Afrique : Le racisme anti-noir se généralise dans les pays du Nord. L’Afrique doit fermement réagir
vendredi 14 avril 2006
Le vendredi 07 avril 2006, un étudiant sénégalais fut assassiné à Saint-Pétersbourg anciennement Leningrad (Russie) par des skinheads racistes et xénophobes.
La restauration du Capitalisme en Russie rime avec la recrudescence du racisme anti-noir. Ce phénomène naguère inexistant sous le régime communiste de l'Ex-Urss où l'internationalisme prolétarien est solidement ancré dans les cultures et mentalités, tend hélas à se banaliser, voire promu avec la bénédiction de nouveaux capitalistes de la nomenklatura russe.
Les groupuscules d'extrêmes droites et parfois des citoyens ordinaires en Russie comme dans le reste des pays développés d'Europe de l’Ouest et des USA sont saisis d'une soudaine hystérie collective du racisme anti-étranger notamment anti-noir.
La chasse à l’électorat s’accommode avec l’abject. En effet, certaines personnalités politiques vendent leurs âmes aux démons du racisme, de la démagogie et de la xénophobie.
Quelles alternatives pour les Peuples africains face à ce racisme anti-noir endémique?
Pourquoi le racisme anti-noir dans les Ex-pays communistes d’Europe de l’Est?
L’assassinat pour délit de faciès, vendredi 07 avril d’un étudiant sénégalais à Saint-Pétersbourg anciennement Leningrad (Russie) par des skinheads racistes et xénophobes, est le dernier d’une longue série contre les Africains de Russie sans distinction de statut. L’idéologie nazie qui se développe au sein d’une frange importante de la jeunesse de ce pays et les agressions qui l’accompagnent singulièrement contre les Noirs mais aussi les Caucasiens, ne doivent pas laisser les pays africains (voir réaction gouvernement sénégalais en page 3) et l’Union Africaine(UA) indifférents.
Une protestation vigoureuse auprès des autorités russes est nécessaire car il y va de la sécurité des ressortissants africains dans un pays dont l’ouverture brutale au reste monde, après 70 ans de bolchevisme liberticide, a laissé éclater toutes les frustrations, les peurs et les réflexes d’autoprotection.
En Russie capitaliste et dans les autres pays européens, les actes racistes et discriminations en pleine recrudescence principalement contre la communauté noire sont banalisés.
Ce phénomène est lié à la montée en force de la mondialisation néo-libérale qui s'accompagne d'une crise économique généralisée : Le nombre de chômeurs est parfois supérieur à 10% de la population active dans certains pays du Nord selon les données du Bureau International du Travail(BIT).
La paupérisation des populations se massifie avec les fermetures en cascades des entreprises dans les pays capitalistes développés.
Au lieu de s'en prendre au système capitaliste générateur de cette crise de chômage, les victimes trouvent le coupable, un bouc émissaire tout indiqué, l'étranger immigré ou le noir. Ce sentiment est d'autant plus renforcé par certains programmes politiques et propos odieux des personnalités politiques foncièrement racistes anti-noirs qui font de la stigmatisation de l’immigré ou de l’étranger leur stratégie de campagne électorale.
Les rapports des groupes de défense des droits de l'Homme en Russie mentionnent que le racisme et la xénophobie progressent de manière alarmante en Russie car les problèmes sont liés selon eux aux difficultés économiques et à l'incapacité des gouvernements à présenter un plan pour réduire les tensions ethniques.
Selon une étude menée par le Bureau de Moscou des droits de l'Homme, 10 personnes ont été tuées et deux cents autres ont fait l'objet d'actes xénophobes au cours du premier semestre 2005.Le nombre d'attaques mortelles est près de trois fois plus élevé qu’en 2004, selon l'enquête financée par l'Union européenne.
Les auteurs de l'étude estiment également que plus de 50.000 skinheads vivent en Russie, un nombre plus de cinq fois supérieur à celui estimé par les responsables de l'ordre public.
D'après un sondage national, 58% des personnes interrogées soutiennent pleinement ou en partie le concept «la Russie pour les Russes»,contre 53% selon une enquête similaire réalisée en 2004.
Les sentiments extrémistes croissants sont enracinés dans les problèmes économiques du pays et dans l'effondrement de l'URSS, qui a conduit des milliers d'habitants d'anciennes républiques soviétiques en proie à la pauvreté à gagner la Russie en quête d'emploi.
La Russie comme tous les pays de l’ex-URSS n’a pas une histoire de peuplement noir. Mis à part Hannibal Abraham, arrière-grand-père du célèbre poète russe Alexandre Pouchkine, qui est venu en Russie vendu et fut offert en cadeau à l’Empereur Pierre Le Grand. Au demeurant rappelons qu’Alexandre Pouchkine, ce poète noir fut l’un des grands écrivains et l’un des pères de la littérature moderne en Russie. Les noirs ont commencé à peupler la Russie vers la fin de la deuxième guerre mondiale.
Dans le cadre de la solidarité avec les peuples opprimés et au nom de l’internationalisme prolétarien, l’Ex-URSS et les pays du camp communiste ont offert des milliers bourses d’études aux africains au titre de la coopération culturelle, scientifique et technique. Cette aide était aussi militaire car les mouvements de libération africains (MPLA, ANC, FNL, PAIGC, FRELIMO,…) et d’autres mouvements progressistes d’indépendance du pré-carré tels que le RDA affiliés au PCF pro-soviétique…)étaient aux bons soins de ces Ex-pays communistes sans lesquels le continent croupirait encore sous la férule sanguinaire des colonisateurs comme au début du 20ème siècle.
Avec la chute du communisme et la restauration du capitalisme depuis la chute du mur de Berlin en 1989 dans les Ex-pays communistes : URSS, Europe centrale et orientale, on assiste à une inflation des manifestations du nationalisme, d’extrémisme. Des mouvements nationalistes et extrémistes se sont organisés en Russie. Ils agressent les populations non russes de l’Ex-Urss et les étrangers.
En Russie, les agressions racistes visent souvent des étudiants africains ou asiatiques, ainsi que des Caucasiens (les Caucasiens ne sont pas considérés comme des Blancs en Russie) et des ressortissants des ex-républiques soviétiques d’Asie centrale. Le plus souvent, les forces de l’ordre russes préfèrent utiliser le terme de «hooliganisme» pour appeler les attaques qu’elles hésitent à qualifier de «racistes».
D’après Amnesty International, plusieurs dizaines d’Africains et d’Asiatiques vivant en Russie ont été la cible de groupes néo-nazis, de plus en plus populaires auprès de la jeunesse russe, ébranlée par l’instabilité économique et politique qui s’est installée après la désintégration de l’Union soviétique et avec la restauration du capitalisme. Dans la seule ville de Saint-Pétersbourg, une dizaine d’entre eux ont succombé à de telles agressions au cours des deux dernières années. À la mi-septembre 2005, un étudiant congolais attaqué par quatre jeunes avait succombé à ses blessures. Fin octobre 2005,un étudiant chinois avait était agressé par trois jeunes Russes...
Des organisations de défense des droits de l’homme ont aussi attiré l’attention sur les dérives racistes constatées dans le discours des principaux partis politiques. Le problème a pris une ampleur inquiétante, croyant les autorités russes à réagir en interdisant le parti Rodina (la Patrie en Russe) de participer aux élections municipales à Moscou. En effet, ce Parti raciste diffusait un clip électoral exhortant les Moscovites à « débarrasser la ville de ses déchets» sur fond d’images montrant des Caucasiens, reconnaissables à leur teint plus foncé.
Pourquoi nier indéfiniment le racisme anti-noir en France?
En France, on assiste à la flagrante contradiction avec la pertinente et généreuse devise de la République: Liberté-Egalité-Fraternité. Les documentaires de France-Télévision sur les discriminations à l’embauche et au logement, les humiliations et autres délits de faciès, témoignent si besoin en était de cette cruelle réalité que l’hypocrisie ambiante feint d’ignorer ou nie l’existence afin de se donner bonne conscience collective. Les victimes ne sont pas naïves, loin s’en faut.
Dans ce même registre, nous pouvons citer la mort de 50 et de 77 blessés sénégalais dans trois incendies à Paris du 15 avril au 29 août 2005.Ce fait gravissime n’a jamais mobilisé les personnalités politiques françaises comme pour ceux infiniment moins graves survenus dans d’autres communautés. Cette tragédie n’a pas accaparé la presse ni les télévisions. La mort des noirs ne mérite aucune compassion, car considérés comme des sous-hommes dans la conscience collective de l’Homme blanc. L’héritage culturel européen de la traite négrière qui a duré 4 siècles (du 16ème au 19ème) et qui a coûté la vie à environ 100 millions de noirs d’Afrique, demeure tenace.
Le mépris pour le noir et le déni de démocratie et des Droits de l’Homme dont la France fait montre dans son pré carré d’Afrique ne font aucun doute : l’exemple de la Côte-d’Ivoire est l’une de cette tragédie d’inspiration coloniale d’extermination des indigènes. En effet, pour la première fois dans le pré-carré une élection présidentielle incontestablement pluraliste et démocratique selon les rapports des observateurs internationaux a hissé au pouvoir le Président Laurent Gbagbo en 2000.
Ce Président démocratiquement élu par le Peuple au détriment du candidat de l’Elysée, subit depuis le 19 septembre 2002,la colère de la France dont la volonté manifeste est de le substituer par son candidat afin de continuer l’exploitation des richesses de pays. La guerre civile et la division du pays en deux n’ont pas pu venir à bout de la volonté du Peuple ivoirien grâce à qui le Président Laurent Gbagbo résiste et tient fermement les rennes du pouvoir.
Le soutien populaire dont il bénéficie est le symbole de la résistance du Peuple ivoirien contre la politique de la Françafrique ,l’impérialisme français qui continue de sévir et de tuer ailleurs dans le pré-carré tchadien où il impose depuis 16 ans le dictateur Général-Président Idriss Déby Itno contre la volonté du peuple tchadien.
Le Général-Président Idriss Déby Itno a assassiné plus de 25000 tchadiens en 16 ans de règne selon les rapports des Associations des Droits de l’Homme.
En matière de démocratie, la France déni tout droit élémentaire au Peuple tchadien. Le dernier comportement ignoble de l’hexagone est l’aide logistique apportée par l’armée française à l’Armée nationale contre les forces de l’opposition armée du SCUD lors des combats du 20 mars à Hadjar Marfaïne à l’Est, sauvant ainsi une fois de plus ce criminel invétéré.
La révision de l’article 61 de la constitution par le Général-Président Idriss Déby Itno le 24 juin dernier, lui permettant de s’éterniser au pouvoir, suivie de l’organisation de l’élection présidentielle le 3 mai 2006 ont suscité de vives réactions d’opposition du Peuple tchadien qui a interpellé la France. Cependant, cette dernière, dans un mutisme assourdissant, persiste à soutenir et à accompagner le bourreau vers sa réélection frauduleuse comme les précédentes présidentielles de 1996 et 2001.
Toute personne de bonne foi et intellectuellement honnête confirmerait sans aucune hésitation les crimes du Général-Président Idriss Déby Itno. Exception faite pour les gouvernements français qui n’ont toujours rien vu, rien entendu, ni même les cris des suppliciés tchadiens. Dans le pré-carré où les petites créatures de l’impérialisme français et criminels dictateurs abondent, la France demeure toujours sourde, aveugle et aphone face aux crimes contre l’humanité qui sont commis par ses « gouverneurs délégués ».
La responsabilité de la France dans le génocide Rwandais n’a jamais été reconnue officiellement par les gouvernements de gauche comme de droite. La continuité de la politique coloniale et d’asservissement de l’Afrique par la France reste tenace et résistance à l’épreuve du temps. Les gouvernements de droite comme de gauche sont en parfaite communion. Au demeurant, rappelons que la tragédie Rwandaise a eu lieu sous le Gouvernement de la cohabitation Gauche(Socialiste)-Droite(RPR) de
Mitterrand-Balladur.
Si la Mission d'information parlementaire a levé un coin du voile sur le rôle trouble des militaires français au Rwanda, elle n'a jamais vraiment élucidé les motivations politiques de l'engagement de Paris au côté d'un régime ouvertement raciste et génocidaire, ni son ampleur réelle. Paul Quilès, mitterrandien pur sucre, s'est attaché à en verrouiller les conclusions là où les travaux des députés ont soulevé plus de problèmes qu'ils n'en ont résolu. La France n'est «nullement impliquée», a-t-il conclu.(Christophe AYAD « Le silence coupable de la France»in Libération du 7 avril 2006).
Cependant plusieurs ouvrages dont le rapport de la Commission d’Enquête Citoyenne(CEC)sur le rôle de la France durant le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994(22-26 mars 2004) confirment l’implication de l’hexagone dans cette tragédie humaine.
La responsabilité de la France dans le génocide Rwandais de 1994 qui a coûté la vie à 800.000 Rwandais en 100 jours, sont une preuve supplémentaire de comportement raciste anti-noir car la vie d’un noir n’a pas la même valeur que celle d’un blanc.
En juillet 1994, le Président François Mitterrand au mépris des milliers de morts et avec perfidie déclara «Dans ces pays-là, un génocide, c'est pas trop important.»(propos rapportés par le Figaro du 12 janvier 1998)
Au Rwanda comme dans le reste de la Françafrique, la France continue d’appliquer une doctrine militaire coloniale. Dans ce petit pays des Grands lacs, le Rwanda, la France a expérimenté une stratégie militaire, dans le cadre d'une politique vouée à la défense des intérêts de la « francophonie ».Une idéologie géostratégique, donc, hantée par le péril communiste, puis par la présence anglophone ou le syndrome de Fachoda avec à proximité l’Ouganda anglophone où campaient les rebelles du FPR qui renverseront plus tard le gouvernement pro-français de Kigali du Président Juvénal Habyarimana.
Parmi les nombreux ouvrages qui corroborent la thèse de l’implication de la France dans le génocide au Rwanda, citons notamment:«Imprescriptible: l'implication française dans le génocide tutsi portée devant les tribunaux de Géraud de La Pradelle aux Editions Les Arènes 2005 et celui du journaliste de Figaro Patrick de Saint-Exupéry, L'inavouable.
Dans son livre « L'inavouable» paru aux Éditions Les Arènes en 2004, Patrick de Saint-Exupéry résumait la doctrine colonialiste de la France : « En Afrique, la France se bat depuis cinquante ans pour conserver son empire." La décolonisation n'a pas été une rupture, juste une étape. Avec le temps, nos dirigeants ont simplement privilégié l'ombre, perfectionnant certaines techniques forgées durant les guerres coloniales : les opérations secrètes, l’enseignement de la «guerre révolutionnaire», cette doctrine de manipulation des foules...
«Au Rwanda, notre politique fut une réussite» Techniquement-je veux dire si l'on se débarrasse de ces concepts encombrants que sont le bien et le mal, l'humain et l'inhumain, l'acceptable et l'inadmissible, nous fûmes au sommet. La mystification est une figure de la guerre. Nous la pratiquâmes avec une maîtrise qui glace le sang ».
«Des soldats de notre pays ont formé, sur ordre, les tueurs du troisième génocide du XXe siècle. Nous leur avons donné des armes, une doctrine, un blanc-seeing. J'ai découvert cette histoire malgré moi, dans les collines rwandaises. Il faisait chaud, c'était l'été. Il faisait beau, c'était magnifique. C'était le temps du génocide».
Ce comportement de la France inquiète le Peuple tchadien pour qui le soutien inconditionnel de l’hexagone depuis 16 ans au dictateur Idriss Déby Itno fait peser sur notre tête le spectre du génocide à la rwandaise.
Les semaines à venir vont être édifiantes car les forces de l’opposition tchadienne qui remportent plusieurs victoires militaires sur le terrain sont en marche sur N’Djaména.
Les masses populaires refusent d’être exterminées et leur réaction ne serait que légitime défense conformément à la pertinente déclaration universelle des droits des peuples d’Alger du 4 juillet 1976 qui reconnaît aux Peuples le droit de révolter au besoin par les armes pour se libérer de la tyrannie.
Pourquoi cette constance dans la politique criminelle africaine de la France?
La principale cause de ces guerres endémiques en Afrique demeure toujours la domination et le pillage des ressources naturelles par les multinationales auxquels viennent se greffer les réseaux maffieux de la Françafrique. Ces faits furent abondamment démontrés dans les ouvrages best-sellers politiques du feu Président de l’Association française Survie, François-Xavier Verschave: Noir silence, 2000 - Etat,2001- NoirChirac,2002-République, 2003-Au mépris des peuples: Le néocolonialisme franco-africain, 2004-génocide, 2005-De la Françafrique à la Mafiafrique, 2005 ).
Les campagnes ou expéditions militaires coloniales dans le pré-carré au Tchad et en Côte-d’Ivoire, en RCA, au Gabon en RD Condo, au Cameroun…sont parfaitement illustrées par le récent discours du Président français Jacques Chirac relatif à la nouvelle doctrine nucléaire française. En effet, dans son discours prononcé le 19 janvier 2006 à l’Île-Longue(Brest) en Bretagne, il déclara:
« …C'est la responsabilité du chef de l'Etat d'apprécier, en permanence, la limite de nos intérêts vitaux. L'incertitude de cette limite est consubstantielle à la doctrine de dissuasion.
L'intégrité de notre territoire, la protection de notre population, le libre exercice de notre souveraineté constitueront toujours le cœur de nos intérêts vitaux. Mais ils ne s'y limitent pas. La perception de ces intérêts évolue au rythme du monde, un monde marqué par l'interdépendance croissante des pays européens et aussi par les effets de la mondialisation.
Par exemple, la garantie de nos approvisionnements stratégiques ou la défense de pays alliés, sont, parmi d'autres, des intérêts qu'il convient de protéger. Il appartiendrait au Président de la République d'apprécier l'ampleur et les conséquences potentielles d'une agression, d'une menace ou d'un chantage insupportable à l'encontre de ces intérêts. Cette analyse pourrait, le cas échéant, conduire à considérer qu'ils entrent dans le champ de nos intérêts vitaux.
(…)La menace crédible de leur utilisation pèse en permanence sur des dirigeants animés d'intentions hostiles à notre égard. Elle est essentielle pour les ramener à la raison, pour leur faire prendre conscience du coût démesuré qu'auraient leurs actes, pour eux-mêmes et pour leurs Etats. Par ailleurs, nous nous réservons toujours, cela va de soi, le droit d'utiliser un ultime avertissement pour marquer notre détermination à protéger nos intérêts vitaux»
L’analyse de la portée politique de cette déclaration pour les Peuples colonisés du Pré-carré devrait nous inciter à nous préparer à affronter le pire et par conséquent à accélérer la réalisation des Etats-Unis d’Afrique indépendants et anti-impérialistes.
La France est une puissance moyenne grâce à son empire colonial où elle exerce encore son influence culturelle, économique, militaire et politique sur la scène internationale par exemple à l’ONU où elle oblige les États du pré-carré à voter selon ses intérêts et non ceux des Peuples d’Afrique.
Les ressources minières stratégiques proviennent de son pré-carré d’Afrique où les compagnies françaises et l’armée françaises sont omniprésentes.
Il est clair ici que la définition des «intérêts vitaux » de la France est également étendue à «la garantie des approvisionnements stratégiques», au premier rang desquels on trouverait certainement le pétrole domaine de la compagnie Elf dans le golfe de Guinée et le bassin du Congo, l’uranium du Niger, le bois, le Fer, le coltan, le diamant, l’or et autres métaux stratégiques utilisés dans les industries militaires et de défense.
Des gouvernements nationalistes issus des volontés des Peuples briseraient incontestablement la servitude et ce pacte colonial qui les oppriment. Le contrôle des ressources naturelles par les peuples serait considérer selon la nouvelle doctrine nucléaire française comme une atteinte aux « intérêts vitaux» de la France qui par mesure de rétorsion fera usage de l’arme nucléaire contre ces pays récalcitrants.
Mieux encore la riposte nucléaire de la France serait aussi au service de ses alliés dont les « intérêts vitaux » seraient aussi menacés en dehors du continent européen.
Le président Chirac a également ajouté que la dissuasion nucléaire s’appliquera aux dirigeants d’États qui auraient recours à des moyens terroristes contre la France. Cette stratégie dite «du fort au fou », puisqu’il s’agit de dissuader des États qui, par «fanatisme et intolérance », pourraient commettre « toutes les folies» est un non-sens. Quelle menace pourrait dissuader un régime considéré comme irrationnel et a fortiori fou? L’efficacité de la dissuasion nucléaire suppose une certaine rationalité des adversaires.
Les régimes progressistes et nationalistes qui refuseraient la servitude coloniale en contrôlant les richesses naturelles, en conduisant une politique indépendante et appliquant un projet de société conforme aux aspirations des Peuples, seraient alors assimilés à des fanatiques, de fous, des terroristes, des voyous… et par conséquent leurs Peuples mériteraient d’être réduits en cendres sous le déluge nucléaire.
Le Traité de Non-Prolifération (TNP) que voudraient imposer les pays impérialistes du Nord à ceux du Sud cacherait de facto cette logique de suprématie nucléaire à des fins de pressions, chantages pour la domination économique. Le TNP qui respecterait l’équité entre les nations du Nord et du Sud, Riches et Pauvres devrait suivre le schéma suivant:
1-Il serait logique que les pays qui possèdent des milliers de têtes d’ogives nucléaires commencent déjà à détruire les leurs,
2-Réduire ces têtes d’ogives nucléaires jusqu’au niveau de celui du plus petit pays possédant l’arme nucléaire,
3-Détruire de manière concomitante toutes les têtes d’ogives nucléaires dans tous les pays. À partir du niveau zéro armes nucléaire pour tous, il conviendrait de passer à l’étape finale et d’équité qui est celle de prohiber la recherche nucléaire militaire.
Les pressions et menaces de bombardements contre la Corée du Nord et l’Iran pour cause de leurs recherches nucléaires à applications militaires, obéiraient à cette logique de domination.
La défense et la sécurité de chaque pays, de chaque Peuple pauvre ou riche, et quelle que soit sa couleur ont la même valeur. Cette préoccupation concerne aussi tous les États.
Se défendre avec un canif contre une bombe, le combat est inégal, injuste et suicidaire. Les pays du Sud se doivent de refuser d’être frappés préventivement par l’arme nucléaire selon la nouvelle doctrine de certaines puissances nucléaires du Nord, sans pouvoir être en mesure de donner la riposte adéquate.
Le seul «État voyou» qui échappe pour l’heure à la menace directe d’intervention armée des États-Unis est la Corée du Nord qui affirme détenir l’arme atomique et menace aussi de l’utiliser contre les USA en cas d’attaque par ces derniers.
Quant à l’Iran,son Président Mahumd Ahmadinejad a annoncé le 11 avril que l'Iran rejoindra très rapidement le club de technologie nucléaire internationale, le vice-président d'Iran et président de l'agence d'énergie atomique nationale Gholamreza Aghazadeh a fait savoir le même jour que son pays a réussi à produire l'uranium enrichi à 3,5%.
L’occupation de l’Irak,les menaces et pressions des pays du Nord sur certains pays du Sud tels que l’Iran, la Corée du Nord, Cuba,Vénézuéla…doivent nous inciter à une profonde réflexion.
Pour les deux premiers,leur volonté de posséder la technologie nucléaire fait frémir les puissances impérialistes qui,s’arrogent seuls le droit de posséder la technologie nucléaire civile,militaire et d’utiliser l’arme nucléaire à des fins de domination des plus faibles.
Cuba et Vénézuéla exercent leur indépendance politique anti-impérialiste,leur orientation économique socialiste malgré la vague du néo-libéralisme dans le monde et surtout les succès incontestables obtenus dans les domaines de l’éducation et de la santé notamment à Cuba depuis des décennies,risqueraient d’inciter les Peuples à faire la révolution. Afin d’éviter que les cas cubain et Vénézuelien ne fassent école chez les autres masses populaires du Sud qui souffrent des affres de la domination et de l’exploitation capitaliste, il faudrait respectivement anéantir le Lider Maximo Fidel Castro et Hugo Chavez qui selon la doctrine étatsunienne constitueraient l’axe terroriste du sous continent latino américain.
L’évolution nationaliste,progressiste de L’Amérique Latine se confirme avec les deux dernières élections présidentielles de deux figures emblématiques de cette lignée d’Hommes nouveaux, Evo Morales en Bolivie et probablement Ollanta Humala,au Pérou dans les prochains jours.
Dans cette conjoncture où la primauté de la force des pays impérialistes prime sur le droit international,pourquoi devrait-on imposer seulement le désarmement pour ceux qui possèdent moins de têtes d’ogives nucléaires alors que certains disposent des milliers? Pourquoi interdire au pays du Sud d’effectuer les recherches nucléaires dont les applications pourraient être militaires ou civiles? Pourquoi certains pays ont-ils le droit de posséder la technologie et les sciences avancées, alors que d’autres devraient se voir imposer voire garder un niveau scientifique inférieur ou seraient frappés d’interdiction d’effectuer de telles recherches?
Nombre de pays impérialistes du Nord avancent l’argument de mépris habituel selon lequel les «dirigeants fous et instables» du Sud ne devraient pas être en possession de l’arme nucléaire car cela pourrait être un danger pour la paix et la stabilité du monde.Cependant, l’histoire contemporaine de l’humanité continue de nous montrer que le premier dirigeant à faire usage de l’arme nucléaire fut le Président des USA,Harry Truman:Le 6 août 1945, la première bombe atomique explose sur Hiroshima et entraîne la mort de dizaines de milliers de Japonais. Trois jours plus tard, une bombe encore plus puissante dévaste Nagasaki.L’emploi de l’arme nucléaire par les États-Unis contre le Japon a mis fin à la guerre, mais soulève toujours la controverse.
Une nouvelle fois en 2003 un autre Président étatsunien, Bush dans sa guerre d’occupation de l’Irak, a expérimenté les nouvelles armes y compris les munitions à l’uranium appauvri.
Les Peuples africains doivent se révolter contre nombre de nos dirigeants imposés par l’impérialisme à l’instar du Général-Président Idriss Déby Itno au Tchad qui a assassiné plus de 25000 tchadiens en 16 ans de règne selon les rapports des Associations des Droits de l’Homme.
Ces gouverneurs délégués de l’impérialisme en Afrique ne défendront jamais les citoyens africains vivant sur le continent et à l’extérieur.
Cette révolution des Peuples est la seule issue si nous tenons à voir l’Afrique briser la chaîne de la domination et de l’impérialiste capitaliste.
La révolution demeure la seule alternative crédible pour la survie des générations futures et celle du continent face à la récolonisation physique par la force militaire des puissances impérialistes capitalistes des régions riches en matières premières.
L’occupation de l’Irak par les forces étatsuniennes en 2003 doit nous édifier.En effet,ce pays était sous le Président Saddam Hussein l’un des états arabes le plus avancé scientifiquement, techniquement et économiquement. Aujourd’hui cette occupation impérialiste a ramené la prospère Mésopotamie au niveau d’un petit pays pauvre du Sud. Certains qualifieraient cet état de ruines de bienfaits et du rôle positif de la domination coloniale étatsunienne.
Quelle alternative pour les Peuples africains?
Selon la nouvelle doctrine nucléaire et de la riposte préventive,les grands ensembles militaires, politiques et économiques constitués ou en voie de formation par les pays occidentaux du Nord n’hésiteraient pas à occuper militairement des micro-états riches en ressources naturelles, si leurs « intérêts vitaux» sont menacés. L’antidote à une telle action serait la réalisation des Etats-Unis d’Afrique(EUA) dont le capital humain et ressources naturelles mises en commun et exploités rationnellement feraient du continent une puissance dont la voix comptera sur la scène internationale.Tous les citoyens africains naguère humiliés ou assassinats à l’extérieur pour racisme anti-noir seraient respectés. Les auteurs de tels actes et/ou leurs états recevrons la réponse adéquate des Etats-Unis d’Afrique(EUA).
Les Etats-Unis d’Afrique(EUA) tant souhaités par les Peuples et initiés par le Guide Mouammar El Kadhafi le 9 septembre 1999 à Syrte,ne pourraient pas se concrétiser que sous l’égide d’une nouvelle génération d’Africains, nationalistes, révolutionnaires,anti-impérialistes et socialistes qui défendraient les intérêts des masses populaires africaines,l’indépendance et la souveraineté du Continent face à la servitude coloniale des impérialistes capitalistes.
Dr LEY-NGARDIGAL Djimadoum
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