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    Guinée : Les législatives guinéennes : un piège pour l’opposition ou l’espoir est-il encore permis ?

    Sotelgui S.A

     lundi 05 novembre 2012   

    Première partie : Des erreurs stratégiques au piège politique

    Ces dernières années, notamment depuis la fin du régime du général Lansana Conté, tous les regards se sont tournés vers la classe politique guinéenne.

    La prise du pouvoir par le Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) a été l’un des premiers tests politiques des leaders actuels, du mouvement syndical et de la société civile. Ce test a été réussi dans la douleur et la souffrance. Les actes inhumains et barbares commis le 28 septembre 2009 sont, très malheureusement, le prix de la victoire. Ce jour- là des centaines de Guinéens perdent leur vie dans la douleur, l’humiliation, le viol sous toutes ses formes. Ce fut alors le glas du CNDD et de la junte.

    Remobilisées sous la période de la transition, les forces vives parviennent à faire respecter un chronogramme sous l’égide de la communauté internationale. La Guinée organise des é élections présidentielles de 2010.

    Si celles-ci eurent effectivement lieu, elles ne résolurent pas l’équation guinéenne. A savoir, comment mettre en place un système démocratique pouvant ramener la paix sociale et la concorde entre les différentes composantes de la nation. En effet, le pouvoir issu des urnes, un pouvoir contesté par les principaux protagonistes du premier et du second tour se montre très tôt antidémocratique et ethnocentrique.

    Les principaux alliés du second tour et les déçus du système pour lequel ils se sont investis créent le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition et l’alliance pour le développement et le progrès (ADP). Leur but empêcher la concentration des pouvoirs entre un seul parti, le Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG) et son président devenu Président de la République. L’organisation d’élections législatives libres et transparentes étant la condition sine qua non pour y parvenir.

    Depuis deux ans, l’alliance des partis politiques abusivement dénommée par certains opposition radicale a organisé plusieurs manifestations et entamé d’innombrables démarches politiques et stratégiques pour sorti la guinée de la période transitoire qui dure depuis 2008.

    Je tenterai de faire un bilan plus ou moins exhaustif des ratés de ces démarches. Je me baserai sur les actions menées de 2010 à maintenant. Le but, c’est de donner mon sentiment sur les enjeux mal mesurés et les handicaps des leaders de l’opposition guinéenne. De contribuer au débat qui, ces prochains jours, semaines et mois risque d’être très animé compte-tenu de l’actualité récente liée à la CENI.

    De la longue liste des approches et démarche politiques de l’opposition, j’en énumérerais une dizaine.

    1- L’opposition s’est trop focalisée sur Loucény Camara au détriment de l’essentiel.

    Avoir cru que le départ de Louncény Camara de la tête de la CENI résolvait la question des législatives a été une erreur fondamentale. J’ai toujours soutenu, à mon corps défendant parfois, que la tête de M. Camara ne vaille pas un combat. Que le vrai enjeu était l’institution qu’il représente. Ce dont le RPG et son président n’ont jamais perdu de vue.

    Quand l’alliance réclamait la tête du président de la CENI, celui-ci se faisait la leur en continuant tranquillement les opérations de recensement. Il a largement eu le temps de faire la besogne à lui confiée pour rendre le tablier en attendant des jours meilleurs. A mon avis, s’être trompé d’enjeu, c’est-à-dire de savoir de qui entre Loucény et la CENI était primordial a causé beaucoup de préjudice à l’ADP et au Collectif.

    2- Les journées villes- mortes ont été plus profitables au pouvoir qu’à l’opposition.

    Les ratés des premières manifestations en la matière ont permis au système en place de banaliser ce genre de revendication. En outre, dans un pays où chacun se bat comme un forçat pour vivre au jour le jour, la ville morte n’est pas une stratégie adéquate. Elle se retourne le plus souvent contre l’organisateur au profit de la cible. Faut-il se rappeler l’impact négatif d’une telle forme de contestation à l’entre-deux-tours des présidentielles? Du moins, pour l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG)

    3- Les manifestations réussies du Collectif et de l’ADP n’ont pas été suffisamment mises à profit.

    Les premiers meurtres enregistrés lors des premières marches devraient servir d’argument à l’opposition pour faire plier le pouvoir et non le faire uniquement reculer. Il aurait fallu enclencher un mouvement populaire interminable dès la première victime. Il fallait exiger et obtenir le départ de toutes les personnes chargées des questions de sécurité quel que soit leur niveau de responsabilité.

    Les revendications de justice pour les victimes n’ont pas été à la hauteur des crimes commis. Se Contenter des services de magistrats guinéens pour demander justice a été une erreur. Quelle que soit leur compétence, ces derniers sont directement ou indirectement soumis aux pressions du ministère.

    Peut-on attendre un jugement, à plus forte raison une condamnation de l’autorité, dans un pays où le ministre de la justice lui-même tente de démissionner pour y renoncer sous la pression du chef suprême ?

    4- La prétendue tentative de juillet 2011 au domicile (bis) du président guinéen a laissé des zones d’ombre inexploitées par les leaders de l’opposition

    L’annonce d’une tentative de coup d’Etat et sa rétrogradation en tentative d’atteinte à une personne physique est politiquement exploitable. Il aurait fallu d’exiger que l’on ramène la dite tentative en règlement de compte du moment qu’il ne s’agissait plus d’une atteinte à l’Etat en tant que personne morale ou institution.

    Indépendamment de cet aspect juridique, l’opposition aurait pu exiger la tenue d’un jugement dans les délais prescrits par la loi. A défaut, la libération des accusés pour non-respect de la procédure et détention abusive.

    5- Les violences de Zogota ont été politiquement très mal exploitées

    Les massacres des villageois à Zogota et ailleurs étaient une bonne occasion dont l’opposition aurait pu se saisir pour ébranler le pouvoir.

    Le fait qu’on ménage en Guinée l’ethnie au détriment de la nation a réduit l’impact politique des massacres les massacres. Ce fut le cas lors des attaques anti-peules de Siguiri et ailleurs à l’entre-deux tours de l’élection présidentielle.

    Les violences de Zogota, Saoro, Kankan etc. qui relèvent d’un domaine éminemment national ont été sacrifiées à l’autel de l’ethnocentrisme. Du coup ce repli identitaire a conduit certains responsables à vouloir renaître politiquement en exploitant ces horribles massacres de citoyens. Une fois de plus, la mauvaise gouvernance sous sa face hideuse de l’ethnocentrisme et du régionaliste ont eu raison de l’intérêt national. L’opposition qui se bat contre la dictature et la mauvaise gouvernance ne put rien faire. Un ratage de plus !

    6- La tentative d’assassinat des leaders de l’opposition le 27 septembre 2012 a été transformée en simple fait divers par manque de stratégie efficiente.

    Ce qui aurait pu être un point de non-retour pouvant conduire le pays dans un embrasement politique à cause de cet acte gravissime n’a pas eu le traitement et les retombées politiques adéquates. Cette tentative était une occasion propice pour montrer, preuve à l’appui, la nature antidémocratique du système. On ne vit ni les experts ni les avocats annoncés par le président du PEDEN pour évaluer les faits et porter plainte.

    7- Les déclarations innombrables de l’opposition, une goutte d’eau dans la mer.

    Les annonces de l’opposition sous forme de communiqué à l’issue de chacune de ses rencontres, ou chaque fois que le pouvoir viole la loi, ont plus créé un sentiment de routine, de peur d’affronter énergiquement le pouvoir qu’autre chose. En effet, face à un système qui se montre clairement antidémocratique, les déclarations de bonne foi et les formules consacrées du genre : « nous prenons à témoin l’opinion nationale et internationale ; nous userons de toutes les voies légales ; nous invitons le peuple de Guinée à. » n’ont de valeur ou de poids politiques que pour leurs auteurs.

    L’opposition guinéenne devrait montrer plus de détermination et un sens encore plus élevé de sacrifice comme du temps des forces vives. Elle l’a fait sous le CNDD, un pouvoir militaire pourquoi le craindre sous un règne civil ? L’étiquette président démocratiquement élu constituerait-elle un frein à l’action? Il convient de souligner à ce niveau que le manque notoire de spécialistes de la communication dans l’opposition contrairement à son adversaire lui cause des torts.

    8- L’opposition guinéenne piégée par la multitude de partis politiques savamment montés par le système en place

    Les partis qui se réclamaient d’un certain centre, de tel ou tel bloc ou de telle alliance avaient un unique but : œuvrer au compte du pouvoir pour empêcher la vraie opposition d’être efficace. Malheureusement, l’ADP et le collectif sont tombés dans le piège en acceptant de s’asseoir avec les uns et les autres, soit au palais du peuple, soit lors de tables rondes organisées par le pouvoir.

    9- Le revirement politique des responsables de certaines institutions

    Le revirement politique, voire le parti pris, des responsables de certaines institutions en faveur du pouvoir a été très nuisible à l’opposition. L’attentisme de personnalités qui luttaient naguère avec les leaders actuels pour l’avènement de la démocratie n’a été bénéfique ni à l’opposition ni au peuple de Guinée. Ce dernier a le sentiment d’avoir été trahi par celles et ceux sur lesquels il a longtemps placés son espoir.

    La plupart des responsables syndicaux, de la société civile et autres organisations dites républicaines comme le CNT sont devenus amorphes depuis 2010. Absents du débat, indifférents aux violences politique contre les citoyens, les uns et les autres semblent être plus préoccupés à remplir leur portefeuille et à construire des villas qu’à s’occuper du sort de leurs concitoyens. Exit désormais les prétendues valeurs pour lesquelles des centaines de Guinéens qui les ont porté sur leur strapontin sont morts.

    10-L’ADP et le Collectif ont mal évalué leur opposition idéologique avec leur adversaire

    Les leaders de l’alliance ont toujours voulu l’instauration de la démocratie en Guinée alors que le RPG ne rêvait que du pouvoir. Pire, ils ont cru qu’ils étaient déjà en pleine démocratie d’où leur comportement de démocrates. Ce qui n’est pas condamnable en soi, mais en politique le combat doit être orienté en fonction de celui qui est en face.

    Ils se sont montrés conciliants en tout lieu, en toute situation et quelles que soient les fautes commises par le pouvoir. Un système qui a toujours mis en avant les organisations parallèles au détriment des institutions officielles, étatiques ou républicaines. L’instrumentalisation des coordinations régionales, des comités de soutien, des comités de case, oh, des sages, en est la preuve.

    Il n’y a pas jusqu’à l’armée et les autres forces militaires ou paramilitaires qui ne soient affectées par l’ethno stratégie du système. N’est-il pas plus avantageux d’être Donzo (chasseur de Haute-Guinée) en Guinée que général d’une ethnie qui ne soit celle du chef de l’Etat ?

    11- L’opposition a donné trop de temps au pouvoir en place

    La situation qui a conduit l’opposition guinéenne à la phase actuelle est fortement liée au manque de proactivité ou d’anticipation. Je prendrai comme exemple les différentes rencontres publiques ou privées entre le président guinéen et son opposition. Celles-ci lui ont plus profité qu’elles ne l’ont été pour ses adversaires.

    On sait que l’hyène n’invite le taureau chez elle que pour s’assurer de la dimension de ses cornes. Cela lui permet d’avoir un angle d’attaque. Il est très peu probable qu’Alpha Condé invitait ses concurrents d’hier par pur souci de dialogue ou par une volonté franche de conciliation. Ces tête-à-tête ont-ils jamais eu une suite ?

    Cette longue liste et tous les arguments avancés n’expliquent pas la situation dans laquelle les leaders se trouvent actuellement. Quoi qu’on en dise, ils ont été pris de court par le pouvoir face à la question de la CENI.

    En attendant d’y revenir dans la seconde partie, j’inviterais le lecteur à prendre les erreurs en question comme étant collectives : c’est-à-dire commises et par le Collectif et l’ADP. Ainsi, nous pourrons apporter une proposition de solutions valables à l’ensemble de l’opposition. Mais faut-il que celle-ci sache qu’il est grand temps qu’elle écoute, une fois au moins, le critique à la place des courtisans et courtisanes ?

    Dans tous les cas, l’opposition guinéenne devrait accepter que depuis la semaine dernière le trou est désormais ouvert et qu’Alpha Condé et son système peuvent à tout moment les y précipiter.

    A suivre : Deuxième partie : La CENI, dilemme, nœud et dénouement de l’avenir politique de l’opposition.

    Lamarana Petty Diallo
    Contact: lamaranapetty@yahoo.fr
    Pour www.nlsguinee.com

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