Guinée : COTRADEG veut-il ressusciter le P D G ?
mardi 25 avril 2006
Les populations guinéennes ont été longtemps traumatisées sous la 1er République par une série de tragédies nourries par une répression féroce et sauvage et par des arrestations arbitraires. Il en est résulté un manque total de confiance entre guinéens. Cette méthode de gouvernement, de type médiéval, se reflète encore de nos jours dans toutes les Institutions régissant la politique de Lansana Conté.
Le 31 décembre 1984, il déclarait solennellement devant le peuple : « Nos populations prouveront leur sens de responsabilité en réagissant contre les abus d’où qu’ils viennent car elles ne sont plus soumises à qui que ce soit ».
Mais alors, qu’est ce qui empêchent aujourd’hui les guinéens à réagir et à réclamer leur droit à la liberté, à la paix et au bien être ?
Les deux raisons fondamentales qui empêchent les guinéens à se révolter contre les abus du pouvoir actuel sont la peur héritée de l’ancien régime et le silence coupable des intellectuels et cadres du pays. Dans la situation actuelle, il est important que les guinéens comprennent enfin que leur silence prolongé, par le passé, a été la cause réelle des exactions commises par le régime sanguinaire et rétrograde de feu Sékou Touré.
Ne dit-on pas à juste titre : « Quand un peuple s’exprime ses dirigeants l’écoutent . Quand un peuple se tait ses gouvernants le musèlent » ? N’est ce pas cette peur qui a favorisé la liquidation par le régime défunt des officiers supérieurs de notre Armée Nationale ?
Aujourd’hui encore, il est plus que nécessaire que les guinéens se donnent le droit d’interpeller le pouvoir en place qui a l’obligation de répondre favorablement dans l’intérêt supérieur de la nation entière.
Le silence coupable et l’immobilisme notoire des intellectuels et cadres résident au pays sont très graves. « L’intellectuel véritable n’est pas celui qui réfléchit et se tait, mais celui qui réfléchit et agit ». Il ne s’agit pas de se contenter simplement de dénoncer les maux dont souffrent le pays. Il faut les combattre énergiquement et sans complaisance.
A ce niveau, les propositions de sortie de crise de l’association de quelques intellectuels guinéens réunis au sein de COTRADEG, en complicité avec les anciens miliciens du résiduel PDG et un nostalgique du parti unique et des assassinats politiques, un ancien ambassadeur en poste à Conakry sous l’ancien régime, ne surprennent personne. Cette proposition de sortie de crise qui s’appuie sur l’article 34 de la loi fondamentale est de nature à semer le désordre et la confusion dans notre pays. En effet, de sinistre mémoire, cet ex ambassadeur avait pour habitude de couvrir les tortures pratiquées par Sékou Touré en invoquant de fausses raisons diplomatiques. Aujourd’hui encore voilà notre singulier ex diplomate qui s’associe à un autre ancien milicien, Aboubacar Somparé pour s’accaparer du pouvoir en Guinée. COTRADEG est en réalité une organisation à la solde de Somparé et de ses amis.
Par ailleurs, COTRADEC avait tenté de ramener François Loucény FALL à la surface des actualités pour essayer d’établir un lien entre lui et Aboubacar Somparé parce qu’ils ont tous les deux un dénominateur commun : l’école du PDG . Mais c’était mal connaître le 1er Ministre démissionnaire.
Chers compatriotes , pour ceux qui ne le savent pas, ce sont là les réalités de COTRADEG qui n’a que du mépris pour nos jeunes républicains de l’ armée nationale guinéenne. L’histoire le retiendra.
Qu’on cesse de considérer la politique comme l’art de la sournoiserie et de la tromperie. Il faut être réaliste en voyant les choses en face et non de travers. Les guinéens aspirent aujourd’hui à la paix, à la stabilité et au mieux être. Mais il faut pour cela un cadre organisé, des luttes et des sacrifices. L’histoire nous jugera très sévèrement si nous ne prenons pas nos responsabilités. Nous devons créer des conditions pour permettre à toutes les sensibilités de s’exprimer librement et d’envisager l’avenir de la Guinée sur la base d’un consensus, le plus large possible par la mise en place de structures institutionnelles démocratiques adaptées à nos propres réalités.
par Cécé Roger Haba
E-mail : Gneme2000@yahoo.fr
Correspondance pour Nlsguinee.com
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