mercredi 14 mars 2012
Washington - De tout temps, les Ghanéens n'ayant d'autre choix que de boire de l'eau stagnante ont couru le risque de souffrir de dracunculose, également connue sous le nom de maladie du ver de Guinée. Causée par un nématode, cette maladie parasitaire entraîne une infection douloureuse qui s'accompagne de fièvre et d'un œdème au niveau duquel le ver perce la peau pour quitter l'hôte contaminé un an plus tôt, laissant les patients affaiblis et incapables de s'acquitter de leurs tâches quotidiennes.
La Société du compte du millénaire (U.S. Millenium Challenge Corporation, MCC) œuvre pour assurer l'éradication permanente du ver de Guinée dans le nord du Ghana par le biais du contrat d'aide de 547 millions de dollars qu'elle a accordé à ce pays. Dans ce cadre, la MCC a déployé des efforts de sensibilisation à la maladie, fourni des programmes de formation aux agents des services de l'eau et de l'assainissement et élargi l'accès à l'eau potable dans les zones rurales, a indiqué le 5 mars cette entité du gouvernement fédéral. La dracunculose est en grande partie éradiquée dans les autres régions du Ghana.
Les douleurs causées par le ver de Guinée empêchent les Ghanéens du nord du pays d'aller à l'école, de s'occuper de leur bétail ou de leurs champs pendant des semaines, voire de façon permanente. La maladie fait que les enfants prennent du retard dans leurs études et les adultes perdent leur emploi. Ses conséquences sur les familles et les communautés qui dépendent de l'agriculture sont dévastatrices, notamment à la saison des récoltes.
Les projets d'eau mis en œuvre par la MCC devraient bénéficier à plus de 131.000 personnes sur 20 ans dans le nord du Ghana. Les investissements faits par la MCC dans la lutte contre le ver de Guinée viennent s'ajouter aux efforts du Centre Carter, de l'UNICEF, de l'Organisation mondiale de la santé et du ministère ghanéen de la santé.
Les efforts d'éradication du ver de Guinée entrent dans le cadre du projet d'extension Tamale que la MCC a financé à hauteur de 6 millions de dollars pour distribuer de l'eau potable à 18 communautés de la zone métropolitaine de Tamale, et dans les districts de Savelugu-Nanton et de Tolon-Kumbungu où cette maladie sévit depuis longtemps.
La zone couverte par ce projet comprend aussi Chanzeini, un village dans le district de Tamale dont les résidents n'avaient jamais eu accès à de l'eau potable. Pendant des années, les femmes et les enfants ont dû traverser une route nationale pour atteindre un bassin dans lequel ils pataugeaient pieds nus pour remplir leurs seaux d'eau sale souvent à côté de bestiaux et ils couraient le risque d'être infectés par le ver de Guinée.
Grâce aux investissements de la MCC, Chanzeini et d'autres communautés semblables ont aujourd'hui une fontaine qui offre aux résidents de l'eau potable salubre. Débarrassés de la corvée quotidienne d'aller chercher de l'eau à une grande distance, les habitants ont plus de temps pour le travail et les études. N'étant plus obligés de boire de l'eau insalubre, ils se retrouvent en meilleure santé. Et dans le cas de Chanzeini, les enfants ne courent plus le danger de se faire renverser par une voiture en traversant la route principale pour aller chercher de l'eau.
En tout, le contrat de la MCC a assuré le financement de l'installation de 75 nouveaux points d'accès à de l'eau potable dans le nord du Ghana, y compris à Chanzeini.
Le projet d'extension Tamale (Tamale Water Extension Project, TWEP) assure l'approvisionnement en eau à une zone où sévit le ver de Guinée mais aussi où les résidents ont traditionnellement formé des organisations agricoles locales. La MCC a collaboré avec le Centre Carter et d'autres entités pour fournir et gérer des centres locaux, notamment en construisant 10,6 kilomètres de conduites d'eau et en installant ou réparant 55 fontaines publiques dont se servent sept communautés.
Le dernier cas de dracunculose signalé au Ghana remonte à mai 2010. Quatorze mois plus tard, le vice-président ghanéen John Maham a déclaré que la transmission du ver avait cessé. L'Organisation mondiale de la santé surveillera la situation au Ghana jusqu'en 2013 avant d'accorder sa certification définitive d'éradication.
On espère que dans une génération ou deux, le spectre du ver de Guinée ne sera plus qu'un lointain souvenir au Ghana.
Transmis par America.gov
Pour www.nlsguinee.com
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