jeudi 26 juillet 2012
Depuis le début de cette semaine, les agents chargés de la saisie pour la revision des listes électorales sont en colère. Ils réclament le paiement de leurs arriérés de salaire.
Au début de ce mois, les préfets leur avaient demandé de retourner dans les localités où ils ont travaillé pour signer un procès-verbal de restitution du matériel. Condition sine qua non pour percevoir leur salaire.
C’est au terme de cet exercice que les agents sont venus réclamer leur dû. Pour le moment ils estiment que la CENI traine les pas pour le leur rendre. D’où leur cri de colère depuis lundi dernier. Cette colère a atteint son paroxysme ce mercredi. Ils se sont rendus ou plutôt ils ont voulu se rendre massivement au siège de la CENI.
C’était sans compter avec le dispositif sécuritaire mis en place sur les lieux. Comme ironisait un citoyen, il est aujourd’hui beaucoup plus facile de se rendre à la présidence de la République que de le faire le même exercice à la CENI. Atteindre les bureaux de l’institution relève de la croix et de la bannière. Les grognards ont appris à leur dépend que cette institution n’est pas ou n’est plus à la portée de monsieur tout le monde.
Fini le temps où ils étaient venus signer un contrat dans la joie et dans l’espoir. L’espoir de trouver une activité génératrice de revenu pour certains qui avaient désespéré. Malheureusement l’espoir s’est transformé en un cauchemar ce mercredi.
Au lieu des billets de banque leur permettant de passer les mois saint de ramadan, les opérateurs de saisie ont reçu du gaz lacrymogène. Ils ont crié au sacrilège.
Au début de ce mois, la commission électorale très indépendante avait demandé aux agents chargés de la révision des listes électorales de revenir à Conakry. L’objectif était d’éviter de payer les deux mois de salaires à ces agents alors que le processus électoral est en panne. Les contestataires estiment que si l’opération a été interrompue, ce n’est pas de leur faute. Ils réclament l’application du contrat qui les lie à la CENI dans l’esprit et dans la lettre. La CENI pour sa part promet de publier un communiqué dans les meilleurs délais.
Cette autre incongruité de la CENI apporte de l’eau au moulin à ses amis de l’opposition. Lesquels ne manqueront pas un seul instant d’exploiter ces incidents pour justifier l’incapacité de cette institution à conduire la Guinée vers des élections législatives apaisées. Chaque jour qui passe la CENI guinéenne montre ses limites.
Or si cette institution montre une nouvelle fois ses limites pour piloter tout processus le électoral en Guinée, elle commet un autre péché : c’est celui de mettre le gouvernement guinéen en difficultés devant les partenaires bilatéraux et multilatéraux. Car au même moment que les agents manifestent, au même moment des révélations sont faites par la presse sur des dépenses exorbitantes effectuées par cette institution.
Vivement donc une CENI moins calamiteuse, plus respectée et capable de piloter n’importe quelle élection en République de Guinée.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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