Guinée : Une crise politique aigue, les choix détermineront la solution transitoire à envisager
samedi 22 avril 2006
Les guinéens s’interrogent sur leur avenir, les clans s’épient et se mesurent, certains politiques n’hésitent plus à se positionner clairement pour ou contre l’application de l’actuelle loi fondamentale pendant que d’autres se chamaillent.
La Société Civile malgré ses récentes sorties, peine à s’organiser ; elle donne plutôt l’impression de vouloir suivre les traces des politiques.
Jetons ensemble un ultime regard sur les deux dernières décennies de démocratisation manquée et qui laissent un gout amer à notre pays.
Certes il y a eu des erreurs qui ont été commises, des irrégularités et autres magouilles constatées ci et là sans oublier les abus en tous genres… mais ce qui retient notre attention c’est surtout l’énorme recule (pour ne pas dire renoncement) face à ce qui semblait pourtant être acquis. Il s’agit de la manipulation de la constitution instaurant la présidence à vie.
Certains diront : « Des décennies de semblant de démocratie pour arriver à untel résultat ? »
Depuis la dernière manipulation électorale au niveau communale et communautaire, la plupart des esprits analystes se sont tournés vers la recherche de la meilleure transition politique possible.
Seulement voilà chers compatriotes, sans savoir exactement pourquoi sommes-nous arrivés à ce stade de déchéance politique, s’agripper sur une virtuelle solution transitoire sans lendemain serait suicidaire pour le peuple de Guinée.
Il est tout à fait illusoire de vouloir trouver une solution transitoire à la problématique politique actuelle sans situer au préalable les responsabilités politiques des uns et des autres face à la crise politique actuelle.
N’est-ce pas important d’identifier les causes et es acteurs ayant plongés la Guinée dans la crise chronique que traverse notre pays ?.
I- Des acquis démocratiques méprisés et foulés au pied
Au début des années 1990, le processus démocratique en Guinée a donné lieu à :
- une Loi Fondamentale approuvée par une large majorité des guinéens ;
- une légalisation d’une 40aine de partis politiques dans un pays qui comptait à peine 6 millions d’habitants ;
- des élections présidentielles et législatives qui -malgré les énormes irrégularités et les contestations, malgré les répressions -furent avalisées…
Le multipartisme adopté aux bouts des lèvres par le régime militaire du 3 avril 1984 peinait à entrer dans les mœurs. L’apprentissage démocratique avec tout ce que cela comporte comme maladresses, erreurs, combines, fautes,… ne fut pas de tout repos.
Avec le recul, nous pouvons affirmer que « Pouvoir et Opposition » se sont toujours regardés en chiens de faïence avec les conséquences que cela engendre. Un excès de zèle chez l’un et un excès de naïveté chez l’autre. Ce n’est donc pas étonnant si la population a fini par jeter l’éponge en laissant les « professionnels » s’en occuper. Et pour quel résultat ?
Pourquoi ce processus de démocratisation teinté de bonnes intentions au départ a-t-il fini par creuser un fossé énorme entre compatriotes ?
Pourquoi au lieu d’arriver à un consensus, sommes-nous à présent face à un affrontement permanent entre acteurs politiques et dirigeants peu enclin au dialogue ?
S’il est difficile d’être catégorique sur la réponse à ces interrogations, une chose reste toutefois limpide : la MÉFIANCE et la PEUR DE L’AUTRE ont fini par gagner tous les acteurs de la scène politique nationale. Ce fléau est entrain de contaminer lentement mais sûrement la Société Civile qui, au lieu de présenter une solution alternative commune à la situation actuelle, se complait à suivre la voie tracée par les politiques.
Les partis d’opposition estiment que tout le mal vient de nos dirigeants alors que ces derniers rétorquent quotidiennement que sans eux c’est le chaos. Chaque camp cherche ainsi à diaboliser l’autre sans s’engager véritablement dans une recherche active de solution consensuelle permettant d’asseoir les bases solides d’une transparence démocratique.
La responsabilité première revient naturellement au Chef de l’Etat qui est le principal comptable de la dérive politico-économique et sociale actuelle.
Cependant, cette responsabilité n’exonère pas pour autant tous ceux et toutes celles qui ont œuvré (parfois dans l’ombre) dans la débâcle actuelle.
En analysant la situation politique guinéenne d’aujourd’hui, l’on se rend aisément compte que celle-ci est la résultante de mauvaises décisions politiques prises à un moment donné par des individus qui ont un agenda autre que celui démocratique.
II- Consultations électorales contestées et loi fondamentale vidée
En 1998 après la présidentielle contestée, l’ensemble de la classe politique ainsi qu’une partie de la Société Civile commencent alors à réaliser les dangers liés à l’absence de transparence du processus électoral.
La problématique du fichier électoral, les votes multiples, le bourrage des urnes, l’intimidation par des coups de feu tirés en l’air par une partie l’armée à la veille de l’annonce des résultats sans oublier l’arrestation arbitraire d’opposants politiques et parfois de simples citoyens, sont autant de pratiques qui ont terrorisé la population.
A partir de cet instant, il devenait clair pour le commun des guinéens que le régime militaire du Président Lansana Conté n’entendait pas respecter les règles élémentaires de la démocratie.
L’opposition et au-delà, la population en général s’est contentée de ravaler ses rancœurs se consolant trop tôt du fait que le Président Conté ne pouvait effectuer que deux mandats selon la loi fondamentale.
Piège, naïveté, incompréhension ou mésententes ?
L’attitude belliqueuse du régime de Wawa apparaît au grand jour lorsque le parti au pouvoir (PUP) décidât de modifier la loi fondamentale qui constituait pourtant un véritable socle unificateur démocratique de tout un peuple. Cette décision fût le véritable point d’achoppement entre le régime d’une part et d’autre part tous ceux qui croyaient en la possibilité de vivre en Guinée dans un environnement démocratique. Le régime du Général Président s’est ainsi mis à dos l’écrasante majorité de la population comme l’a montré le taux de participation (moins de 10%) au référendum entérinant la présidence à vie.
Aujourd’hui malgré ce cheminement antidémocratique voulu et entretenu par le Général Lansana Conté et certains de ses proches collaborateurs, le PUP veut toujours nous faire croire que tout est parfait.
Il est grand temps que ceux qui ont initié la modification de la loi fondamentale reconnaissent leur énorme bourde car le pays est plus que jamais divisé et enfoncé dans une incertitude politique totale.
Ceux qui ont cru pouvoir tromper le Peuple en usant et abusant de leur autorité, ont trahi la Nation toute entière. Ils ont violé un texte qui fût pourtant approuvé par plus 90% de nos compatriotes au début des années 1990. Tous ceux qui ont participé à cette manœuvre ne méritent aucun soutien de la part de nos compatriotes car leurs desseins politiques diffèrent des préoccupations quotidiennes de nos populations…
III- Une valse de Premiers Ministres sans résultats tangibles
La Guinée connaît des crises cycliques interminables avec une valse de Premiers Ministres :
Qu’est-ce qui a donc motivé le Président de la République à nommer un Premier Ministre en 1996, poste supprimé pourtant depuis le fameux « Coup Diarra » en 1985 ?
La réponse est nul doute la crise politico-économique aigue qu’a connue le pays après la mutinerie (ou événements) des 2 et 3 février 1996. L’impact de cette crise ne pouvait être contenu à l’époque qu’avec le concourt des bailleurs de fonds. Il fallait tendre la main de nouveau et s’endetter au nom de tous les guinéens.
Fidèle à ses habitudes, le Général Lansana Conté est allé dénicher son oiseau rare en la personne de M. Sidya Touré, personnalité réputée pour ses liens de confiance avec le FMI et la Banque Mondiale.
Une fois les maigres fonds alloués à l’Etat guinéen, l’oiseau rare fût écarté dans un premier temps puis remercié par la suite. Les fonds furent très rapidement dilapidés et le pays est retombé dans une crise beaucoup plus grave.
L’arrivée de M Lamine Sidimé à la primature ne changera rien à la mauvaise gouvernance car ce dernier ne disposait d’aucun programme de sortie de crise.
Quant à M François Lounseny Fall, il a vite mesuré son impuissance face à l’étendu et au caractère politique de la crise. Il s’en est allé par la grande porte.
Que dire enfin de M Cellou Dalein Diallo qui vient d’être demis de manière tout à fait anachronique ?
Faute lourde ou impuissance généralisée face à une crise qui touche désormais le sommet de l’Etat ?
Le nouvel Ex-Premier Ministre dit n’avoir commis aucune faute à part le fait de n’avoir pas soumis le fameux décret présidentiel à son Ministre Secrétaire Général de la Présidence M Fodé Bangoura…
M Cellou Dalein Diallo a pourtant été averti dès le début de sa prise de fonction à la Primature et il savait pertinemment quel était son rôle. Sa faute fût sans doute le fait de prendre son poste de PM très au sérieux. Il a voulu se comporter en un véritable Premier Ministre alors qu’il ne l’était pas. Son rôle se limitait à la stricte mission que lui confiait le chef de l’Etat. Il était chargé entre autres de coordonner les actions gouvernementales selon la volonté de son Chef.
Ignorait-il le caractère ambigu de ce poste non constitutionnel ?
A-t-il été si maladroit au point de se faire renvoyer pour faute lourde ?
Dommage pour Cellou qui déclarait quelques jours avant son limogeage que l’avenir de la Guinée rimait avec celui du PUP !
M Cellou Dalein aura essayé au moins de renouer le fil avec les bailleurs de fonds en plaidant notamment la cause de son maître auprès de toutes les bourses mais sans obtenir un résultat probant.
Peut être était-il temps que son mentor lui rappelât (sèchement) les habitudes de la Gouvernance-Conté !
IV- Une Concertation Nationale accueillie de façon mitigée par une partie des politiques.
Inutile de rappeler que le pays entier traverse aujourd’hui une crise de régime à cause de l’absence de démocratie et de dialogue dont les conséquences se traduisent par des conditions de vie pénibles pour les travailleurs et leurs familles.
Le guinéen moyen qui se tue à la tâche n’arrive plus à subvenir à ses propres besoins vitaux. La misère et le désespoir ont poussé les forces syndicales à descendre dans la rue.
Après plusieurs jours de grèves, le Gouvernement (ou plutôt le PUP à travers M Somparé) leur a promis monts et merveilles. L’on attend toujours que « promesse soit tenue ! »
Par ailleurs, la Concertation Nationale dite « des forces vives de Guinée » a eue lieu au Palais du Peuple à Conakry avec à la clé un rapport de sortie de crise…
Entre temps, le régime vacille, le président est gravement malade et la problématique de sa succession n’est toujours pas réglée, quoi qu’en disent certains…
Il serait très difficile aujourd’hui pour le Président de l’Assemblée Nationale et le PUP de prétendre à une succession légitime. Difficile dans la mesure où la situation chaotique actuelle leur incombe entièrement et qu’ils sont les principaux instigateurs de la crise politique actuelle.
Le débat politique autour de la succession de Lansana Conté semble être très mal engagé, car contrairement à ce que disent ou écrivent certains compatriotes, nous ne pensons pas que l’actuelle Assemblée Nationale soit ILLÉGALE aux yeux de la loi guinéenne. On peut par contre affirmer qu’elle n’est pas LÉGITIME, en tout cas pas politiquement. Malheureusement, au lieu de trouver un consensus sur ce point précis, nous constatons que le dialogue est loin de s’instaurer entre ceux qui ont participé à la concertation nationale et les autres qui ont préféré bouder la rencontre.
M Somparé lui même ne cesse de fustiger le rapport issu de la concertation nationale qu’il qualifie d’anticonstitutionnel.
A qui le Président de l’actuelle Assemblée Nationale veut-il inculquer les valeurs constitutionnelles ou démocratiques ?
L’idée d’une Transition paisible en Guinée s’éloigne de plus en plus de son chemin compte tenu du fait que chaque acteur politique campe sur sa position.
Cette divergence de vues n’épargne pas la Société Civile dans son ensemble car malgré le fait que l’idée d’un futur Gouvernement de Transition soit « fédératrice », l’accent est trop souvent mis sur la reconnaissance ou non de l’actuelle Assemblée Nationale. Ce qui est profondément regrettable dans la mesure où pour qu’il y ait consensus, chacun doit mettre un peu d’eau dans son vin.
Le fait par exemple de savoir si M Somparé doit succéder ou non à Lansana Conté n’est pas déterminant. Ce qui compte ce sont les actions et décisions que le prochain Président-Intérimaire pourra ou ne pourra pas entreprendre durant toute la période transitoire. Ces décisions et actions doivent faire l’objet de sérieuses discussions dès aujourd’hui avant que le successeur-désigné ne devienne Président-Intérimaire si toute fois il le devenait.
V- Absence de consensus politique, quelques constats s’imposent
Nos compatriotes sont plus que jamais divisés entre diverses options :
- il y a d’un côté ceux et celles qui prônent le respect de l’actuelle loi fondamentale malgré toutes ses imperfections ; ce qui revient à reconnaître de fait M Somparé comme dauphin légal de Lansana Conté ;
- et de l’autre côté ceux qui estiment que le Président de l’Assemblée Nationale n’a pas la légitimité nécessaire pour succéder légalement à Lansana Conté.
Que faire dans ces conditions ? Deux possibilités s’offrent à nous tous aujourd’hui :
1- Premièrement, discuter sans tabou autour de la succession constitutionnelle de Lansana Conté en envisageant comme possibilité que M Somparé soit Président- Intérimaire.
Dans ce cas de figure, il faudra définir dès à présent le rôle du Président par intérim ainsi que tout le processus de prise de décisions et d’actions.
Il serait intéressant de savoir si M Somparé est contre un futur Gouvernement de Transition et surtout s’il est prêt dès aujourd’hui à entrer en pourparlers avec les partis politiques et la Société Civile. En tout cas s’il veut que son statut de dauphin soit reconnu de façon consensuelle, il doit nécessairement accepter un réaménagement de son futur rôle ainsi que le prolongement de la période Transitoire pour permettre au futur Gouvernement de Transition de s’occuper de certaines tâches incontournables pour une meilleure transparence électorale.
Différentes propositions exhaustives concernant ces tâches à accomplir ont été faites, nous estimons pour notre part que le Gouvernement Transitoire doit s’occuper essentiellement du « volet politique.»
Plusieurs analystes de la scène politique nationale s’accordent à dire que la principale source de contestation politique réside aujourd’hui au niveau de la TRANSPARENCE ÉLECTORALE.
Tout Gouvernement Transitoire en Guinée doit avoir pour priorité la résolution de cet épineux problème. Nous savons aujourd’hui comment y parvenir même si force est de reconnaître que sans un Gouvernement composé de personnalités plus ou moins neutres politiquement et moralement irréprochables, cet objectif ne sera jamais atteint.
Le mandat du futur Gouvernement de Transition préconisé par le rapport issu de la concertation nationale nous semble être trop ambitieux et lourd. Il serait sans doute utile de réduire les tâches prévues par le rapport ; ce qui permettrait à la transition d’avoir une mission claire et des objectifs réalistes et réalisables à court terme.
Il existe trois tâches essentielles qui, une fois effectuées diminueraient considérablement les sources de conflits et de contestations.
Le Gouvernement transitoire doit s’occuper du strict minimum nécessaire à savoir :
- recenser toute la population guinéenne (vivant à l’intérieur tout comme à l’extérieur du pays) permettant ainsi de réviser le fichier électoral ;
- réviser la Constitution ou reprendre de tous les articles qui ont fait l’objet de modification lors du dernier référendum. Cela permettra au Gouvernement transitoire de gagner en temps car le recensement de toute la population ne sera pas chose aisée ;
- assurer l’indépendance de l’Organe (CENI) chargé de superviser les futures élections.
Ces trois points sont les plus importants à nos yeux; et ils s’avèrent être incontournables si l’on veut réellement démocratiser le pays.
Le rapport de la concertation nationale évoque d’autres tâches supplémentaires. Le point concernant « la mise en place d’un programme de restructuration de l’Administration et de la relance de l’économie » demande plus de temps pour sa mise en œuvre c’est pourquoi il serait sage de le réexaminer voire l’abandonner tout simplement car il s’agit là d’un programme «flou», sujet à de discussions interminables.
Ce type d’agenda doit normalement être dévolu aux partis politiques qui exposeront le moment venu le contenu de leurs programmes respectifs. N’oublions pas que l’objectif essentiel c’est de permettre une meilleure transparence du système électoral ainsi que le respect des engagements et principes démocratiques. L’essentiel pour le futur Gouvernement de Transition est de veiller à ce que ce respect s’impose à tous les partis politiques en compétition…
Les trois points susmentionnés ainsi que tous les garantis à apporter quant au respect scrupuleux de la nouvelle constitution issue de la Transition, permettent en fait de relativiser l’identité de celui ou celle qui va assurer la Présidence par Intérim. En effet, savoir aujourd’hui qui de M. Paul ou M. Pierre succèdera temporairement à Lansana Conté devient totalement secondaire…
Après la récente concertation nationale des forces vives, les discussions doivent être poursuivies avec tous les acteurs politiques sans exception.
Le nouveau défi est donc de réunir autour de la table non seulement les cadres du PUP avec les signataires du rapport mais aussi avec tous les autres partis politiques. Il est utile de rappeler ici que nos compatriotes qui s’opposent à ce que M Somparé succède à Lansana Conté ont tout simplement PEUR que le pouvoir ne soit indéfiniment confisqué par ceux qui ont plongé le pays dans la crise actuelle.
Pour vaincre cette PEUR légitime et compréhensible, il faudra non seulement discuter du pouvoir réel dont disposera le Président-Intérimaire mais aussi et surtout mettre sur la table des négociations toutes les idées et options sans retenue.
Un compromis doit être rapidement trouvé tout en prévoyant la création d’un organe indépendant chargé de veiller à l’application scrupuleuse de ce compromis.
Cet organe serait en quelque sorte l’embryon de la future Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Sa composition sera clairement indiquée de manière consensuelle…
Le Président de l’actuelle Assemblée Nationale doit comprendre que sans compromis, son ambition de succéder à Lansana Conté ne se fera pas dans le calme. Il doit aussi savoir qu’il a beaucoup à gagner en suggérant lui-même de nouvelles négociations car une éventuelle perturbation du processus de Transition risque fort de précipiter l’Armée dans l’arène. Et celle-ci ne se gênerait pas à rafler la mise sans que l’on ne sache pour combien d’années encore.
2- La deuxième possibilité serait de refuser catégoriquement à ce que soit appliquée la loi fondamentale-nouvelle-version. Dans ce cas de figure, tous les adeptes du changement doivent tirer ensemble les conséquences de ce refus.
- Le premier défi serait de faire accepter par le biais de la négociation le rapport issu de la Concertation Nationale à tous ceux qui n’y ont pas pris part tout en restant réceptif à de nouvelles propositions acceptables et en évitant de considérer ce rapport comme étant un document définitif.
- Une seconde étape serait la mobilisation générale de tous les adeptes du changement par le biais de l’organisation de mouvements de désobéissance civile comme ce qui se passe actuellement au Népal.
A ce niveau d’engagement, la formation d’un Gouvernement de Transition parallèle à celui actuel est tout à fait envisageable pour montrer une détermination sans faille face au PUP et amis.
C’est la solution la plus audacieuse car créer une situation ingouvernable entrainerait à coup sûr la prise du pouvoir par l’Armée. Reste à savoir quelle composante de celle-ci s’en sortira victorieuse…
Cette deuxième possibilité présente tout de même quelques inconnues de taille :
- Quelle frange de l’Armée prendra le pouvoir ?
- Va-t-elle s’emparer du pouvoir en restituant celui-ci tout de suite à des civils ?
- Une armée tribale qui a tant soutenu Lansana Conté va-t-elle devenir démocrate du jour au lendemain ?
La plupart de nos compatriotes fondent un espoir immense en les jeunes officiers de l’Armée guinéenne. Ces derniers seront-ils à la hauteur des nombreux défis à relever ?
Nul ne le sait !
VI- Ultime Etape : Faire des choix en se projetant vers l’avenir
La Guinée connaît une crise de régime, celle-ci est le fruit de mauvaises décisions prises au plus haut sommet de l’Etat.
La solution à cette crise est plus que jamais liée aux choix et décisions que nous serons emmenés à prendre dans les jours, semaines et mois à venir…
La passion doit être mise de côté pour laisser la place à un certain pragmatisme politique. Il faudra se parler les yeux dans les yeux, faire des propositions et des concessions pour le bien du pays. Mesurer les conséquences des décisions les unes après les autres, agir en conséquence sans se voiler la face car seule la négociation peut permettre d’arrondir les angles à condition bien entendu que chacun y mette du sien.
Nous suggérons dès à présent à tous ceux qui ont participé à la dernière consultation nationale de formuler une nouvelle demande de Pourparlers; cette demande sera adressée directement à l’Assemblée Nationale, à la Cour Suprême, à l’Armée, à la Présidence de la République et à tous ceux qui n’ont pas pu ou voulu participer à la dernière concertation nationale des forces vives de Guinée. Il s’agit de donner une ultime chance à la négociation tout en espérant que ces pourparlers permettront de mieux cerner l’étendue des divergences de vues et pourquoi pas trouver un compromis…
Si M Somparé et ses amis du PUP refusent de saisir cette n-ième main tendue, ils se seraient dos au mûr mis tous seuls…
Réitérer plus que jamais une nouvelle concertation nationale avec la participation cette fois-ci de tous et toutes. Si celle-ci est refusée, on n’aura plus d’autres choix que celui de la force.
La solution est donc parmi nous, il suffit de la chercher par la voie de la discussion constructive et la négociation pour qu'enfin chacun soit mis face ses responsabilités !
Par M Ly Elhadji Baila
Directeur Exécutif de wmw.nlsguinee.com
Membre fondateur de l’ANDD et de www.guinea-forum.org
Zurich, Suisse
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