vendredi 07 décembre 2012
Matin et soir, il y a une longue file d’attente le long des trois principales routes qui relient la presqu’ile de la banlieue de Conakry. Ironie du sort, après une longue attente, après s’être battu comme u lion pour s’embarquer dans un taxi, un minibus ou un bus, l’autre paire de manche commence : les embouteillages monstres. Si bien qu’avant votre arrivée à destination, vous êtes noyé dans la sueur et le plus souvent les jambes paralysées de crampe.
La difficulté à trouver un moyen de déplacement et les embouteillages ont pour conséquences la prolifération des engins à deux roues. Faisant que la Guinée, et plus particulièrement Conakry, soit une destination de prédilection des fabricants des motos asiatiques. Joignant ainsi l’utile à l’agréable.
Mais le revers de la médaille des motos crève les yeux : les nombreux accidents de la circulation. A tout moment de la journée ou de la nuit, les urgences des hôpitaux sont débordées par les accidents de motos. Le fléau oblige les autorités à exiger aux motocyclistes le port du casque. Mais la mesure est perçue comme contraignante par la plupart des intéressés.
La rhétorique est bien connue, les autorités auraient pris la mesure pour permettre à l’importateur des casques d’écouler sa marchandise, soutiennent les motocyclistes. Si bien qu’il n’est pas rare de voir un motocycliste qui attache solidement son casque à l’arrière de la moto jusqu’à ce qu’il soit tout proche de la police pour porter l’objet qu’il considère comme encombrant.
En outre, en raison des difficultés à trouver un moyen de déplacement, il faut être une âme insensible pour rouler tout seul sur sa moto. Tout le long de la route, le motard est sollicité, que dis-je, il est supplié par un parent, un ami, une connaissance ou tout simplement par un nécessiteux de l’amener.
Problème, le motard n’a acheté qu’un casque pour une moto qui ne transport jamais un seul passager. Et bonjour les tracasseries policières. En effet, les nouveaux agents de la police, particulièrement remarquable sur la route ces derniers temps, ne laissent passer aucune occasion. Le fait de rouler sans casque est pour eux une véritable aubaine pour trouver « le prix du sachet d’eau glacée ». Ils arrêtent et rackettent à tout bout de champ.
Parfois on assiste à un véritable jeu de cache-cache entre policiers et motocyclistes. Avec des scènes pour le moins insolites : un motocycliste qui tourne et retourne entre les voitures pour échapper à un policier qui le poursuit tel le chasseur le ferait avec le gibier. Quand le fuyard a la malchance d’être rattrapé par l’agent, celui-ci outrepasse ses pouvoirs en extrayant la clé de la moto. Ce qui rend le propriétaire très furieux.
Un motocycliste déplore la prolifération des taxis motos dans la circulation en indiquant « depuis que les policiers ont su que désormais les motos sont utilisées comme une activité génératrice de revenu, on a l’impression que la police veut avoir sa part de la recette comme avec les taxis voitures. Du coup, les agents considèrent toutes les motos comme étant des taxis, car malheureusement à la différence des voitures, les taxis motos n’ont pas une peinture particulièrement à eux ».
Dans l’application de la mesure port obligatoire de casque, il y a deux poids deux mesures. Les soldats, eux aussi nombreux dans la circulation, ne portent pas de casque. Pire, mêmes les agents de la police mobile, qui sillonnent la ville à moto, ne portent pas tous la fameux casque. L’adage est connu : « fais ce que je dis et non ce que je fais ».
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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