dimanche 22 juillet 2012
Les habitudes ont la vie dure. Changer l’attitude et le comportement auxquels vous vous êtes livrés pendant plusieurs décennies, ressemble à déplacer une montagne.
Pour toutes ces raisons, et dans maints domaines, on lorgne partout pour trouver le changement promis. En vain. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder ou d’écouter les médias d’Etat. La meilleure façon de se faire une petite publicité est d’organiser une quelconque manifestation de soutien au pouvoir en place. Et on se donne à cœur joie.
Les flagorneurs ont compris que cela continue à payer. Organiser une telle manifestation permet de joindre l’utile à l’agréable. A la fois on peut se remplir les poches et on peut être récompensés plus tard. Peu à peu donc l’interdiction faite aux membres du gouvernement de présider des manifestations de soutien, est battue en brèche.
Jetez un coup d’œil à la télévision d’Etat, il y a de fortes chances que vous entendrez qu’une telle préfecture ou une telle autre organise une manifestation pour réitérer son soutien et son adhésion au programme de société du professeur. La cérémonie est présidée par plusieurs ministres de la république.
Gare aux ministres de venir les mains vides. Il est inimaginable qu’un membre du gouvernement vienne à une telle cérémonie sans mettre la main à la poche. Il est obligé de donner en public ou en privé. Alors qu’à travers l’élection présidentielle, les populations se sont exprimées. Elles ont marqué leur adhésion au programme du candidat devenu président. Et dans ce programme le bannissement de la démagogie figure en bonne place.
Tout le reste est une façon d’arnaquer les hauts perchés. Et de perpétuer une pratique décriée par une majorité de la population.
Plus que jamais donc la Guinée est confrontée à son propre passé qui a montré toutes ses limites. Hier, les mêmes flagorneurs estimaient que sans le président Conté c’était le chaos. Induisant le vieil homme en erreur. Finalement on lui reprochait d’être la cause de tous les maux dont souffrait la Guinée. Si bien que sa disparition fut pour lui et les siens une véritable délivrance.
Après le président Conté, le capitaine Dadis a été emballé par les mêmes flagorneurs. Lesquels d’ailleurs, ne faisaient aucun cadeau à celui qu’ils couvrent d’éloges aujourd’hui. Des slogans comme Dadis ou la mort ou Dadis doit rester se succèdent. Paradoxalement au moment où le capitaine a besoin de soutien et de réconfort, ses soutiens se sont éclipsés dans la nature.
Sékouba Konaté a fait l’exception parce que très tôt, il a annoncé les couleurs en disant que le pouvoir ne l’intéressait pas. Il est fort à parier que s’il avait voulu violer son engagement, des mouvements de soutiens à son maintien auraient poussé comme des champignons.
Finalement, on est tenté de dire que ce ne sont pas seulement les chefs de la Guinée qui constituent le problème de ce pays. Le problème de ce pays ce sont les flagorneurs aux convictions qui varient comme la météo. Le matin il y a le soleil de plomb et le soir une pluie torrentielle.
En homme averti, Alpha Condé, qui a souvent pris une bonne décision après avoir écouté les voix des sans voix que nous sommes, doit refuser de jouer le jeu de flagorneurs et autres démagogues opposés à tout changement. Autrement les mêmes causes risquent de produire les mêmes effets.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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