lundi 23 avril 2012
Les femmes de l’opposition avaient voulaient innover ce jeudi. Elles ont prévu un autre gendre de manifestation. Cette autre n’est pas encore connue dans ce pays. Il s’agit d’un sit in. Elle, cette manifestation, consistait à aller s’assoir devant le siège de la commission électorale. Leur objectif était d’attirer l’attention des autorités et de la communauté internationale sur la nécessité de recomposer la commission électorale.
Les opposantes espéraient probablement ou sûrement que les forces de l’ordre s’abstiendraient de leur envoyer ce parfum conventionnel qu’on appelle gage lacrymogène. Mauvais calcul. Les gendarmes ne sont pas allés des mains mortes. Ils n’ont pas failli à leur habitude en pulvérisant les lieux et leurs hôtes pour la circonstance. Même ces curieux, ces empêcheurs de tourner en rond ont eu pour leur comte. Ces journalistes présents partout pour rendre compte de tout.
La réaction des gendarmes a été telle que les dames de l’opposition se sont demandées pourquoi le Ciel leur a donné deux pieds. Elles ont inhalé le gage avant de prendre la poudre d’escampette. Les riverains se sont retrouvés avec des hôtes qui étaient les moins attendues du monde.
Dans une société où les femmes sont sacrées, certains se sont indignés. En envoyant les femmes d’abord, l’opposition a voulu faire ce que dit le dicton : envoyer un petit doigt d’abord. S’il passe, envoyer tout le bras. S’il casse, le retirer avant de réfléchir à une nouvelle stratégie.
Finalement, c’est la deuxième hypothèse qui s’est produite. L’opposition a envoyé les femmes pour tester la réaction des autorités. Celles-ci leur ont annoncé les couleurs. Elles leur ont envoyé un message fort. Hommes ou femmes, opposant est égal à opposant. Aucune différence entre les deux.
En s’engageant activement dans le combat politique, les femmes dispersées ce jeudi ont apporté beaucoup d’eau au moulin à l’ONG REFAMP. Le réseau des femmes anciennes ministres et parlementaires qui sillonnent actuellement les sièges des partis politiques pour exiger l’équité entre les genres à l’occasion des prochaines législatives. Il leur était difficile de demander plus d’équité pendant que les femmes sont à la maison et que les hommes eux sont au four et au moulin.
En s’engageant sur le terrain et en faisant face aux forces de l’ordre, les femmes joignent l’acte à la parole. Elles envoient un message aux hommes. Elles réalisent que deux choses sont incompatibles.
D’un côté réclamer l’équité et la parité, de l’autre croiser les bras et attendre que le poste ministériel ou parlementaire les réveille dans leur lit. Les femmes sont donc sorties une nouvelle fois. Une nouvelle fois car un certain 28 septembre 2009 elles étaient aussi nombreuses au stade du même nom. Elles avaient payé un lourd tribut dans la répression.
Après la réaction musclée des autorités, les femmes sont plus que jamais à l’épreuve. Si elles rentrent dans les rangs et capitulent, le caractère dissuasif de la dispersion de la manifestation de ce jeudi aura atteint sont objectif. En revanche, si cette dispersion les galvanise, elles pourront prétendre à la parité et à l’équité tant réclamées. Désormais elles ont le choix entre les deux.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
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Pour www.nlsguinee.com
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