lundi 25 juin 2012
Une partie de l’opposition a soupçonné le pouvoir et le Conseil National de la Transition (CNT) de procéder à un partage de gâteau qui ne dit pas son nom. Le premier envoie les lois. Le second les votes. Et le tour est joué.
Cette opposition a crié au scandale. Elle a mis la barre très haut en espérant obtenir le minimum. Elle a en effet, réclamé la dissolution pure et simple du CNT. Il n’en fallait pas plus pour que les conseillés sortent de leur mutisme.
La réaction ne s’est pas fait attendre. Le CNT, mis au pied du mur, est sorti de ce que certains qualifient de sa léthargie pour se faire entendre. Comme s’ils venaient d’être informés des affaires qui défraient la chronique, les conseils ont exhumé tous les dossiers. A la fois celui portant sur la tentative de détournements que sur celui de l’engagement des nouvelles autorités à l’extérieur.
Tout va être clair, promettent certains conseillés.
Ainsi, si le CNT s’est réveillé c’est qu’il a fallu que l’opposition le bouscule. Hadja et son Institution se sont brusquement souvenus, qu’autrefois, ils ont juré par et pour la transparence. Faisant plier le général Lansana Conté.
Avec cette réaction rapide, on se rend compte de la sensibilité et de la vulnérabilité de ceux qui nous dirigent. Ils craignent que arroseur d’hier ne soit arrosé aujourd’hui.
Cette réaction rapide pourrait faire couler de l’encre et de la salive. Elle pourrait en effet provoquer des grincements de dents. Surtout au sein du gouvernement. Si ce dernier semble bien s’accommoder avec le CNT jusqu’ici, c’est que cette institution ne lorgne pas trop dans ses affaires. Ce que l’opposition désapprouve, voire condamne. Or à partir du moment où le CNT va adopter une démarche contraire, on va voir la main de l’opposition derrière.
Confronté à ce dilemme, Hadja et son équipe comprendront que leur institution est tout sauf une assemblée nationale. Car s’il s’agissait de cela, les députés du parti au pouvoir auraient défendu avec bec et ongle la politique du gouvernement sans être accusés de rouler pour tel ou pour tel autre. C’est leur mission, leur vocation et leur raison d’être. Ici ce n’est pas pareil. Ils doivent être neutres. Alors qu’un parlementaire lui est tout sauf neutre. Chacun défend la position de son parti.
Dans le cas de figure actuel, si les conseillés gardent un silence de cimetière comme les accusent l’opposition, il leur sera reproché de rouler pour le pouvoir. Et s’ils demandent trop de comptes au gouvernement, celui les taxera de jouer le jeu de l’opposition. Pour toutes ces raisons, il y a une urgence d’installer l’assemblée nationale.
En attendant les jours à venir constituent un véritable test pour le conseil national de la transition. Car satisfaire à la fois le pouvoir et l’opposition c’est tout simplement ménager la chèvre et le chou.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
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Pour www.nlsguinee.com
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