vendredi 07 décembre 2012
Dadis Camara Justice Guinée - L'Organisation non gouvernementale (ONG) américaine, Human Rights Watch (HRW), a exhorté mercredi le gouvernement guinéen à faire comparaître devant la justice l’ancien chef de la junte, Moussa Dadis Camara, pour entendre sa version sur «les crimes et autres délits» commis le 28 septembre 2009 au stade de Conakry lors d’une manifestation pacifique de plusieurs partis politiques, ainsi que de leurs sympathisants.
L’ancien président de la transition au moment des faits, a indiqué l’ONG au cours d’une conférence de presse, quelques heures après la publication d’un rapport sur «les massacres du 28 septembre», devrait être entendu par les juges, ainsi que le capitaine Claude Pivi et «des témoins qui ne sont pas suspects, mais membres des services de sécurité guinéens».
La justice guinéenne a déjà mis en examen dans le cadre des évènements du stade du 28 septembre qui, selon plusieurs sources, avaient fait plus de 150 personnes tuées par balles, des femmes violées, l’ancien ministre de la Santé, le colonels Chérif Diaby et son homologue Moussa Tiégboro Camara, responsable des Services spéciaux contre le grand banditisme.
Selon Elise Keppler, juriste senior à HRW «cela n’est pas suffisant», assurant que des facteurs compromettent la dynamique de l’instruction judiciaire visant les auteurs présumés des crimes du 28 septembre 2009.
Elle a cité l'insécurité dans le paysage politique, le manque d'indépendance de la justice, le soutien limité apporté par le gouvernement à l'instruction, la protection insuffisante des droits des accusés, l'absence de protection et de prise en charge des témoins et victimes et des lois inadaptées.
«L’instruction a enregistré quelques progrès importants, mais pour qu’elle soit menée à bon terme, le gouvernement guinéen doit apporter un plus grand soutien», a toutefois reconnu Keppler.
Dans son rapport de 67 pages, l’ONG de défense des droits humains appelle le gouvernement guinéen, notamment le chef de l’Etat, Alpha Condé, et le ministre de la Justice, Christian Sow, à respecter certains critères clés pour veiller à ce que le pool des juges d’instruction puisse opérer efficacement.
Il estime que plus de trois ans après les évènements, l’instruction n’est toujours pas clôturée et de nombreuses victimes n’ont pas encore eu la possibilité de faire leurs dépositions devant les juges.
Ces avis sont partagés par Mme Asmaou Diallo, présidente de l’Association des victimes, parents et amis du 28 septembre 2009 (AVIPA) et Me Hamidou Barry de l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme et du citoyen (OGDH).
Tous assurent que la police judiciaire guinéenne doit encore permettre aux juges d’avoir accès à un site identifié pouvant abriter un charnier.
Le rapport soutient que le gouvernement devrait s’assurer que les juges disposent de ressources suffisantes et que leur sécurité soit garantie, faciliter la nomination d’experts internationaux compétents en la matière, mettre en congé les suspects clés qui occupent des postes gouvernementaux.
Les auteurs du rapport ont expliqué que le document est le fruit de recherches effectuées à Conakry, la capitale guinéenne, en juin 2012 et sur des entretiens réalisés plus tard avec des responsables gouvernementaux, des avocats et autres praticiens du droit, des membres de la société civile, des journalistes, des victimes et des partenaires internationaux.
Souerce: PANA
Pour www.nlsguinee.com
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