Guinée : Presse locale : Apres les Echos de Guinée, l’Enquêteur suspendu
jeudi 27 avril 2006
Le conseil National de la Communication (CNC) vient de suspendre le Bimensuel d’investigation l’Enquêteur pour deux mois. Cet acte de l’institution régulatrice de la communication en Guinée fait suite à la publication dans les colonnes du journal no 104 du 27 au 11 mai 2006 des propos dénonçant des actes illicites du président de la république, de sa famille et de son clan à la tête de l’Etat. Ce qui du coup a fait réagir le président du CNC Boubacar Yacine Diallo qui ordonne aussitôt le retrait et l’arrêt de toute vente du numéro dans les kiosques.
Que reproche-t-on au journal ?
Le fait de publier en intégralité un article de presse d’un site Internet, le texte fait le compte rendu d’un forum de l’IFES sur l’avenir démocratique de la Guinée à Washington (USA) le 06 avril dernier, organisé par la fondation internationale sur le système des élections (IFES) avec la participation de l’Association des Guinéens pour la promotion de la démocratie(AGPD) en présence de Amex international et l’USAID.
Voici quelques propos de la déclaration de l’AGPD à cette occasion.
« L’actuel président est venu au pouvoir le 3 avril 1984 à la tête d’une junte militaire une semaine après la mort du premier président. Aussitôt il commence éliminer les compagnons d’armes en utilisant des méthodes dont seuls les régimes despotes ont le secret. Pour s’enrichir personnellement, il prend le pays en otage avec un groupe d’individus restreint. Ces individus qui profitent du népotisme du chef de l’Etat organisent le pillage systématique des ressources nationales alors que la crise économique frappe de plein fouet la Guinée dans son ensemble. Une stratégie d’autant plus réussit que nous assistons à une nette divergence entre les conditions de vie du président et de son clan d’une part et celle des populations d’autres part. Le clan du président est constitué de groupes d’influence selon le degré d’importance qu’il leurs accorde : ses épouses, ses frères, le MOSALAC, le COSALAC, le conseil de sécurité… Cette réalité est d’autant plus tragique que ce groupe s’enrichit considérablement à travers le vol de deniers public, la corruption, le blanchiment d’argent, l’escroquerie, le détournement l’extorsion de toutes sortes dans une impunité totale alors que les citoyens peinent à trouver le minimum vital. Pour se dédouaner de leurs responsabilités, le Général Lansana Conté et son clan n’hésitent pas de jouer sur les clivages intercommunautaires ou interethniques avec tous les risques que cela présente pour le pays… »
C’est sur ce ton donc que l’AGPD a pointé du doigt tous les maux de la population guinéenne à l’agonie. Cela n’a pas certes plu aux autorités en charge de régulariser le monde de la presse en Guinée. L’on se rappel de la toute dernière suspension des Echos de Guinée également un bimensuel ayant fait état des richesses de Kiridi Bangoura le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation. Le journal avait aussi dénoncé le non ténu de la promesse de Kiridi pour la bonne ténu des élections communales et communautaires du 18 décembre dernier.
Ce qui pousse certains observateurs de la vie publique à dire que la presse et l’administration ne font pas bon ménage dans le pays de Conté.
par Lansana A. Camara
Correspondant permanent de Nlsguinee.com à Conakry
E-mail : lansana@nlsguinee.com ou lansanaminata@yahoo.fr
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