mardi 02 octobre 2012
Le départ annoncé du président de la CENI était censé décrisper la situation politique. Comble de paradoxe, depuis cette annonce, les positions se radicalisent. D’une part entre le pouvoir et l’opposition et d’autre part entre tous ceux qui se réclament de cette opposition. Et pour enfoncer le clou, la société civile leur emboite le pas. Bref, la Guinée est plus que jamais confrontée à ses vieux démons.
Chacun veut tout pour lui et rien pour les autres. Comme une espèce de malédiction du père à son fils, tous ceux qui ont perturbé le sommeil du patriarche hier, ont aujourd’hui une grave insomnie.
Et pourtant, de solutions, il en existe. Tout d’abord le locataire de palais Sékouréya devrait une fois pour toutes ôter sa casquette de chef de parti. Pour porter enfin et pour toujours celle du chef de l’Etat. Le véritable président de la toute la République. Il devrait le faire dans la parole et dans les actes.
Il devra envoyer un message fort aux deux camps. Pour dire aux premiers, en l’occurrence ses militants, qu’il n’est pas leur chef à eux seuls. On a entendu récemment des propos reprochant aux manifestants d’avoir « insulté notre président ». Pour leur dire que celui qui a proféré ces injures les a proférées à l’égard de son président à lui aussi.
Quant aux seconds, à savoir les militants de l’opposition, il, l’actuel chef, a l’obligation de leur tendre la main. Pour leur faire savoir qu’il y a une période de campagne électorale et une autre période post-électorale. Leur dire en particulier, qu’il est leur président à eux aussi. Et qu’ils lui doivent respect et reconnaissance. Lui leur doit protection.
A leur tour ces militants de l’opposition devraient savoir que, quoi qu’il arrive, pendant les trois ans qui viennent il y a un président élu. Au moins pour deux raisons ils doivent le respecter et le reconnaitre.
La première est que leurs leaders ne pourront accéder au pouvoir que si et si seulement le difficile processus de démocratisation poursuit son chemin parsemé d’embuches.
Deuxièmement, s’ils n’obéissent pas au chef d’aujourd’hui, les militants de ce dernier n’obéiront pas à leur chef demain.
Or comme dit un proverbe de chez nous, « lorsque deux personnes conviennent de maltraiter leurs hôtes respectifs, ce sont les hôtes qui en pâtissent ».
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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