vendredi 10 février 2012
La carte d’identité fait polémique. Il ne s’agit pas de ce roman ivoirien. Il s’agit cette fois d’une carte d’identité guinéenne. Oui la carte d’identité est l’invitée surprise au dialogue national. Elle était la moins attendue. Et pourtant elle est là, présente. Non seulement présente, mais elle monopolise les débats.
Cette polémique sur la carte d’identité constitue une illustration : celle d’une crise de confiance totale entre la classe politique guinéenne.
De quoi il s’agit au juste ?
Pendant plusieurs mois la polémique a fait rage sur la reprise ou non du recensement. Le pouvoir y tenait. L’opposition ne voulait pas en entendre parler. Finalement la seconde semble avoir pris le dessus. Le gouvernement faisant machine arrière.
Malgré tout, l’opposition le soupçonne de vouloir faire indirectement ce qu’il n’a pu faire directement. La raison est la proposition du gouvernement de doter les citoyens de cartes d’identités biométriques en même temps que la révision des listes électorales. Le gouvernement et ses partisans estiment qu’ils font un coup double, pour que le Guinéen ait enfin une carte d’identité nationale biométrique et de surcroit sans mettre la main à la poche.
L’opposition répond qu’il faut rendre à César ce qui appartient à César. Pour elle, les commissions administratives chargées de la révision des listes électorales ne sauraient être des commissariats de police pour délivrer des cartes d’identités. Le pouvoir rétorque que les agents chargés de cette mission feront parallèlement ce travail. C’est vrai qu’entre la carte d’identité et la carte d’électeur c’est un peu entre la poule et l’œuf. Il faut une carte d’identité pour avoir une carte d’électeur. Et vis-versa.
Cette polémique est la finale avant l’aller. Quand on sait que le sujet brûlant reste celui de la CENI. En réservant les questions les plus épineuses à la fin, les dialogueurs risquent de nous faire ce que les négociateurs de la grève de janvier et février 2007 nous avaient fait. La crise avait tellement perduré que toutes les parties se hâtaient qu’elle prenne fin. Ils ont signé des accords irréalistes. Mais ça c’est une autre histoire.
Ainsi, si les dialogueurs du palais s’épuisent et épuisent leurs cartouches dans des détails, il est fort à craindre que finalement tout le monde se hâte à signer n’importe quoi. Or, c’est l’avenir de la Guinée qui se joue là. La classe politique guinéenne nous offre un spectacle digne d’associations de quartiers. Avec des alliances se font et défont tous les jours.
Parfois des alliances contre nature et dignes d’associations villageoises. Tous jurent par la démocratie, le développement et le progrès. Mais les résultats de ce dialogue édifieront les Guinéens sur les intentions des uns et des autres.
Il faut donc revenir à des choses plus sérieuses, plus concrètes et plus défendables aux yeux des Guinéens et des partenaires de la Guinée. Heureusement que les dialogueurs sont tombés d’accord sur un point essentiel : celui de n’avoir la référence des références, le bréviaire de leurs travaux que les seuls testes légaux et réglementaires de la République. Il faut donc arrêter la polémique pour appliquer ces textes et rien que ces textes afin qu’on évolue.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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