Guinée : La jeunesse Guinéenne face à son destin !
samedi 22 avril 2006
A l’exemple de la majorité des pays du continent Africain, la Guinée compte une immense proportion de jeunes, environ 60%.
Cette jeunesse qui est sensée représenter un potentiel illimité pour le développement du pays est malheureusement abandonnée à elle-même, laissée à son triste sort. Sans repères et sans véritable idéal, cette jeunesse Guinéenne se laisse aller au désespoir.
Dans le développement d'un pays, la jeunesse peut s'affirmer comme une force incontournable. La première vérité à cela tient à son nombre ; la seconde à son dynamisme.
Depuis l’indépendance de la Guinée en 1958, les responsables guinéens n’ont cessé malhonnêtement de clamer que la jeunesse est la pépinière du pays, elle représente son avenir et l’avenir de cette jeunesse était son cheval de bataille donc son premier souci.
Mais qu'en est-il de la réalité ?
L’histoire nous a prouvé que l’avenir et le bien être de cette Jeunesse, sont la dernière priorité des hommes politiques de tout bord qui se sont relayés à la tête du pouvoir en Guinée, hommes politiques qui ont volontairement étranglé, asphyxié cette frange importante de la population dans le seul but de rendre cette jeunesse mentalement incompétente de choisir ce qui est meilleure pour elle.
Les responsables politiques du pays et cela depuis l’indépendance du pays, se sont tournés vers les jeunes seulement quand il s’agit de solliciter leurs suffrages, le temps d'une élection déjà truquée, avec des fausses promesses mégalomaniaques et, une fois que leur but est atteint, ils se détournent d'eux et les laissent se débattre au milieu du calvaire.
La preuve la plus évidente de l’insouciance des hommes politiques de la Guinée envers la jeunesse est le manque absolu d’attention portée aux problèmes d’éducation, de santé et surtout dans la création de l’emploi, laissant aujourd’hui la jeunesse abandonnée, solitaire à elle même, minée par le banditisme et la délinquance de toute sorte (prostitution, alcoolisme, gangstérisme et drogue).
Pourquoi cette insouciance ou cette négligence coupable envers la jeunesse qui est sûrement la pépinière et la relève de demain en Guinée ?
Certes, il y a en Guinée le ministère de la jeunesse et celui de l'éducation Nationale mais pourquoi faire si leurs créations ne se traduisent pas en actes concrets ?
Aujourd’hui, bien qu’il faut reconnaître que tout va mal en pire et cela dans tous les domaines de l’administration du pays, il est évident que le Ministère de la Jeunesse et le Ministère de l’Éducation, sont classés par les plus mauvais et les plus inefficaces et dérisoires parmi l’administration grippée et rouillée par 22 années d’immobilisme ponctué de tâtonnement et de hasard.
La responsabilité politique dans cette tragédie qui frappe de plein fouet la jeunesse guinéenne est bien établie du cote de l’administration. Mais la faute pointe aussi vers cette jeunesse qui par son inaction, son fatalisme, sa résignation devient actrice de sa propre destruction.
Il faut avoir le courage de souligner cette part de vérité, la jeunesse Guinéenne est aussi en partie responsable de sa décadence intellectuelle, morale, politique, sociale et économique. Il est clair comme l’eau de roche que les jeunes Guinéens eux-mêmes se sont longtemps montrés inconscients de leurs droits et de leur rôle dans cette société guinéenne.
Cette jeunesse compétente est demeurée spectatrice passive et somnolente devant les décisions qui engagent son avenir, sans jamais chercher à les modeler. Pourtant, elle dispose des possibilités pour convertir les tendances qui semblent l'entraîner vers des trajectoires périlleuses.
La Jeunesse Guinéenne peut-elle avoir le courage de prendre son destin entre ses mains en ce moment crucial et critique de son existence avant qu’il ne soit trop tard ?
Pourquoi ne voit-on pas la jeunesse Guinéenne dans les luttes politiques et économiques au plan national ?
La cacophonie, la pagaille, l’inertie et le chaos qui sont les caractéristiques de fonctionnement de l’administration actuelle, ne constituent –ils pas un appel au réveil de la jeunesse Guinéenne ?
N’est ce pas là une occasion solennelle pour la jeunesse de penser des hommes politiques neufs avec un nouveau projet de société que de se duper encore en prenant un autre regard erroné et la queue sur les mêmes hommes politiques qui ont pendant plus d’un demi-siècle saper son avenir ?
L’analyse de la situation politique, économique et sociale du pays, n’offre qu’une honte nationale. Après 22 années de pouvoir absolu du General Lansana Conte, le constat est très amer et difficile à digérer pour un Guinéen patriote.
Il faut dire que l’on a assez, trop c’est trop. Le Peuple de Guinée et sa jeunesse ne sont pas condamnés de vivre éternellement dans la pauvreté. Le pays a un besoin urgent de faire sur demi tour et réfuter cette pente dangereuse et suicidaire sur la quelle le pays est entrain d’être mortellement conduit.
Tous les Guinéens sont unanimes et diront que le dénominateur commun des problêmes qui rongent la Guinée, est bien Général Lansana Conte.
Le pays a surtout besoin du développement pour sortir de cette crise qui touche toutes les couches de la société Guinéenne plus particulièrement sa jeunesse qui doit prendre conscience de la situation difficile dans laquelle est y divague depuis deux décennies.
Vingt deux années de calvaire ne suffisent-elles pas pour réveiller la conscience ?
La misère qui se lit sur tous les visages des Guinéens est le palmarès de ce régime tribaliste et clanique. Le pays traverse une phase critique de son existence. Les services de sécurité oeuvrent dans l'illégalité absolue, commettant des meurtres, des tortures, des brutalités, des viols, des extorsions et autres abus tels les pillages, et les violations des droits à la vie et à la propriété privée des citoyens. Nombreux groupes militaires équipés d'armes sévissent sur les populations et extorquent leur argent, leurs biens et leurs ouvrages, et sont les artisans de graves abus des droits de l'homme qui demeurent impunis.
Le braconnage des ressources du pays, la destruction de notre écosystème, la corruption institutionnalisée, l’abandon de la jeunesse, le banditisme organisé sous le patronage des forces de sécurité, l’absence de transparence dans la gestion des affaires publiques, le clientélisme, l’impunité, le culte de la médiocrité, etc.…, sont autant de démons qui appellent à une prise de conscience de la part de la jeunesse.
Aujourd’hui la Guinée brille par une absence totale de bonne gouvernance aussi bien dans la gestion des ressources financières qu’humaines. Par conséquent, l’homme n’est pas au centre des préoccupations de ceux qui gouvernent le pays. La politique du régime du General Lansana Conte consiste à favoriser la médiocrité plutôt que de cultiver l’excellence.
Là où la lumière n’est plus, l’obscurité se répand. Là où la noblesse a disparu, le cynisme et la bassesse triomphent, et dans ce contexte comme c’est le cas en Guinée, le moteur de toute action politique ou de tout comportement n’est plus basé sur l’amour du pays ou sur la primauté de l’intérêt national mais plutôt fonde sur la cupidité et l’intérêt égoïste. En plus, la logique du profit prime celle de la raison et de la vertu.
Il faut que les Guinéennes et Guinéens sachent que le pouvoir qui a été conquis grâce au canon du fusil demeure et restera reste toujours un bourreau avec la machette à la main, fin prêt à découper le cou à tous ceux qui, soit par révolte, soit par curiosité, soit par civisme, veulent ôter le voile du sérail pour voir comment les voleurs de jour que sont ce régime clanique, les mafias qui gravitent autour et la famille du Président, s’y partagent le gâteau Guinéen.
Avec le record de 22 ans de règne, le General Lansana Conte, otage de sa propre famille otage et de clans militaro-affairistes, perd le contrôle de son pouvoir sur un bilan désastreux au détriment des hommes qui le supportent et qui conservent une plus grande arrogance méprisante à l'égard du peuple de Guinée, hurlant sa colère et sa misère face à un régime de terreur qui a entraîné toute une nation dans le mensonge, la répression, le crime organisé et une économie exsangue.
Aujourd’hui, la jeunesse Guinéenne doit être le propre boulanger de son sort pour qu’elle s’arroge ce droit de critiquer pour éviter d’être des perpétuels victimes. Et sans doute faut t-il admettre aujourd'hui que le comportement passif voir la résignation coupable de la Jeunesse Guinéenne portent une part non négligeable dans la cause de ce qu'on appelle le « mal de la Jeunesse Guinéenne ».
Le moment tant attendu est venu. Les Guinéens plus singulièrement la jeunesse, doivent lutter jusqu'aux derniers souffles pour faire accepter leur opinion. Cette jeunesse aujourd’hui abandonnée, peu instruite et muselée est capable de braver les montagnes pour se faire entendre par l'opinion internationale. Entant qu’avenir du pays, la jeunesse doit lutter pour que la Guinée retrouve son image d'un pays épanoui où la liberté règne en maître.
Il existe bel et bien des tels hommes au sein de la grande jeunesse Guinéenne, unie pour la même cause, éparpillée partout dans le monde, cette jeunesse instruite et consciente de la situation actuelle de sa chère et noble patrie, la Guinée, qui tombe dans l'abîme malgré son immense richesse minière, agropastorale.
La jeunesse Guinéenne consciente, responsable et instruite doit mobiliser toutes ses forces pour faire face à cette vie de misère où les jeunes vivent dans un dénuement total, dans une impécuniosité absolue, dépourvue des moyens les plus élémentaires : l'eau, l'électricité, l'épanouissement, le loisir et le droit à l’éducation. Il est temps que cette jeunesse fasse montre d'une intolérance face à cette ignominie.
Cette jeunesse Guinéenne responsable doit lutter pour en finir une bonne fois et pour toutes, avec l’arbitraire, le népotisme, les abus de pouvoir et la dictature rampante, empêcher à l'avenir toute dérive du pouvoir, éliminer toute possibilité de détourner des fonds publics, mettre fin au clanisme, au tribalisme et au confessionnalisme, supprimer la corruption, la prévarication et la concussion, et lutter contre la pauvreté, l’injustice et les inégalités.
La jeunesse guinéenne doit être plus que jamais prête à faire des sacrifices en vue de trouver des remèdes aux problèmes qui minent la société guinéenne et engager un vrai développement socio- économique. Cette jeunesse guinéenne est dans l'obligation de susciter des transformations socio-économiques irréversibles en s'engageant aux côtés du peuple, tout en prenant le devant de la scène.
Le développement a besoins des jeunes dynamiques, instruits, passionnés et conscients, des jeunes qui se battent pour un idéal commun : une Guinée unie, multiculturelle, tolérante et pour tous. La Guinée sans aucune exclusion appartient à tous les jeunes d'aujourd'hui de la bâtir. Ceux qui veulent bâtir la Guinée sur l’hégémonie d’une ethnie ou d’une région sont des analphabètes donc des dangers en puissance. Ils se trompent car le développement de la Guinée est non pas unipolaire, unidirectionnel mais multipolaire, multidirectionnel et surtout nécessite la contribution et l’appui de tous les citoyens.
Il est temps que la jeunesse Guinéenne fasse un sursaut d’orgueil et relève un tant soit peu la tête et s’implique physiquement dans le processus de développement du pays. Elle ne doit pas se laisser abattre par la vie, mais plutôt viser haut et avoir un sens élevé de patriotisme et avoir son mot à dire dans la gestion du pays. Elle ne faut se donner l’impression d’être dépassée par les évènements. La jeunesse doit arrêter de pleurnicher et regarder les choses en face.
La Guinée appelée « scandale géologique », dispose des grands moyens et d'une richesse inestimable. La jeunesse guinéenne doit lutter pour que cette richesse ne soit pas dilapidée par des éternels boulimiques et insatisfaits qui sont là uniquement pour assouvir leur plaisir.
La jeunesse doit saisir l’occasion en faisant preuve de responsabilité. Les jeunes ne doivent plus jamais craindre de mourir pour la liberté et le développement de cette patrie qui est en retard par rapport à leur temps. Elle ne doit plus accepter de croiser les bras et subir la honte et l'humiliation.
L'opinion internationale est à votre écoute alors vous devez braver la peur et dire non à cette palabre politicienne qui divise le pays et engloutit tout espoir pour la jeunesse.
La Guinée possède les moyens qui permettent d'acquérir des universités modernes, de bitumer les routes, de fournir l'eau et l'électricité à tous les guinéens et Guinéennes, de promouvoir un développement rural, de procurer aux familles un cadre de santé et d'éducation renommé et enfin de vivre paisiblement.
Alors pourquoi pas !
La balle se trouve dans le camp de cette jeunesse, pépinière du pays.
Mamadou Diallo
Membre Fondateur de l’ANDD
Administrateur de Guinea-Forum, partenaire de Nlsguinee.com
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