samedi 15 décembre 2012
Retour au calme après deux jours de vive tension au sud de la Guinée - Le calme est revenu ce jeudi à Guéckédou (sud de la Guinée), après deux jours de manifestations violentes entre les habitants de cette localité méridionale du pays qui réclament le départ du préfet, Boukari Kéita, et ceux qui exigeaient son maintien, a indiqué à la PANA,, Issa Kamano, étudiant, au cours d’un entretien téléphonique.
La circulation a repris dans la localité, assure la même source, ajoutant que les boutiques sont par contre hermétiquement fermées à Guéckédou où, selon lui, les forces de l’ordre sont visibles dans plusieurs endroits de la cité.
M. Kamano, qui se réclame du camp de ceux qui souhaitent le départ du préfet qu’ils trouvent « grossier» pour avoir proféré des injures grossières à l’endroit des populations et qui menace la liberté de la presse dans leur localité, assure que le mouvement est suspendu en attendant la fin d’une rencontre en cours entre une délégation venue de Conakry et les sages de la localité.
«Nous exigeons le départ du préfet. Cette décision n’est pas négociable parce que le préfet a pris seul la responsabilité de vouloir tuer la démocratie à Guéckédou (…) Aucun rejet du parti au pouvoir n’est à la base de la révolte de la majorité de la population qui estime que Boukari en fait trop pour son propre compte», a-t-il martelé.
Il a balayé d’un revers de main les accusations selon lesquelles les populations se sont révoltées au motif que le préfet a intimé l’ordre à tous de militer au sein du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) au pouvoir.
«Ce sont des contre-vérités parce que la majorité d’entre nous a voté pour le RPG à la présidentielle», a-t-il dit.
Selon M. Kamano, cette mauvaise information a mis le feu aux poudres, provoquant une bagarre violente entre les Kissis, les autochtones, et les Malinkés-ethnie du président Alpha Condé, militants et sympathisants du RPG.
Il a assuré que ceux-ci ont compris maintenant que ce n’est pas un problème politique qui explique le courroux de ceux qui exigent le départ du préfet.
Interrogé à son tour par la PANA, le préfet, après déclinaison de l’identité de son interlocuteur au téléphone, a raccroché deux fois de suite son téléphone qu’il a ensuite éteint.
Plusieurs sources ont confirmé que lors des échauffourées entre les deux camps, seules deux personnes du camp des révoltés ont trouvé la mort à la suite de tirs par les populations qui étaient entrées dans la danse, arguant que c’est un problème politique qui est à la base du soulèvement d’une partie des populations contre le préfet.
La localité de Guéckédougou, située à plus de 700 km de Conakry, rappelle-t-on, avait été en 2000, le théâtre de violents combats meurtriers entre des rebelles venus du Liberia et de la Sierra Léone et les forces de l’armée guinéenne, en campagne pendant plusieurs années dans la localité.
Source: PANA
Pour www.nlsguinee.com
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