dimanche 01 juillet 2012
Chaque jour le Mali s’enfonce dans la crise. Comme dit la sagesse, on sait où un conflit commence mais on ne sait jamais où il finit. Le Mouvement national de libération de l’Azawad a massacré une partie de soldats maliens, fait prisonnier une deuxième partie et chassé une troisième. Il a ouvert la boîte à pandore.
Depuis son entrée calamiteuse dans la région, les mouvements poussent comme des champignons. Le nord est devenu le repère des mouvements de tout acabit. Le MNLA a commencé. L’Ansar Dine lui a emboîté le pas. L’ACMI est venu à la rescousse. Aujourd’hui un autre mouvement, jusqu’ici inconnu, surgit. Un mouvement au nom qui en dit long : le mouvement de l’unicité pour le jihad en Afrique de l’Ouest, MUJAO.
Les arroseurs d’Amadou Toumani Touré et de son armée sont à leur tour arrosés. On parle d’une vingtaine de corps qui jonchent les rues de Gao. Ceux qui ont décapité les militaires maliens sont eux aussi massacrés. Dans cette partie du pays, c’est désormais la loi du plus fort qui règne.
Pendant ce temps, le gouvernement de transition montre ses muscles à Bamako. Le porte-parole de ce gouvernement se contente des déclarations de soutien et de rassurance pour le nord. Les envahisseurs eux savent que ce gouvernement est impuissant. Avec un président de la République en convalescence à Paris après qu’il ait été corrigé par monsieur tout le monde. Un Premier ministre sous la surveillance de la junte à Bamako et une communauté internationale plus préoccupée par la crise de dette européenne. Les djihadistes savent qu’ils peuvent dormir tranquillement dans l e nord.
Le nom des nouveaux maîtres de Gao est assez révélateur. Si les voisins croisent les bras, la somalisation du Mali risque de faire tâche d’huile jusque dans leur capitale. L’Afrique de l’ouest attend que les Occidentaux mettent la main à la poche. Ces derniers ont d’autres à chat à fouetter.
À la fin, l’un et l’autre risquent de prendre un coup. Les grandes puissances par la prise d’otage de leurs ressortissants. Dont les rançons versées ces dernières années ont permis aux mouvements terroristes de se procurer des armes. Quant aux pays limitrophes du Mali, ils seront tout simplement déstabilisés comme ce pays.
Il est donc temps que les africains se souviennent du proverbe selon lequel si la case du voisin brûle, il faut l’aider à éteindre les flammes. Autrement elles atteindront la vôtre.
Les Africains sont sidérés par l’irresponsabilité et l’impuissance de leurs Etats. Des Etats indépendants sur le papier. Et sur le papier seulement. Car préserver l’indépendante et la souveraineté de ces Etats est leur mission première. Pour le moment ils attendent que les grandes puissances décident et qu’elles mettent la main au porte monnaie. Alors que ce sont les mêmes grandes puissances qui ont allumé le feu.
Lorsque vous faites appel à celui qui a mis le feu à votre case pour l’éteindre, vous êtes d’avance convaincu que cette case sera réduite en cendre.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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