jeudi 19 janvier 2012
A entendre le discours politique, on a l’impression qu’il n’y a que deux tendances politiques en Guinée : d’un côté le parti au pouvoir et tous ceux qui se fondent et se confondent avec lui et de l’autre tous les autres partis. Il n’existe pas de différence entre d’une part le discours de l’alliance pour la finalisation de la transition et l’ADP et d’autre part avec celui du FDP.
Certains partis ont accepté de fusionner avec le RPG pour devenir RPG arc-en-ciel. D’autres préfèrent jauger leur popularité et préserver leur indépendance tout en restant dans la mouvance présidentielle.
En revanche d’autres encore ne veulent appartenir ni à la mouvance ni à l’opposition radicale. Cette tendance ne fait aucun cadeau à l’un et à l’autre. Ce sont les centristes.
Ces derniers prennent part au dialogue politique. Mais ils sont dans une position peu confortable. L’autre opposition les soupçonne de rouler pour le pouvoir. Ce dernier pense lui aussi que certains d’entre eux jouent le jeu de l’opposition.
Dans le dialogue politique ils font ce qu’on appelle dans le journalisme le plagiat. En effet, ils ont repris intégralement les revendications de l’alliance et de l’ADP. Ces deux groupes sont absents du dialogue, mais leurs préoccupations sont prises en comptes à la fois par leurs collègues mais aussi par le comité de facilitation.
Cette situation est inédite. Elle met l’opposition dite radicale dans une position très difficile. La position quelque peu radicale de certains participants au dialogue et la prise en compte de la quasi-totalité de leurs revendications pourraient mettre à l’épreuve l’union sacrée entre l’alliance et l’ADP. En public ou en privé, certains souhaiteraient prendre part au dialogue parce que se reconnaissant dans les discussions.
Une telle hypothèse fragiliserait l’opposition qui affiche jusqu’ici un point de vue commun insoupçonné. D’où la nécessité pour les deux blocs de saisir la perche qui leur est tendue avant que le trop tard ne joue contre eux. Et avant qu’ils ne regrettent d’avoir adoptée une attitude de fermeté que le pouvoir parvient à déjouer.
Si tel était le cas demain, les détracteurs de cette opposition verraient un faux pas de plus. Le premier faux pas étant aux yeux de ceux qui condamnent l’attitude de cette opposition de n’avoir pas saisi l’occasion le 26 septembre 2011 ; alors que le pouvoir était dans une position de faiblesse, alors qu’il avait tremblé de toutes ses forces pour convoquer une réunion d’urgence, l’opposition a maintenu sa position et sa marche. La suite on la connaît.
Dès lors il est peut être temps que l’opposition se souvienne de ce proverbe de chez nous qui dit « si vous pourchassez celui qui a peur, vous attraperez celui qui n’a plus froid aux yeux. D’où la nécessité pour elle de donner une porte de sortie honorable à la fois au pouvoir et au comité de facilitation.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
Contact : habibyambering@yahoo.fr
Tel: (+224) 62 29 11 95
Pour www.nlsguinee.com
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