dimanche 22 juillet 2012
Les experts de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) ont une nouvelle fois réussi un exploit : celui de réunir les acteurs politiques guinéens dans une salle. Cette fois il s’agissait de leur présenter le rapport des experts de cette institution concernant l’opérateur chargé par les autorités de procéder à la révision des listes électorales.
La rencontre s’est déroulée en présence de certains poids lourds de l’opposition. Notamment Collectif et de l’ADP, représentés respectivement par le président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo et le président du PEDN, Lansana Kouyaté. Hadja Rabiatou Serah Diallo représentait le CNT qui, lui-même est en train de peaufiner sa propre proposition de sortie de crise. Quant à la CENI, son président, Louncény Camara, concerné au plus haut niveau, était là. Et pour boucler la boucle en termes de représentativité, la présidence de la République était représentée par Kiridi Bangoura.
Les experts de la francophonie ont passé au peignes fin le matériel de la société sud-africaine Way-Mark. Leur conclusion se résume en une phrase : les insuffisances de cette société dépassent ses performances.
Pour le reste, l’ancien Premier ministre de la transition enfonce le clou. Jean Marie Doré indique « Tout ce qui est dit dans ce rapport, les constats, surtout les recommandations invalident totalement Way-Mark. Ce rapport de la Francophonie règle définitivement le problème de Way-Mark. Tous les paragraphes ont exprimé la vérité, la sincérité et la compétence des experts. C’est pourquoi nous pensons qu’on se réfère à la SAGEM ».
Cela s’appelle retour à la case départ.
S’achemine-t-on donc vers une sortie de crise facilitée encore une fois par la francophonie ?
La question mérite d’être posée. L’organisation que dirige l’ancien président sénégalais avait permis à la classe politique guinéenne d’aller au deuxième tour de la présidentielle avec un peu plus de sérénité et de confiance. Forte de cette expérience réussie, l’OIF a une nouvelle fois proposé sa thérapie pour organiser les élections législatives qui n’ont que trop tardé.
Malgré la réserve d’une partie de l’opposition, les experts de cette organisation ont effectué cette mission en Guinée. Ils ont lorgné dans le matériel de la société sud-africaine Way Mark. Histoire de vérifier sa fiabilité et sa performance. Et la comparer avec la Sagem qui a fait ses preuves lors de la présidentielle pour les uns et qui a montré ses limites pour les autres.
Même si cela n’a pas été dit par le camp qui a souhaité le remplacement de la Sagem, ce proverbe local en dit long sur l’attitude de ce camp : « échanger sa génisse contre une autre génisse est la preuve on ne peut plus éloquente qu’on ne fait pas confiance à sa propre génisse ».
Cependant, le plus dur est à venir. Car accorder ses violons sur l’opérateur chargé de la révision est une chose, s’entendre sur l’institution chargée de l’organisation des élections en est une autre. Même si, d’ores et déjà, le fait que les protagonistes acceptent de se retrouver autour d’une table constitue un motif d’espoir pour monsieur tout le monde qui n’a que trop souffert de la veillée d’armes entre le pouvoir et l’opposition.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
Les commentaires ci-dessous n'engagent que leurs auteurs, www.nlsguinee.com n'est pas responsable de leurs contenus.