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    Guinée : Séminaire gouvernemental ou procès d’une administration

    Sotelgui S.A

     mercredi 14 mars 2012   

    Après les 27, 28 et 29 février 2011 à Conakry, le gouvernement a organisé une retraite gouvernementale à Condéya dans la préfecture de Kindia le week-end. Loin de la capitale.

    Tous les membres du gouvernement se sont retrouvés à cet endroit où sur les cinq opérateurs de la téléphonie mobile, un seul fait signe d’existence. Cela a empêché les portables insupportables de perturber la retraite. Même si on a déploré le dysfonctionnement des climatiseurs. Leurs Excellences ont manqué de tout sauf de la chaleur.

    L’objectif de cette retraite était « la réforme de l’Etat et la modernisation de l’Administration ». Un programme ambitieux et pharaonique. Mais aussi un thème on ne peut plus pertinent au regard de l’état de l’administration actuelle. Durant cette retraite de deux jours beaucoup d’autres sujets ont été abordés. Sans tabou. Les participants ont mis à nu les tares de l’administration guinéenne. Une administration d’une autre époque.

    Cette administration qui souffre des maux comme entre autres la corruption, l’incurie, la vétusté des bâtiments de des matériels, le vieillissement du personnel, les conflits de compétences et de prérogatives, bref tout sauf ce qui peut faire fonctionner correctement une administration. Les intervenants ont dénoncé tous ces maux. Après avoir posé le diagnostic, ils ont préconisé le traitement. L’ordonnance n’a pas été rendue publique. Elle sera remise à qui de droit.

    Un traitement qui commence toutefois par régler l’épineux conflit de compétence entre les ministres d’Etat, les ministres tout court, les ministres délégués, les gouverneurs, préfets, maires, secrétaires généraux et autres directeurs. Rien qu’avec ces différences catégories de ministres le gouvernement s’est compliqué la situation. De l’avis de ces hauts d’en hauts, la pratique qui date du régime du président Conté qu’on appelle conflit de compétence a survécu comme beaucoup d’autres.

    Un ministre ou même un secrétaire général d’un département ministériel sait qu’il n’a jamais été choisi par le chef du gouvernement. Ce dernier ne peut jamais le démettre de ses fonctions. Il est évident dans ce cas qu’il ne lui obéira pas. Un grand et super ministre à la tête d’une coquille vide entouré par un ministre délégué, que dis-je surveillé par un ministre délégué, a les mains et pieds liés. C’est donc à jute titre et en connaissance de cause que les ministres ont déploré ce qu’ils appellent le conflit de compétence. Ils sont à la fois les acteurs et les victimes.

    Les autres maux n’ont pas été occultés. Mais contrairement au séminaire de 2011, qui avait publié un plan d’action, cette fois il n’y pas eu de plan d’action. En 2011 le plan d’action avait été largement diffusé. Il y a un an tous les ministres avaient déposé les leurs. Un plan d’action qui indiquait entre autres, l’action à mener, celui qui doit la mener, les délais pour la mener et la personne qui doit contrôler sa mise en œuvre effective. C’est donc sur la base de ce plan d’action que les ministres devaient être évalués.

    Ceux d’entre eux qui ont atteint les objectifs à eux assignés devaient être félicités et maintenus à leur poste. Par contre, ceux qui n’auraient pas atteint ces objectifs devaient à leur tour être remerciés. En termes clairs, ils devaient grossir le nombre de chômeurs du pays.

    Apparemment le couple Condé Fofana s’est rendu compte que les résultats sont si maigres que renvoyer tous ceux qui ont fait preuve de contreperformance reviendrait à renvoyer tout le monde ou quasiment. Si on était en justice on aurait parlé de sursis. Sans doute un dernier avertissement pour les ministres.

    Car il faudrait désormais que la méritocratie promise par le professeur soit le seul et l’unique critère pour la promotion des hauts perchés.

    Le changement passe irrémédiablement par la sanction positive ou négative. Autrement dit la rupture totale et radicale avec le passé qui, pendant des années, a récompensé ceux qui savent faire les éloges du chef.

    Habib Yembering Diallo
    Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
    Contact : habibyambering@yahoo.fr
    Tel: (+224) 62 29 11 95
    Pour www.nlsguinee.com

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