mercredi 16 mai 2012
Une investiture que l’on pourrait résumer en deux mots : sérieux et simplicité, ce 15 Mai 2012. Beaucoup de leçons pour nous guinéens chroniquement attachés à des méthodes d’une autre époque, en fait comme si notre schéma de pensées s’était figé en 1960, en pleine guerre froide sous le soleil de la langue de bois communiste.
Sérieux de l’homme François Hollande, qui remercie ses compatriotes de l’Hexagone et des Outre-mer et dont les premiers gestes, sous la pluie qu’il ne cherche pas à éviter, est d’aller se recueillir sur la tombe du soldat inconnu, puis de saluer les symboles de la matière grise de ce grand pays, comme pour dire à ceux qui ont accepté les intempéries pour l’attendre : nous sommes logés à la même enseigne, nous devons réussir ensemble. Un Président qui se mouille, littéralement.
Sérieux dans sa reconnaissance de l’apport des immigrés, dont la célèbre Marie Sklodowska Curie, femme et double Prix Nobel. Sérieux pour dénoncer les fautes de Jules Ferry, mais aussi reconnaissance de son apport inestimable à la création de cette école publique dont nous avons tous bénéficié.
Sérieux du Président dont le premier acte est de réduire les salaires de tous les membres du gouvernement de 30% et de n’accepter pour lui-même qu’une voiture que le français moyen peut s’offrir. Aucune berline de luxe blindée comme nos dictateurs en raffolent.
Simplicité, le cortège du Président élu qui respect de tous les feux rouges sur son chemin vers le Palais de l’Élysée, son salut fraternel à tous les passants qui le reconnaissent, vitre baissée.
Solennité sous les lambris du palais présidentiel, un instant où l’homme est seul devant le conseil constitutionnel, sans sa compagne et ses enfants. Rappel que le terme de « première dame » n’a aucune valeur officielle en République, cela nous est rappelé en direct par les journalistes, étant seulement une transposition de l’expression anglo-américaine « First Lady »
Quel téméraire « journaliste guinéen » aurait pu le dire sans se retrouver immédiatement aux « 40 escaliers » du Camp Alpha Yaya ou dans un autre centre de torture d’Alpha Condé ? Est-ce une raison de cirer les bottes de nos « pères de la nation » autoproclamés. Encore une expression que personne n’aura entendue. Ce genre de plaisanterie est à l’usage exclusif de la langue française à la mode guinéenne, reflet de l’infantilisme chronique dont nous n’arrivons pas à nous débarrasser.
Simplicité de sa visite d’État une fois confirmé par le conseil constitutionnel à la ville de Paris, reconnaissance de l’œuvre de ses prédécesseurs, de Droite ou de Gauche. Émotion palpable chez tous les invités et du maitre de cérémonie, Bertrand Delanoë, le Maire de Paris. Un discours ou tout le monde a droit à « Mesdames et messieurs », sans exception, mais sans plus. Y compris les ambassadeurs présents en grand nombre. Espérons que le nôtre, s’il était présent, aura appris quelque chose d’utile pour sa carrière, étant donné que ce genre de considération ne figurera pas dans son rapport aux autorités guinéennes. La légendaire bravoure de notre personnel consulaire est bien connue.
Simplicité aussi la nomination du Premier Ministre. Le porte-parole de l’Élysée annonce brièvement : « Le Président de la République a nommé Monsieur Ayrault Premier Ministre chargé de la formation du nouveau gouvernement ». C’est tout, c’est clair et largement suffisant.
Ici comme tout au long de toutes les cérémonies, personne n’a entendu Excellence, Honorable, Président de la République Chef de l’État commandant en chef des forces armées, le Professeur…etc.
Et pourtant, le nombre de super-diplômés au mètre carré devait avoir battu tous les records. Nous parlons ici de vrais diplômes.
Aucun titre ronflant, même pour le Président. Tout au plus, avant les quarante coups de canon : « Le Président de la République chef des armées ». C’est tout, amplement suffisant et autrement plus sérieux que ce à quoi les guinéens sont habitués. Des pouvoirs violents et incompétents, surtout le dernier, celui du dit « Professeur » Alpha Condé, abonné aux pires boucheries sur les guinéens, pratiquement exclusivement les peulhs.
Quand pourrons-nous dire sans peur l’équivalent de « Redressement de la France dans la justice » comme le déclare ce jour 16-05-2012 le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault ?
Compatriotes guinéens et africains, réveillez-vous !
Thierno A. DIALLO
Pour www.nlsguinee.com
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