mercredi 14 mars 2012
L’événement a polarisé l’attention ce samedi. Cet événement est la démolition du pont aux doubles noms. On l’appelle le pont du 8 novembre ou encore le pont des pendus. La démolition de cet ouvrage a mobilisé du monde. En raison sans doute de son symbole. Le symbole d’où il tire son deuxième nom, le pont des pendus. En référence aux pendaisons qui ont eu lieu en cet endroit dans les années noires de la révolution. Mais cela est une autre histoire.
Nous nous intéressons aux ouvrages : à la fois à l’ancien et au nouveau. Si le pont du 8 novembre était au moment de sa construction une référence, aujourd’hui il ne répondait plus aux normes. Sa démolition était plus qu’une nécessité. Il appartient désormais à l’histoire. Contrairement à l’ancien, le nouveau, lui, n’a rien à envier aux ouvrages de ce genre.
Au rythme où vont les travaux de cette route Moussoudougou Tombo, les délais d’exécution de ces travaux pourraient être respectés. Mettant ainsi fin à plusieurs mois des embouteillages monstres. À un véritable calvaire pour se rendre à Kaloum. L’ouvrage permettra et facilitera la circulation entre la presqu’ile qu’on appelait hier Conakry et la banlieue.
En revanche, et c’est là où le bat blesse, les travaux de la route Matoto Dabompa avancent à grand pas tortue. Près d’un an après le lancement des travaux, ces derniers trainent. S’ils continuent au rythme auquel ils évoluent, il est fort probable voire sûr que les grandes pluies trouvent cette route dans l’état dans lequel elles l’avaient laissée en novembre dernier. Les riverains auront déchanté. Eux qui pensaient que leur calvaire n’était plus qu’un mauvais souvenir. Pour la sixième année consécutive ils risquent d’avoir les pieds dans la boue. Avec des taximètres qui ne jurent que par aller à Enta. Ils disent si je fais tel que j’aille à Enta, clament-ils.
Aujourd’hui les riverains commencent à s’interroger. S’agit-il pour eux d’une malédiction ?
Nous sommes à peu près à un mois du début de la saison des pluies. Alors que sur certaines parties de cette route, rien n’a encore été fait. Il y a qu’à voir le rond-point de Matoto pour savoir que l’entreprise chargée des travaux a encore du grain à moudre. Et dire que tout cela sera fait d’ici un mois, les riverains veulent bien croire au miracle. Car cela relèverait d’un miracle. D’une véritable gageure.
Autres problèmes, à observer de près la largeur de cette route, même Toto sait que dans quelques années on reviendra à la case départ. Cette route est indigne même d’une route de province. À plus forte raison de la capitale à l’heure de la mondialisation. Mais comme disent les Chinois, petit argent fait petit travail. Conakry et sa démographie galopante et son urbanisation exponentielle a besoin des routes plus grandes. Ce qui fait que même si le miracle venait à se produire d’ici le début de la saison des pluies, il va falloir revenir dans dix ans au plus tard.
La fin de ces travaux est un pari, un véritable défi pour le patron du département des travaux publics. Car si le citoyen lambda ne peut et ne sait pas évaluer ses autres collègues ministres, pour lui-même le dernier de ces citoyens peut évaluer sa performance. Pour ce citoyen c’est aussi simple que cela. Si les travaux sont finis, le ministre est bien. Si non lui et son patron à lui devront tirer toutes les leçons. Car cette épine dans le pied de tous les habitants de la capitale doit être extraite du pied. Autrement entre ancien et actuel ministre ce sera bonnet blanc et blanc bonnet.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
Les commentaires ci-dessous n'engagent que leurs auteurs, www.nlsguinee.com n'est pas responsable de leurs contenus.