vendredi 07 décembre 2012
I. De la frénésie minière au chaos généralisé
A peine nommé président de la république par le « général » auto-promu Sékouba Konaté, avec l’appui décisif de réseau occulte comprenant certaines personnalités de l’O.I.F. (Organisation Internationale Francophone) qui ont d’immenses intérêts en Guinée, M. Alpha CONDE s’empresse de précipiter notre pays dans une frénésie minière, à mon avis suicidaire.
Non pas qu’il faille récuser tout projet de mise en exploitation des gisements miniers de notre pays. Mais les conditions sociopolitiques qui pourraient permettre qu’une économie minière ait un impact réel sur l’ensemble du pays, ne sont pas réunies. Et laisser penser qu’en la matière, il suffit de réunir les moyens techniques et financiers, est une erreur, presque calculée. Car c’est la situation idéale où les géants miniers et financiers, s’entendent facilement sur le dos du pays réel, pour se répartir les recettes des exploitations minières. Il y a là, une des raisons pour lesquelles, M. Alpha CONDE refuse obstinément, et à mon avis impunément, une élection législative transparente et honnête, qu’il ne peut pas gagner.
Alors se pose la question de savoir si, en milieu sous-développé, une économie basée sur l’exploitation minière peut engendrer autre chose que le chaos. Notre pays y échappera difficilement.
En effet, en ce qui concerne les ressources du sous-sol, il présente une analogie certaine avec la situation de bien d’autres pays sous-développés comme la RDC, le Congo-Brazzaville, etc.…. pareillement dotés en ressources minières exploitées depuis des dizaines d’années, sans incidence probante sur les conditions de vie des populations, ni sur les autres domaines d’activité économique : une apparence d’Etat, en réalité fictif, une nomination vraie, déguisée en « élection démocratique », des « élites » politiques locales illégitimes et souvent corrompues, exhibant leurs protecteurs extérieurs, qui eux-mêmes, échangent leur influence nocive contre la mise des ressources de notre pays à leur disposition. Les ingrédients d’un chaos généralisé comme en R.D.C., sont ainsi réunis.
Le maintien de M. Alpha CONDE au pouvoir par la force, dans un pays avec lequel il n’a aucune attache, rendrait ce CHAOS inéluctable. Alors, choisissons notre pays contre lui. Notre patrie avant la « démocratie ».
Tout porte donc à croire que, le CHAOS créé et entretenu par les oligarques locaux au pouvoir, en connexion avec certains grands rapaces miniers, est une condition nécessaire au pillage des ressources du sous-sol de notre pays. Pillage, parce que les rares recettes extérieures, au lieu d’alimenter les comptes du trésor public, tombent presque toujours dans les poches des oligarques impunis de Conakry, parce que protégés.
Ainsi, la Guinée, ou plus exactement les sociétés minières qui y travaillent, exportent la bauxite depuis plus de cinquante ans, sans impact réel sur les autres secteurs économiques, ni en terme d’emplois, ni en terme d’équipements publics.
En revanche, on observe un saccage véritable du pays au plan environnemental et l’enrichissement vertigineux de quelques clans.
Les maigres recettes extérieures issues de l’exportation minière, ont eu et ont toujours deux affectations : une partie destinée à l’achat les denrées de consommation courante importées (riz, sucre, huile….) et quelques matériaux de construction tout aussi importés. La deuxième partie, plus importante, atterrit directement sur les comptes ouverts à l’extérieur par les oligarques politico-affairistes.
Ce processus s’est amplifié avec M. Alpha CONDE. D’où cette situation paradoxale : plus on exporte de ressources minières, moins il y a de recettes dans les caisses publiques, et plus les rares infrastructures collectives datant de l’époque coloniale française deviennent inutilisables, parce que non entretenues et usées.
Ce qui aurait pu faire espérer un décollage économique, ou tout au moins, une certaine amélioration des conditions de vie des populations, s’avère être ici une catastrophe économique, écologique et sociale. Le chaos et la misère s’y installent, en même temps que l’exploitation minière et les répressions sanglantes s’y intensifient.
Alors, au regard de ce qu’on y observe, la Guinée peut elle échapper à ce funeste destin ?
Cette question, notre pays y est confronté. La nomination autoritaire de Monsieur Alpha Condé à la présidence de la République en 2010, contre toute vraisemblance électorale sortie des urnes, l’a portée à un niveau d’incandescence inhabituel.
Sa communication se résume en une propagande minière, à mon avis désastreuse à terme pour notre pays, si la politique qu’elle promeut tenait lieu de politique économique comme il en donne le sentiment. Lui-même répète à longueur de journée et de télévision, qu’il voyage pour vendre la Guinée, c’est-à-dire ses ressources minières. La quantité vraie, ou peut-être imaginée des minerais de fer, de bauxite ou d’autres minerais que recélerait le sous-sol de notre pays, est exhibée dans les médias locaux sans retenue. Dans cette propagande, à mon avis nocive, les journalistes gouvernementaux font preuve d’un zèle qui frise l’hystérie.
Tous les jours, ils sortent, peut-être à la demande de leur employeur, des chiffres à donner le tournis aux plus grands milliardaires de la terre. Ici la « Providentielle » Chine investirait 10 milliards de dollars. Là, telle société militaro-minière US promettrait le double. Ailleurs, c’est VALE (Brésil) et Rio TINTO qui mettraient des dizaines d’autres milliards pour le même secteur d’activité.
Et pour faire place nette à ces vautours miniers, nos compatriotes des régions minières sont d’abord intimidés, ensuite invités à abandonner leurs terres ancestrales, et finalement massacrés par la milice armée du « président », lorsqu’ils refusent de renoncer à leurs terres. (Voir les assassinats d’une cruauté inouïe à ZOGOTA). Le pays doit être creusé partout, dans ses moindres recoins. Toute invitation à la mesure, à la prudence et au discernement, est récusée avec mépris. Hors exploitation minière, point de salut.
L’obstination que M. Alpha CONDE met à livrer notre pays aux rapaces miniers, sans attendre qu’une VRAIE REPRESENTATION nationale (une Assemblée Nationale représentative élue) soit en état de se prononcer est, de mon point de vue, une menace grave pour l’avenir économique de notre pays.
Alors, j’invite tous mes compatriotes à poser les questions suivantes, et à exiger une réponse conforme à l’intérêt de notre pays :
Pourquoi une telle précipitation, sachant que les contrats miniers passés avec des conglomérats parfois plus puissants, plus riches que des Etats comme le notre, engagent non pas un gouvernement, mais un pays pour des dizaines d’années ?
Est-il raisonnable de livrer clandestinement l’avenir économique et peut-être politique de dix à douze millions d’êtres humains à des sociétés (entreprises) occidentales ou chinoises au motif qu’elles sont riches et puissantes ?
Le fils du président coopté ne connait pas la Guinée, n’y a jamais mis les pieds que maintenant. C’est pourtant lui et certains de ses supplétifs qui décident du destin économique et minier de notre pays. Pourquoi ?
Est-il tolérable que quelques individus, parce que fils, frères, ou amis se substituent à une Représentation nationale, comme le fait le C.N.T. alors qu’il est périmé depuis presque deux ans ?
Eléments de réponse (personnelle).
L’acharnement précipité que M. Alpha CONDE met à livrer notre pays à la rapacité des vautours financiers et miniers, chinois, russo-ukrainiens et occidentaux, tient selon moi à ceci :
1°. L’octroi des concessions d’exploration et d’exploitation minière et d’hydrocarbure, est le domaine par excellence où la corruption à grande échelle, permet à des oligarques locaux prédateurs, d’ailleurs bien identifiés, de consolider financièrement leur position, prélude à la construction de leur hégémonie de caste dont l’arrogance est manifeste. Et alors, la conservation dynastique du pouvoir à l’intérieur de la même oligarchie peut se faire sans difficulté particulière, y compris par la voie « démocratique » d’élection achetée d’avance.
Exemple : le fils KABILA, totalement inconnu des Congolais, est « démocratiquement » nommé président de la R.D.C. à la mort de son père, par les mêmes vautours qui fusent aujourd’hui sur notre pays, à la demande d’ « El Hadj professeur président ».
Il faut noter qu’il a fait venir son « providentiel »fils, qui auparavant n’avait jamais mis les pieds en Guinée, pour être nommé « conseiller » à la présidence, en fait un Dauphin en apprentissage de pouvoir. La tentation dynastique n’est pas loin, compte tenu de l’âge du « président » nommé. Or, ni Alpha CONDE, encore moins son « providentiel » fils ne sont des Guinéens. Voilà l’un des aspects majeurs du CHAOS inévitable, si l’ « El Hadj professeur » devait être maintenu dans une fonction que le suffrage universel lui a refusée dans les urnes.
Il faut toutefois noter qu’il est installé à la magistrature suprême de notre pays, par l’immaturité et la faiblesse de personnalité de ses principaux concurrents qui en réfèrent toujours à la mythique « communauté » dite internationale, comme si leur « communauté internationales » était plus légitime, ou plus compétente que nous, à régler les questions relatives à notre Patrie.
Qu’une Institution internationale, ou une puissance propose quelques moyens financiers, cela est fréquent en Guinée comme ailleurs. Mais se mettre délibérément soi-même sous protectorat déguisé, se considérer comme dépourvu de cerveau parce que on vous donne de l’argent pour aider votre parti, ou vous-même, cela ne s’observe qu’en Guinée. C’est triste.
Selon moi, ils confondent le pouvoir d’influence que confère la possession de comptes biens garnis avec la légitimité que seuls les citoyens ordinaires vous reconnaissent, parce que vous avez une vision, parce qu’ils pensent que, même dépourvu de comptes garnis en dollars et euros, vous êtes de ceux qui sont susceptibles de défendre leurs intérêts, et de voir ou de percevoir avant les autres, c’est-à-dire, un LEADER.
Bien sûr, avec des comptes garnis, on peut toujours acheter les « adhésions » momentanées, les applaudissements instantanés. Chacun a besoin de « manger » dans ce pays, où la misère est délibérément entretenue pour obtenir ou conserver l’allégeance docile des populations. Cependant, il n’est pas certain qu’on obtienne les adhésions de conviction. Pourtant, d’expérience, je sais que nos concitoyens cherchent confusément peut-être, un ou des « leaders » ayant une forte personnalité et un projet dont la réalisation n’est pas subordonnée à la protection d’intérêts cachés, mais profitable au plus grand nombre.
2°. Partout et toujours, l’exploitation de ressources minières comme le fer, la bauxite, le cuivre, les hydrocarbures, et biens d’autres ressources encore, est faite par des conglomérats dont les principaux actionnaires et « consultants », sont souvent des hommes et femmes politiques appartenant à des Etats puissants. Dans leur immense majorité, ils ne sont guère regardants, quant aux moyens de consolider ou d’augmenter leur FORTUNE personnelle et familiale. Leur conscience est encore moins tourmentée, quand il s’agit de s’enrichir aux dépens de pays comme le notre, tenu par un autocrate importé et imposé.
MM. Tony BLAIR en Angleterre, Bernard KOUCHNER en France, il y en a bien d’autres, illustrent parfaitement cette nouvelle caste dont nous avons tout à craindre, nous pays Noirs Africains dont les Etats sont déstructurés. Car ayant une certaine influence politico-médiatique dans leur pays respectif, la tentation de recourir à des moyens de puissance dissimulés, pour soutenir ou maintenir l’ « ami » qui a consenti en leur faveur à un contrat léonin sur les ressources minières et portuaires de son pays, n’est jamais très loin. Et ce n’est pas que pour des raisons « humanitaires », commodes alibis, que MM.BLAIR et KOUCHNER dorlotent M. Alpha CONDE.
En soi, les minerais ne sont ni un bien, ni un mal. Ils n’ont rien d’horrible. En milieu économiquement avancé, leur exploitation peut même enclencher une croissance.
L’Australie a connu une longue période de croissance économique (1960-1990), en grande partie liée à l’industrie minière. A quelques réserves près, on peut citer aussi le cas de l’Afrique du Sud.
II. Préalables pour une économie minière susceptibles d’avoir un impact vrai sur le pays réel (prochainement)
Mamadou Billo SY SAVANE
Contact : mamadoulinsan@wanadoo.fr
Pour www.nlsguinee.com
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