mercredi 31 octobre 2012
Conakry, Guinée - Le président guinéen, Alpha Condé, a salué 'la maturité de notre classe politique dans son ensemble' à l’issue de la publication, lundi soir, du décret mettant en place une nouvelle Commission électorale nationale indépendante (CENI) paritaire, indique un communiqué du bureau de presse de la présidence de la République, transmis mardi à la PANA à Conakry.
Le chef de l’Etat, poursuit la même source, a assuré que ce consensus permettrait à la Guinée d’avancer vers des élections pacifiques.
'C’est non seulement le processus électoral qui est relancé, mais c’est aussi le signe que notre nation toute entière progresse dans son apprentissage démocratique. Il y a une chance historique pour l'émergence d'une opposition guinéenne démocratique et responsable pour qu’elle se construise dans le consensus et l’apaisement', a déclaré le président Condé.
Le chef de l’Etat a assuré que la Guinée aura bientôt une Assemblée nationale représentative, émanation de la volonté du peuple souverain. Les différents partis pourront y mener un débat d’idées, consensuel ou non, mais toujours constructif. Ce dialogue apaisé, selon lui, est essentiel à l’équilibre et au renforcement de la démocratie.
La CENI paritaire est composée de dix représentants de la mouvance présidentielle, dix de l’opposition, trois de la société civile et deux l’administration.
Le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Alhassane Condé, a indiqué qu’après la nomination du président de la nouvelle structure, celle-ci proposera au président de la République, élu en 2010, un chronogramme lui permettant de fixer la date des élections législatives.
L’ancien président de la CENI, Loucény Camara, qui était en place depuis 2010, au lendemain de la présidentielle supervisée par le général malien Toumany Sangaré, avait démissionné récemment à la suite des nombreuses dénonciations des partis membres du collectif pour la finalisation de la transition et de l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) qui l’accusaient d’être proche du pouvoir en place.
Le président démissionnaire avait déclaré, en septembre dernier, à l’issue d’une audience avec le chef de l’Etat, que sa décision avait pour seul but de relancer le processus électoral qui, selon lui, est bloqué par des hommes politiques qui refusent d’aller aux élections à cause de sa présence à la tête de la CENI qu’il dirige depuis plusieurs mois, suite à son élection.
'Cette décision patriotique s’est imposée à moi parce que ma présence à la tête de la CENI hypothèque l’organisation des élections législatives. Je mets l’intérêt général au-dessus de tout', avait-il déclaré.
Selon des observateurs de la scène politique guinéenne, la mise en place d’une CENI paritaire ne règle pas pour autant tous les différends opposant le pouvoir à certains partis politiques, notamment ceux du collectif et de l’ADP qui récusent l’opérateur technique sud-africain, 'Sabary Technology' qu’ils accusent d’être proche du pouvoir et sa non qualification et exigent son remplacement par la société française SAGEM, récusée aussi par le président élu qui estime avoir été volé au premier tour de la présidentielle au profit de ses adversaires par cette structure.
Source: PANA
Pour www.nlsguinee.com
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