mardi 28 août 2012
CONAKRY (Guinée) - Plusieurs partis de l'opposition guinéenne ont décidé lundi de retirer leurs représentants des institutions du pays, dont le gouvernement et la commission électorale, pour protester contre des violences à l'encontre de leurs militants, a annoncé à l'AFP un des opposants.
Nous retirons nos représentants du gouvernement, du CNT (Conseil national de la transition, faisant actuellement office de parlement) et de la Céni (Commission électorale nationale indépendante), a déclaré à l'AFP l'ex-Premier ministre Lansana Kouyaté.
Selon lui, l'objectif est de protester contre les violences perpétrées sur les militants de l'opposition et dénoncer la dérive dictatoriale du nouveau pouvoir de M. Alpha Condé, élu président et investi en décembre 2010.
La décision a été prise par les responsables des principaux partis de l'opposition regroupés au sein de deux coalitions : l'Alliance pour la démocratie et le développement (ADP) et le Collectif des partis pour la finalisation de la transition, qui avaient appelé à une marche lundi matin.
Cette manifestation a été empêchée par les forces de l'ordre, arguant qu'elle n'était pas autorisée. Les opposants qui ont tenté de se rassembler ont été dispersés, donnant lieu à des heurts entre autorités, manifestants et contre-manifestants, selon un communiqué de la direction générale de la police. Il y a eu 20 gendarmes blessés et 38 manifestants interpellés, a précisé à l'AFP un responsable de la police.
La décision de retrait de l'opposition concernera deux ministres sur la quarantaine de membres du gouvernement actuel : ceux du Plan, Souleymane Cissé, et du Contrôle économique et financier, Aboubacar Sidiki Koulibaly (tous deux du PEDN).
L'UFDG et l'UFR ont des représentants à la Céni et au CNT. L'opposition dans son ensemble compte entre trois et quatre membres à la Céni (25 membres au total), et six au CNT (150 membres au total).
Selon l'opposition, la marche prévue lundi et non autorisée par la police visait à réclamer des élections législatives libres et transparentes.
Des législatives devaient initialement se tenir au premier semestre 2011 mais ont été sans cesse reportées pour diverses raisons.
D'après M. Kouyaté, les opposants ont également décidé de poursuivre les manifestations à travers le pays et réclament la libération sans condition de toutes les personnes interpellées.
Ils tiennent le président Condé pour responsable de toutes les violences que les forces de l'ordre auront à commettre sur les manifestants et annoncent une plainte prochainement contre les autorités pour abus de pouvoir, tentative d'assassinat, violation de domicile, coups et blessures volontaires, destruction de biens et vol. Aucun détail supplémentaire n'a été fourni.
(©AFP / 28 août 2012 01h57)
Guinée: la police empêche l'opposition de manifester
Les forces de l'ordre ont arrêté lundi une trentaine de personnes en Guinée, dont le fils du principal opposant Cellou Dalein Diallo, empêchant une manifestation prévue pour réclamer des élections législatives libres et transparentes, a appris l'AFP de sources concordantes.
L'opposition avait appelé ses militants à se rassembler vers 10H00 locales (et GMT) à Matoto, un quartier de la banlieue sud de Conakry, pour marcher en direction du Stade du 28 septembre, dans le centre-ville.
Dès les premières heures de la matinée, des gendarmes et policiers anti-émeutes déployés au point de rencontre, ont empêché tout rassemblement et éloigné des piétons qui tentaient de se rendre sur les lieux, selon un journaliste de l'AFP.
Plusieurs leaders de l'opposition dont Cellou Dalein Diallo, Lansana Kouyaté, Sidya Touré et Faya Millimono, qui partaient du domicile de M. Kouyaté à Matam (banlieue sud-est) ont été stoppés par des gendarmes quelques dizaines de mètres plus loin.
Aucune indication n'a pu être obtenue de source officielle sur le motif de l'intervention des forces de l'ordre. Selon Sidya Touré, les autorités ont voulu "étouffer la manifestation".
Vingt-huit militants auraient été arrêtés selon un officier de police et un responsable de l'opposition.
"28 de nos militants ont été déjà arrêtés (lundi) et sont en prison à l'escadron de gendarmerie de Matam", a déclaré à l'AFP un des opposants.
"Ici, il y a au moins 28 personnes, dont le fils de Cellou Dalein Diallo (Ahmed Tidiane Diallo). Tous sont détenus à la gendarmerie de Matam", a de son côté dit l'officier de police sous couvert d'anonymat.
D'après Cellou Dalein Diallo, huit militants de son parti, l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), avaient déjà été arrêtés dimanche soir. "Ils sont à la gendarmerie, ils ne reçoivent ni eau, ni nourriture. Je leur ai fait parvenir de la nourriture, les gendarmes n'ont pas accepté", a dit M. Diallo à l'AFP.
Des élections devaient initialement se tenir au premier semestre 2011 mais ont été sans cesse reportées pour diverses raisons.
(©AFP / 27 août 2012 01h57)
Pour www.nlsguinee.com
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