samedi 24 décembre 2011
Je rêve pour mon pays d'une émergence, celle d'une presse qui sait faire son travail. C'est-à-dire d'abord et avant tout des personnes formées pour ce métier, qu'il ne faut pas confondre avec le droit d'expression que nous offre ce jour Internet avec des blogs grâce auxquels cependant la parole est devenue plurielle malgré nos dictatures. Sachant que peu d'entre nous qui ont accès à ce médium.
Des journalistes radicalement différents des piètres et pleutres qui défilent à la RTG ou dont les plumes sont aussi versatiles que les changements à la tête de ce qui nous tient lieu d'Etat et de ses différents chefs, tous bombardés pères de la nation.
Arte, la chaine culturelle franco-allemande diffuse en ce moment un documentaire intitulé "Looking for Sarkozy".
Belle leçon de presse indépendante, qui n'a rigoureusement rien à voir avec celle qui se proclame l'amie de longue date du président, à l’instar de monsieur Soudan de "Jeune Afrique" et ses semblables, tombés en pamoison devant le "Professeur PD élu". Ce média a fait cependant amende honorable par la suite, avec un utile conseil au président: ne pas se prendre pour Dieu le père au bout de ses innombrables téléphones. Un peu tard apparemment.
En donnant ainsi raison à celui qui avait constaté que l'opposant historique avait rapidement viré, malheureusement pas sa cuti mais ses principes proclamés, pour devenir un autre dictateur hystérique de notre pauvre pays. Aurait-il chaussé des bottes de sept lieues qu'il n'irait pas plus vite en besogne.
C'est aussi une leçon, malheureusement inutile pour nos compatriotes guinéens, particulièrement aux journalistes de la RTG, pour quelques journaux vrais "papiers-chiffon", des titres de la presse en ligne qui, au lieu de se trouver face au pouvoir, se coincent au chaud tout contre le pouvoir du jour et le mur de la honte.
Quand apprendront-ils, tous, à dire simplement "Alpha Condé" sans coller une ribambelle de titres bidon et autres fausses qualités, bref à se comporter comme partout ailleurs dans le monde moderne où l'on parle des puissants sans obligatoirement s'aplatir: Sarkozy, Merkel, Obama, etc.?
Quand comprendront-ils que l'avalanche de titres ne fait pas, ne force pas le respect?
D'autres, de notre presse papier audio ou en ligne sur le net, apparemment très courageux ou supposés tels par le boucan qu'ils font, dénoncent à l'emporte-pièce mais signent rarement de leurs noms, se contentant à la place de termes vagues tels "La Rédaction", de pseudonymes ou carrément un faux nom, souvent le même, à répétition. Une autre tare bien guinéenne.
Mais leurs textes les trahissent très facilement. Certains de nos concitoyens se sont ainsi hissés au niveau de Myke Tyson de… la fausseté.
Espérons que la nouvelle année leur apporte enfin un peu de dignité, avec une presse qui sache jouer son rôle et tenir sa place dans un pays moderne, ce qui est autre chose qu'une grossière imitation imposée sous le règne de Sékou Touré et venant prétendument des griots des rois de nos traditions. Le film social guinéen "Tu es faux, moi non plus", bientôt le clap de fin? Nous avons tous le droit de rêver.
Bonne fête de Noël, bonne année 2012.
Thierno A Diallo
www.guineelibre.com
Pour www.nlsguinee.com
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