Guinée : Un plan de protection pour la Biodiversité de Boké
23 juin 2005

L’ONG Conservation Internationale, en partenariat avec le Guinée-Ecologie et sous la supervision des compagnies minières Alcoa-Alcan, organisent, du 22 au 23 juin, un atelier national à Conakry.
La rencontre vise à élaborer un plan d’action pour assurer la conservation de la biodiversité dans la préfecture de Boké. L’atelier a regroupé différents partenaires intervenant dans le domaine de la protection de l’environnement en Guinée, ainsi que des représentants des certaines CRD de Boké. La journée du 22 juin a été marquée par les discours d’ouverture, la présentation des différents projets de protection de l’environnement évoluant à Boké, la projection d’un rapport sur les espèces de la zone et l’analyse des acteurs.
Pour M. Ibrahima Danso, directeur délégué de Alcoa-Guinée, « Alcoa et Alcan soutiennent les efforts de Conservation Internationale et Guinée-Ecologie dans cette activité, dans le but de mieux comprendre l’environnement de la préfecture de Boké où nous envisageons d’installer une raffinerie d’alumine dont la production sera de 1 ;5 millions de tonnes par année ».En travaillant avec ses organisations, Alcoa et Alcan espèrent minimiser ainsi les impacts de la raffinerie sur l’environnement tout en contribuant au développement durable de la région.
A noter qu’avant la tenue de cet atelier, Conservation Internationale et Guinée-Ecologie avaient procédé à une évaluation de la biodiversité de la région de Boké de même, Alcoa et Alcan avaient procédé à une évaluation en matière de développement durable. Les études avaient porté notamment sur le contexte socio-économique et les répercussions que les opérations d’Alcoa et Alcan pourraient avoir sur les communautés environnantes. Ces études ont été concentrées sur les régions du Rio Kapatchez, de Kamsar et de Sangarédi.
Pour Mme Jessica Donovan, directrice du programme pour l’Afrique de l’Ouest de Conservation Internationale, impliquer le secteur dans notre mission de protéger la biodiversité globale augure des bons lendemains. Dans son discours d’ouverture, Mme Kadiatou Ndiaye, secrétaire générale du Ministère de l’Environnement, a noté que les participants à cet atelier devraient répondre à des questions suivantes: '' quelles actions entreprendre pour parvenir à la protection des milieux naturels encore viables? Comment restaurer les sols et autres écosystèmes dégradés en vue de redonner à la diversité biologique de la préfecture de Boké des chances d’une survie perenne ? ''
Après ces discours, l’équipe scientifique qui a procédé, grâce au financement d’Alcoa et Alcan, à une étude biologique de la flore et de la faune de plusieurs sites de Boké, a présenté aux participants les résultats de ces travaux. Il ressort de leurs recherches que la biodiversité de Boké recèle plusieurs espèces importantes, notamment une espèce de crabes très rare, qui n’a été découvert dans aucun autre site dans le monde. De nombreuses autres espèces en voie de disparition et d’autres jamais répertoriées en Guinée ont été identifiées par les chercheurs. Les recherches ont porté sur les plantes, les crustacés, les insectes, les amphibiens, les reptiles, les grands mammifères, etc.
L’équipe a constaté que les attaques contre la biodiversité sont dues à la forte pression de l’agriculture sur brûlis, la consommation de la viande de brousse, la pression sur l’écosystème à travers les pratiques agricoles, les plantations d’acajou, la chasse et la collecte du bois de chauffe. D’où le recommandation du maintien et de la restauration du milieu naturel pour préserver la biodiversité, la protection de la mangrove pour le maintien du milieu pour les oiseaux et les primats. Autant des constats qui permettront aux participants d’élaborer un bon plan d’action pour la préservation de la biodiversité de Boké.
B. Boubekr
Source : JMJNewsroom/Guinée actualités
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