lundi 18 juin 2012
C'est en 1984 que j'ai entendu parler de Laurent Gbagbo pour la première fois. Il était alors enseignant à l'université et disait vouloir œuvrer pour la cause des enseignants. Quelques années plus tard, il créa le FPI suite à des remous sociaux savamment orchestrés dont les ivoiriens se souviendront encore longtemps. Ange et seigneur pour ses amis, il fut un cynique adversaire politique pour Houphouët dont il précipita d'ailleurs la mort en appelant la jeunesse et les enfants à l'insulter.
De passage à Man en 1990, voici ce qu'il a dit à propos du père fondateur. "Les gens pensent que je vais faire un coup d’État contre Houphouët Boigny. Non, cet homme est une banane mure. Je vais la laisser pourrir d'elle-même et elle tombera seule." Depuis, et dans tous ses discours, il s'est toujours défendu de n'avoir jamais pensé à conquérir le pouvoir par les armes. Il l'a tellement répété que tous les militants du FPI s'y sont mis.
Même si l'ensemble des Ivoiriens le condamnent aujourd'hui pour n'avoir pas été à la hauteur du grand espoir qu'il avait incarné par ses discours mielleux, la grande majorité a, en son temps apprécié qu'il se déclare contre les coups d’État. Avant donc d'être gagné par le gout du pouvoir et de s'y accrocher au prix du sang des ivoiriens, Gbagbo comptait au nombre des exemples politiques du monde. Malheureusement, il a donné tort à tous.
L'on pensait que sa chute vertigineuse, son arrestation par les FRCI et son transfèrement à la CPI allaient donner à réfléchir aux militants de son parti et à tous ceux qu'il avait manipulés le long de ces dernières années. Mais voilà que ces derniers choisissent de faire crépiter les armes à nouveau en Côte d'Ivoire, se mettant ainsi en porte-à-faux avec tout ce qu'ils avaient débité aux ivoiriens et au monde sur leur désire de conquérir le pouvoir par des élections démocratiques.
Y croyaient-ils eux-mêmes? Il n'y a pas de raison n'en douter. Seulement, en choisissant l'option de la guerre là où le Président OUATTARA propose la Réconciliation, ils montrent leur degré d'amour pour la Côte d'Ivoire et donnent à tous de voir qu'ils ne sont mus que par le gout du pouvoir. Ils montrent aussi qu'ils n'ont ni loi ni foi puisqu'ils se contredisent et font souffrir une population déjà fatiguée de la guerre.
Comment choisir de faire la guerre alors que les Ivoiriens sont épuisés, pour ne pas dire époustouflés? Comment choisir d'attaquer TAI, une ville sans problème et où les populations s'efforcent de vivre ensemble comme le demande son Excellence Alassane OUATTARA? Je ne voudrais pas désespérer des cadres du FPI dont les plus éminents prédisent même l'Apocalypse à la Côte d'Ivoire. Mais quand des gens choisissent de faire la guerre à leur propre pays, il y a de quoi s'interroger sur leur psychologie. Ce fut valable hier et c'est toujours valable aujourd'hui. Les financiers et autres acteurs militaires du commando qui tue à l'Ouest n'aiment pas la Côte d'Ivoire. Ils n'agissent que pour leurs propres intérêts et, en plus, par simple esprit de vengeance.
Qu'on ne me dise surtout pas que je n'ai rien reproché à SORO Guillaume en son temps car, tout le monde le sais, je suis de ceux qui souhaitent que ce dernier soit aussi transféré à la CPI pour avoir fait la guerre à la Côte d'Ivoire. Il faut donc que nos frères qui font planer le spectre de la guerre à l'ouest comprennent que même si leur entreprise devait aboutir, ils n'échapperont pas à la justice.
Qu'ils sachent également que la majorité des ivoiriens, pour avoir souffert de la guerre, n'acceptera jamais de les laisser progresser. C'est un devoir national de s'opposer aux armes. Et personnellement, je ne faillirai plus à ce devoir si tant il est vrai que nous avons tous failli en faisant de SORO un héros national alors qu'il n'était, en réalité, qu'un meurtrier à condamner.
Il se raconte que Séka Séka, GOUANOU et leur bande de Libériens projettent de prendre San Pédro, Guiglo, Danané et Mahapleu qui sont des zones où ils auraient de nombreux partisans. Si ces informations se confirment, alors ils doivent savoir qu'ils mettent inutilement nos parents en danger de mort. Ils doivent donc renoncer à leur dessein et s'associer à l'élan national de Réconciliation en cours. C'est de ce côté-là que se trouve l'avenir de la Côte d'Ivoire et nulle part ailleurs.
Pour une fois au moins, le FPI doit comprendre qu'on ne gagne rien à faire la guerre éternellement...
Sylvain KEAN ZOH
Ecrivain, Président de la FTCI
email: transparenceci@hotmail.fr
Pour www.nlsguinee.com
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