mercredi 01 février 2012
Il a fallu du temps, de pression, de persévérance et de détermination pour aboutir finalement à un accord. D’un accord avant les véritables accords. Vous avez compris de quoi il s’agit. Le dialogue politique. Pour en arriver là il y a eu des tractations et des pressions. Et chaque partie a eu pour son compte.
Finalement les différents protagonistes ont lâché du lest. Chacun a fait des concessions pour que le dialogue politique reprenne avec la participation de l’ensemble des sensibilités politiques du pays.
Finalement donc, les différentes parties sont tombées d’accord sur la forme, c’est-à-dire les participants au dialogue. Ou plus exactement leur nombre. Le principal facilitateur a indiqué qu’avec 164 partis politiques légalisés, si chacun devait envoyer un représentant, ce serait non pas un dialogue mais une pagaille.
D’où l’accord sur 42 participants à ce dialogue, soit 14 pour chaque groupe. Ces participants seront repartis en trois : la mouvance présidentielle, l’opposition et le centre. C’est-à-dire ceux qui pour une raison ou une autre pourraient basculer dans un camp ou dans un autre.
42 personnes désignées par leurs partis et approuvées par leurs pairs devront passer au peigne fin l’ensemble des questions et des préoccupations de la classe politique.
Cet accord est censé permettre à la Guinée d’arrêter de tourner en rond. D’aboutir à un accord consensuel pour organiser les élections législatives. Pour en arriver là, les uns et les autres ont mis en application le conseil cher au capitaine qui a mené le navire Guinée pour toute l’année 2009 : mettre de l’eau dans leur vin. Cependant, le plus dur est à venir. Trouver 42 représentants pour 164 partis politiques, le choix suscitera certainement des grincements de dents.
Si le problème se pose moins au sein du collectif et de l’ADP où les positions à défendre sont claires, en revanche, il se poserait chez les autres. Il existe une crise de confiance au sein de la classe politique guinéenne. Dans le camp de ceux qui défendent la position du gouvernement chacun voudra s’exprimer pour se faire une place au soleil. Bref, le tri risque d’être long, tumultueux voire fâcheux.
Après la désignation et la validation des différentes listes, les choses sérieuses devront commencer. Des négociations lors desquelles chaque camp essayera de tirer la couverture de son côté.
Les questions sensibles seront posées sur la table. Des questions comme celle qui pourrait sceller le sort de l’actuelle CENI, l’annulation de certains contrats de gré à gré ou encore l’accès et le contrôle du fichier électoral. Sans compter le rétablissement des élus balayés par le nouveau pouvoir. Lesquels élus, eux, contrairement à ceux défendent leur cause aujourd’hui, étaient venus en 2009 au palais du peuple soutenir une cause qui était loin celle des leurs. Mais en politique tout est possible.
L’enjeu des négociations qui devraient enfin démarrer ce mercredi est l’obtention d’une majorité à l’assemblée nationale. En tant qu’homme politique parmi les plus anciens de ce pays, Alpha Condé ne souhaite pour rien au monde subir une cohabitation à la guinéenne. Pour sa part, l’opposition connaissant l’interlocuteur d’en face et surtout connaissant les mentalités et les convictions dans ce pays, considère une majorité présidentielle et parlementaire RPG comme le pire des scénarios. Du coup, les deux camps mettront tout leur poids dans la balance pour ce rendez-vous crucial.
Pourvu que le seul vainqueur de ce duel sans merci soit le peuple de Guinée et sa démocratie naissante.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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