samedi 13 octobre 2012
Conakry, Guinée - Les huit centrales syndicales de Guinée, réunies jeudi à la Bourse du travail, ont émis des réserves sur la proposition du président Alpha Condé relative à l'augmentation de 10 pour cent des salaires des fonctionnaires, a confié un participant à la PANA, sous le sceau de l’anonymat.
Regroupées au sein du Mouvement syndical, les centrales ont décidé, selon la même source, de saisir par écrit le chef de l’Etat pour lui notifier le rejet de la proposition de hausse de 10 pour cent sur les salaires qu’elles trouvent 'dérisoire'.
Toutefois, les syndicats plaident pour la poursuite des négociations autour de la question en vue d’établir une convergence de vues entre les différentes parties.
Quelques jours après la notification faite par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale au gouvernement guinéen de l’atteinte par le pays de l’Initiative des Pays pauvres très endettés (PPTE), le chef de l’Etat avait reçu les représentants des centrales syndicales en audience au cours de laquelle la question de la hausse des salaires avait été discutée.
Le chef de l’Etat avait expliqué à ses interlocuteurs que le FMI et l'Association internationale de développement (IDA) de la Banque mondiale venaient de décider récemment d'accorder à la Guinée un allègement de sa dette équivalant à 2,1 milliards de dollars américains, représentant une réduction de 66 pour cent du futur service de sa dette extérieure sur une période de 40 ans.
Lors des discussions, les syndicalistes avaient indiqué que la meilleure façon d’améliorer les conditions de vie d’un fonctionnaire était de lui accorder un salaire de 3.500.000 francs guinéens (environ 350.000 francs CFA). Un tel niveau de salaire, selon eux, met le fonctionnaire à l’abri de la corruption et du vol.
Mais le président Condé avait indiqué à ses hôtes que l’augmentation des salaires des fonctionnaires devrait se faire de façon progressive en tenant compte des moyens de l’Etat et en accord avec le FMI et la Banque Mondiale avec lesquels le pays se trouve en programme jusqu’en 2015.
'C’est à partir de 2015 que nous n’aurons plus à suivre les consignes du FMI. Ce qui est de principe, c’est que les salaires soient égaux à 35 pour cent des recettes fiscales. Actuellement en Guinée, les salaires représentent 31 pour cent des recettes fiscales', avait-t-il expliqué.
La masse salariale, rappelle-t-on, représente 20 pour cent des dépenses totales de l'Etat guinéen.
Source PANA
Pour www.nlsguinee.com
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