jeudi 26 juillet 2012
Après ses premières révélations, le Sunday Times revient à la charge. Cette fois le journal londonien indique que le montant de 150 millions dollars dont la révélation a été faite en marge de l’autre affaire de 25 millions de dollars, ne viendrait pas de l'Angola. Ce montant proviendrait, selon lui, de la China International Fund. Cette entreprise chinoise qui avait fait rêver les Guinéens avec le CNDD en leur promettant monts et merveilles.
Après cette autre révélation, l’une des nombreuses questions qu’on se pose est celle de savoir pourquoi les révélations nous arrivent toujours du canard londonien. Est-ce lui qui est le mieux informé ou c’est à lui que ceux qui ont des révélations à faire s’adressent. Est-ce le début de la bataille pour le contrôle des mines de Guinée ? Notamment entre certains groupes chinois et le consortium Rio-Chinalco-SFI.
Avec ces cascades de révélations, on ne peut pas ne pas penser aux 700 millions de dollars de Rio Tinto. Ce montant est tout sauf la prime de la démocratie promise à la Guinée pendant la transition.
Certains analystes pensent que le donateur espérerait que ce montant vertigineux lui donnera carte blanche pour exploiter les mines de Guinée. Alors que les autorités guinéennes n’entendraient pas de cette oreille.
La Guinée a signé un contrat avec un consortium African Iron Ore Group. Lequel comporte dans son CA, un homme d'affaire libérien accusé d'avoir assisté la rébellion de Charles Taylor à ses débuts. Raison pour laquelle l’ancien vice-président de la Société Financière Internationale a adressé une lettre au ministre guinéen de l’économie. Thierry Tanoh, de nationalité ivoirienne, accable ce groupe. Cette lettre est perçue comme le début des coups bas. Ce à quoi il faut ajouter désormais les révélations du journal britannique.
Semaine après semaine donc, on assiste à de nouvelles révélations qui viennent entacher la réputation des nouvelles autorités guinéennes. L'objectif de cette campagne menée tambour battant viserait à présenter le nouveau président guinéen comme un chef d’Etat "affairiste". Malheureusement, le gouvernement guinéen prête le flanc. Il attend que les nouvelles arrivent de loin pour donner des explications aux Guinéens.
Comme on le voit donc, la Guinée fait face désormais à d’autres problèmes que la crise politique interne. Elle est aussi et surtout confrontée à une convoitise qui n’est ni plus ni moins que l’arbre qui cache la forêt. Après plusieurs années caractérisées par une mal gouvernance consécutive à la maladie du président Conté, après les bruits de bottes au palais qui ne rassuraient personne, l’arrivé au pouvoir d’un civil suscite beaucoup d’intérêt et de convoitise.
Au terme d’une transition douloureuse la Guinée s’est dotée d’un président de la République issu des urnes. Dès lors, il est intitule de dire qu’un tel président fait l’objet de toutes les sollicitations. Et bonjour les pièges. Un an et demi après son arrivé aux affaires, le nouveau chef d’Etat marche sur un terrain miné pour ses mines.
Il est fréquenté par les bons et les moins bons. Par les justes et les moins justes. Par ceux qui ne jurent que par la transparence. Mais aussi par ceux qui ne comptent vivre que dans l’opacité. Il est connu que les pays dotés par la nature sont paradoxalement en permanence confrontés à des menaces de déstabilisation. D’où la nécessité pour tous les Guinéens, pouvoir et opposition compris, de s’entendre pour défendre l’intérêt du pays. Notamment en mettant en place une assemblée nationale représentant la volonté populaire. Laquelle assemblée, issue de toutes les sensibilités, appuiera le président et le gouvernement dans les négociations aussi hardies que houleuses pour l’exploitation des immenses richesses du pays.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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