leaders d’être proches du président Condé qui avait bénéficié du soutien, en 2010, de certains chefs de ce nouveau front lors du second tour de la présidentielle qui l’avait opposé à Cellou Dalein Diallo de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG).
Les partis dits du centre sont Guinée pour tous (GPT) d’Ibrahim Kassory Fofana, l’Union pour le progrès de la Guinée (UPG) de l’ancien Premier ministre de la transition, Jean-Marie Doré, et l’Union pour la nouvelle République (UPNR) de Boubacar Barry, ancien ministre pendant la transition, proche de l’ex-chef de la junte, Moussa Dadis Camara.
'Le Club des républicains travaillera désormais avec le Collectif et l'ADP pour la transparence des élections législatives et pour faire avancer la démocratie,' a déclaré Ibrahima Kassory Fofana, leader du GPT, candidat malheureux de la présidentielle, et un des soutiens de Condé au second tour.
Ancien ministre de l’Economie et des Finances du défunt président Lansana Conté, dont il se glorifiait de son 'indéfectible amitié', M. Fofana, qui entretenait cependant de bonnes relations avec l’actuel chef de l’Etat, 'bête noire' du général Conté, a expliqué que la décision des leaders du CDR de créer ce nouveau front est consécutive à 'un déficit de démocratie'.
'La démocratie est en danger du fait de l'administration (…) Il faut absolument être du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG arc-en-ciel, parti au pouvoir) pour pouvoir se mouvoir’’, a dénoncé le leader de GPT qui avait battu campagne au second tour pour Condé.
Pour sa part, Jean-Marie Doré, pour lequel plusieurs sources bien informées assurent que sous la transition, l’actuel chef de l’Etat avait bataillé fort pour qu’il occupât le fauteuil de Premier ministre, en lieu et place de Kabiné Komara, martèle que 'les autorités veulent à tout prix assujettir les populations aux idéaux du parti au pouvoir'.
Originaire de la région méridionale du pays en proie depuis quelques jours à de vives violences qui ont fait plusieurs blessés, dont certains cas graves, et deux tués par balles à Guéckédou où les populations exigent le départ du préfet, l’ancien chef du gouvernement a dit que 'le problème n’est pas ethnique'.
Selon lui, les échauffourées qui avaient éclaté entre les populations de cette ville, notamment entre les Kissis, les autochtones, et les Malinkés, accusés d’être des soutiens des autorités, ont pour cause 'la récupération politique par le préfet, Boukari Kéita, des festivités de fin d’année dans sa ville au profit du parti au pouvoir'.
Le secrétaire général de l’UPG a, dans sa conclusion, dit que 'le premier handicap d'Alpha Condé, c'est son administration et non l'opposition'.
Source: PANA
Pour www.nlsguinee.com
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