mercredi 15 février 2012
Une partie des anciens alliés a demandé à la population d’observer une journée ville morte sur l’ensemble du territoire. Par cet appel elle entend protester contre l’attitude et le comportement de leur ancien allié. Lequel a souffert plus que n’importe quel autre d’entre eux de ce qu’ils dénoncent aujourd’hui.
C’était une journée test. A la fois pour l’opposition et pour le pouvoir. La première pour savoir si ses militants obéissent à son mot d’ordre. Et le second pour savoir si un peu plus d’un an après son arrivée aux affaires, il commence à souffrir d’une certaine usure de pouvoir. Apparemment les deux camps ont fait un match nul.
Avec d’un côté le commerce et le transport partiellement paralysés. Et de l’autre une administration qui fonctionne quasiment comme d’habitude. Une certaine logique a donc été respectée. Des commerçants obéissant à l’opposition ou plutôt craignant pour leurs biens. Et des automobilistes qui, pour rien au monde ne veulent se livrer à l’Intifada à la guinéenne.
On se demandait si l’appel de l’opposition serait entendu par le commerce et le transport. En revanche c’était connu que l’administration n’obéirait jamais à l’opposition. A l’exception de ceux qui n’ont pu faire le déplacement en raison de la paralysie de la circulation, les fonctionnaires ont obéi à la mère nourricière. Cette vache laitière qui leur procure le peu de lait qu’ils ont, ne tolérerait jamais leur moindre défi.
Ce lundi donc la capitale guinéenne était tout sauf une ville morte. Mais aussi elle n’était pas une ville vivante. Elle était plutôt moribonde. Rappelant les habitants de la capitale une période récente et douloureuse que l’on croyait révolue à jamais. Les nouveaux pouvoirs bénéficiant de l’état de grâce pendant les premiers mois voire les premières années de leur arrivée aux affaires.
Le départ des bottes au palais et l’installation du consume et de la cravate étaient censés changer la donne. Mais on déchante. Avec notamment les différents troubles sociaux qui se sont succédés depuis cette installation. On se rend compte que la Guinée n’a toujours pas pu exorciser ses démons. Lesquels nous guettent en permanence.
Au terme de la journée ville morte le pouvoir et l’opposition vont certainement se livrer une véritable bataille de communication. Chacun revendiquant une victoire éclatante contre l’autre. L’opposition pour laquelle l’opération aura été un succès total. Et le pouvoir qui, caméras de la télévison à l’appui et au secours, va monter les endroits les plus embouteillés de la ville pour étayer son argument. La pratique est bien connue. Ici et ailleurs. Dans toutes les guerres, qu’elles soient armées ou non, on assiste à une bataille de chiffres.
Les Guinéens sont excédés de tourner en rond. Ils souhaitent que le dialogue politique actuellement en cours aboutisse enfin à l’élection d’un parlement reflétant la volonté de la majorité. Pour que le seul combat à mener soit désormais celui du développement.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
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Pour www.nlsguinee.com
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