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    Guinée : PPTE : une initiative discutable au plan économique (Mamadou Billo SY SAVANE)

    Sotelgui S.A

     vendredi 05 octobre 2012   

    L’atteinte par la Guinée de ce que les banquiers du F.M.I. et de la B.M. appellent le « point d’achèvement » du processus de l’Initiative PPTE, a été présentée comme une immense « victoire ».

    Le président coopté s’en vante à longueur de journée sur les ondes Radio et TV dont il s’est d’ailleurs attribué le monopole d’usage. Il fait croire que la Guinée serait bientôt inondée de milliards de dollars ou d’euros. La preuve ?—Il promet à l’instant même, une augmentation salariale de 10% à tous les salariés de la fonction publique.

    Les fonctionnaires des deux institutions financières internationales, venus à Conakry en renfort de leur poulain, M. Alpha CONDE, louent ce qu’ils présentent comme la récompense de son « effort ». Et le citoyen ordinaire, abreuvé de propagande gouvernementale, attend naïvement une rapide amélioration de sa condition.

    Le F.M.I. et la B.M., pour des considérations purement politiciennes, confortent gouvernants et populations dans cette illusion, à mon avis dangereuse, parce qu’elle produira une déception à la hauteur de la promesse faite au pays.

    Alors, tentons de voir plus clair dans cette initiative P.P.T.E. présentée aux Guinéens comme une besace financière magique, providentielle, susceptible de régler instantanément toutes les difficultés du pays.

    Au demeurant, observons que, certains leaders de l’opposition, en stigmatisant à tout propos la non-atteinte du point d’achèvement de l’IPPTE, comme preuve suprême d’incompétence économique, ont contribué à construire l’illusion que cette Initiative pouvait résoudre nos problèmes économiques. Or il n’en est rien. La réalité est toute autre. L’I.P.P.T.E. est une technique financière, relativement sophistiquée de recouvrement de créances extérieures qui auraient pu légitimement ne pas être remboursées. Elle a ceci de particulier qu’elle est mâtinée d’un semblant de « charité » financière et humanitariste en faisant allusion à la « réduction » de la pauvreté. C’est en cela qu’elle est sophistiquée.

    Qu’est ce que l’Initiative Pays Pauvre Très Endettés (I.P.P.T.E.) ?

    Au milieu des années 90, les « Economistes » de la Banque Mondiale(BM) et du Fonds Monétaire International (F.M.I.), d’ailleurs plus financiers qu’économistes, tous des libéraux purs et durs de stricte obédience, s’inquiètent du niveau d’endettement de nombreux pays sous-développés, malgré le rythme auquel ils remboursent leurs dettes.

    En clair, plus ces pays respectaient leurs échéances, plus ils s’endettaient. Et pour l’immense majorité d’entre eux, la dette n’était plus soutenable. Le risque d’insolvabilité réelle n’était donc plus inenvisageable. Or pour l’essentiel, les créances étaient détenues dans leur écrasante majorité par les Institutions financières (publiques et privées) occidentales.

    La faillite totale des pays débiteurs auraient donc eu pour conséquence, entre autres, la perte définitive de la totalité des créances détenues par les créanciers riches occidentaux sur les pays pauvres. Inutile d’insister sur les conséquences financières catastrophiques à l’échelle mondiale, de l’insolvabilité simultanée de plus d’une cinquantaine de pays, même pauvres. Voilà rapidement présenté, le contexte dans lequel a germé l’initiative P.P.T.E.

    Dans son principe, l’I.P.P.T.E. consiste à annuler une partie ou parfois la totalité de la dette extérieure d’un pays pauvre, sous certaines conditions qu’il serait fastidieux d’énumérer ici. Exemple de conditions : dette extérieure devenue insoutenable pour le pays débiteur, existence d’un plan de réduction de la pauvreté etc.….

    Le mécanisme de fonctionnement en lui-même comporte plusieurs étapes dont celle qu’on nomme « point d’achèvement » de l’initiative PPTE. En termes simples, c’est le point où les conseils d’administration de la BM et du F.M.I. estiment que toutes les conditions imposées sont désormais respectées et exécutées. L’annulation promise de dettes peut donc être effective. Parfois, cela ouvre la possibilité d’emprunts nouveaux, toujours sous conditions.

    Alors, où est le problème ?

    Le problème réside en ceci que l’annulation totale ou partielle de dettes, n’a pas pour but principal la « réduction de la pauvreté » ou l’amorce d’un quelconque développement, comme on le proclame ici ou là, ou comme on a l’air de le faire croire à Conakry.

    Le but ultime est de reconstituer la capacité de remboursement des pays endettés, sinon, le risque de faillite généralisée dont la survenue est provisoirement écartée par l‘I.P.P.T.E. deviendrait à terme une réalité avec une ampleur décuplée. Or dans les échanges internationaux, l’insolvabilité, même d’un seul pays-client, même pauvre, n’est jamais une bonne nouvelle pour personne.

    L’effet économique boule de neige est très vite contagieux. D’où le postulat de base, à mon avis erroné des économistes de la BM et du F.M.I. Leur postulat de base est le suivant : les pays endettés sont pauvres à cause de la dette. Les charges de remboursement (capital + intérêts) obèrent leurs efforts de « s’en sortir ». La dette n’est plus soutenable. Il faut, comme pour une entreprise privée, envisager une solution de redressement. Mettons-les donc sous tutelle. Imposons-leur des conditions de gestion de leur pays. Ceux d’entre eux qui les rempliront, seront éligibles à notre programme.

    De ce qui précède, on peut raisonnablement dire que le « point d’achèvement » de l’I.P.P.T.E. est juste une facilité de trésorerie accordée sous conditions, à un pays pour lui éviter la faillite.

    Ce postulat de base est une hérésie selon moi. Si on prend le cas de la Guinée, ce pays n’est pas pauvre parce qu’il est endetté. A la mort du tyran Sékou Touré, le niveau d’endettement y était le plus faible de l’Afrique de l’Ouest. Mais le pays restait quand même très pauvre. Par la suite, et à cause du pillage infligé au pays par ceux qui l’ont gouverné jusqu’à une date récente, la pauvreté s’est accrue, en même temps que le niveau d’endettement augmentait. Autrement dit, c’est le vol et le pillage qui créent ou entretiennent la pauvreté dans des pays comme le notre. Et les gouvernants, cherchant à compenser par l’endettement, les revenus nationaux qu’ils ont détournés au profit de l’oligarchie à laquelle ils appartiennent, ont accumulé de nouveaux emprunts auprès des institutions financières et bancaires, publiques et privées, emprunts qu’ils ont encore, vraisemblablement détournés en partie. D’où la montée de la dette, au point d’atteindre un niveau insoutenable.

    D’un point de vue économique, c’est une absurdité de dire ou de laisser croire que la pauvreté résulte de la dette. Il faut juste inverser la proposition. La dette est provoquée par la pauvreté. La dette mal utilisée, c’est-à-dire détournée, amplifie la pauvreté. C’est exactement le cas dans nos contrées, en tout cas en Guinée-Conakry. Le plus surprenant, c’est l’apparent désintérêt que les créanciers semblent manifester, quant à l’utilisation des crédits consentis. Car un créancier sérieux s’inquiète toujours de l’utilisation qu’on fait du crédit qu’il a accordé. Or dans le cas présent, les « créanciers » (B.M. et F.M.I) ou leurs représentants, semblent plus désireux d’apporter leur caution politique à un individu (M. Alpha CONDE), qu’à examiner la manière dont leur poulain privatise à son profit, les Biens Nationaux.

    Et c’est là, selon moi, où il faut s’interroger sur la rigueur ou l’absence de rigueur intellectuelle des « Experts » du F.M.I. et de la B.M. quand ils sont en mission dans un pays d’Afrique Noire comme la Guinée-Conakry.

    En effet, venir s’installer dans un hôtel à Conakry pour une ou deux semaines, se contenter de compiler les chiffres officiels, artificiellement construits pour les besoins de la cause, et finalement en déduire que la Guinée est devenue subitement bien gérée, que les conditions de vie des populations sont améliorées, c’est faire preuve d’une légèreté dont on se garderait bien dans d’autres pays, même d’Afrique Noire. Car à Conakry, nul n’ignore que tout est « INFORMEL », à commencer par ce qu’on y nomme abusivement l’ « ETAT ». Tous les documents, toutes les données chiffrées fournis par l’Etat guinéen sont FAUX, c’est-à-dire ne correspondent à aucune réalité vérifiable.

    C’est vraisemblablement le seul pays d’Afrique Noire qu’il est impossible d’auditer, faute de documents et de données fiables.

    Par exemple, il n’est pas rare que les fonds publics soient versés directement sur les comptes personnels privés du Président ou de ses proches familiaux, ou politiques. Pourtant, l’une des missions du trésor public, c’est d’être le caissier et le comptable de l’Etat. Aucun ambassadeur occidental, aucun représentant d’une Institution financière internationale ou onusienne accrédité auprès des autorités guinéennes n’ignore cela, sauf à être de très mauvaise foi.

    Les excellences occidentales, accréditées à Conakry, ont peut-être remarqué que, le « président » qu’ils ont imposé à la Guinée, M. Alpha CONDE, a cessé de parler d’audit. Faut-il comprendre que ce revirement soudain est directement lié au fait que lui-même et son fils ne sont pas au-dessus de tout soupçon ? Hypothèse très vraisemblable.

    La possibilité d’annulation d’une partie de la dette extérieure guinéenne qu’induit l’atteinte du « point d’achèvement » de l’I.P.P.T.E., n’est pas une mauvaise chose en soi. Il faut s’en réjouir, sans pour autant lui donner la portée qu’elle n’a pas et qu’elle n’aura jamais. Car les conditions qu’il faut remplir pour arriver à ce « point », aujourd’hui célébré, sont en grande partie incompatibles avec les nécessités de développer une activité interne productive de bien matériel.

    Exemple : l’une des conditions entre autres, c’est la libre circulation des biens et des services, autrement dit l’ouverture des frontières à tout et à tous. Ce qui permettrait la concurrence libre et non faussée, comme ils disent. Bonne idée, en apparence. Dans la réalité et donc en pratique, cela donne la mise en concurrence sur le marché intérieur guinéen, des pommes de terre produites dans la région de PITA (Fouta Djallon) avec celles produites en Belgique, Hollande, Normandie…

    Résultat : les pommes de terre importées d’Europe sont évidemment bien moins chères que celle produites localement. Pour plusieurs raisons : coûts de production et de transport entièrement couverts par les subventions agricoles accordées aux producteurs européens, productivité élevée en raison de l’équipement agricole et de l’expérience acquise, très grande quantité de production qui permet une économie d’échelle…

    Tous ces avantages se cumulent. Et puisque le paysan de PITA ou d’ailleurs en Guinée en est dépourvu, pour lui, la faillite est au bout du chemin, inévitable. On peut étendre cet exemple à d’autres activités comme l’élevage (de volailles).

    L’Initiative P.P.T.E. est une imposture financière au service d’une idéologie économique. C’est une imposture financière en ce sens que, il n’y a pas d’entrée d’argent. On peut la présenter de la façon suivante : vous devez 1000$ à une banque pour une certaine durée. Vous remboursez régulièrement capital et intérêts. Plus vous remboursez, moins le niveau de la dette diminue dans la durée (effet combiné d’intérêts composés et des taux variables). Si vous devenez insolvable, la banque perd tout. Mais puisque vous avez déjà remboursez en capital 800$ (non compris les intérêts), le créancier, dans sa grande « magnanimité » vous dit : « Je vous donne 200$, et le don, ce sera les 200$ du prêt que vous êtes entrain de rembourser ».

    Voilà en gros le principe d’annulation de la dette. Juste un détail dont le créancier « magnanime » ne tient pas compte : sur la durée, vous avez probablement remboursé le double de la somme empruntée, si on additionne capital et intérêts.

    Une imposture idéologique : Sans être écrit, l’I.P.P.T.E. est essentiellement destinée aux pays pauvres, d’obédience libérale (au sens économique), c’est-à-dire occidentale. Plus un pays pauvre ouvre son marché intérieur aux occidentaux, plus ce pays est éligible à l’I.P.P.T.E.

    Cependant, il ne faudrait pas en conclure que l’I.P.P.T.E. est inutile, ou que ce serait un instrument de complot au service de telle ou telle puissance. Il n’y a pas de complot, pas de « charité » non plus. Il s’agit juste de faire des affaires, y compris avec des « pauvres ». Car d’un point de vue économique, le profit qu’on peut faire avec les pauvres, est infiniment plus élevé qu’avec les « riches ». Les « pauvres » vivent dans un contexte contraint en permanence. De ce fait, ils sont dépourvus de toute capacité de négociation. Les Riches négocient, et impitoyablement.

    Dernière petite observation : aucun pays n’a jamais résolu aucun problème économique sérieux avec l’I.P.P.T.E.

    Mamadou Billo SY SAVANE (Rouen) France
    Mon contact : mamadoulinsan@wanadoo.fr
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Cette faillite économique est le résultat du pillage systématique des biens publics, le clientellisme, la corruption, le détourment des fonds publics et une mise à l'écart de la majorité des cadres compétants et intègres du pays.
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