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    Libre opinion : Somparé : les mémoires de la décadence

    Sotelgui S.A

     mercredi 23 novembre 2011   

    Dans une interview à Guinéenews©, l’ancien président de l’assemblée nationale indique qu’il est entrain d’écrire ses mémoires. En même temps, il donne son opinion sur l’actualité et l’histoire de la Guinée dont il aura été un participant notable. Enfin, à défaut d’une vision, il formule des souhaits pour l’avenir de la Guinée et annonce sa disposition à collaborer avec le nouveau maitre de Conakry.

    Si l’interview que Mr. Somparé vient de donner est un avant-goût de ses mémoires, la Guinée n’aura rien perdu avec la faillite politique de l’homme. Les déclarations actuelles et précédentes de Mr. Somparé montrent qu’il n’arrive pas à s’extirper de sa nostalgie d’apparatchik de l’ordre périmé du PDG.

    Quel enseignement peut-il dès lors espérer donner aux générations présentes et futures sauf celui des zones d’ombres de sa vie, de ses silences coupables et de ses déclarations irresponsables?

    Dans ses mémoires à venir, il serait dommage d’escamoter les crimes politiques dont nous fûmes des témoins - lui en tant qu’adulte et nous comme adolescents. Pour combler d’éventuels et fort probables oublis, je mets une critique anticipée des mémoires que j’introduis par le récit sur les interactions que j’eues avec l’homme qui faillit être président de la Guinée.

    En 1969, la « révolution culturelle » du PDG avait interdit le transfert des élèves d’une école à une autre sauf pour des cas de force majeure. Collégien à Dalaba, je voulais retourner à Labé. J’avais obtenu une autorisation du directeur du collège de Dalaba ; il fallait en plus la permission de l’inspecteur d’académie ainsi que l’accord du collège de destination. Je me rendis à l’inspection de Labé pour voir Mr. Somparé. Quand il me reçut, il demanda de quelle famille j’étais ; ensuite il s’enquit si j’étais avec mes parents. Je lui dis que j’étais seul. Il soupira et me demanda les raisons de ma demande de transfert. Je les lui donnais et lui tendis une autorisation que j’avais préparée. Il me regarda longuement, prit le papier et le signa. « Tu sais qu’Émile Cissé (1) est principal du collège où tu veux aller ? » me dit-il. Je lui répondis oui. J’ajoutai qu’Émile est plus à Kalédou(2) ; au collège de Tchindel c’est Diallo Djounou qui dirigeait de fait. Il sourit et me congédia.

    Une fois que je fus admis au lycée de Labé, j’eus des occasions de revoir Mr. Somparé. C’étaient des années sombres. Suite au débarquement du 22 Novembre 1970, il y eut un regain de répression, avec des pendaisons publiques et des condamnations dont certaines, de membres de ma famille. Cette atmosphère eut des empreintes sévères sur l’adolescent que j’étais. La religion devint mon refuge et la lecture mon guide. Comme responsable de la bibliothèque du lycée, j’avais accès à beaucoup de livres ; mon frère, Siradiou, m’en procurait aussi. Le lycée offrait un espace de refuge de l’agitation de la ville. On pouvait y exprimer des critiques impossibles ailleurs. Beaucoup de professeurs, guinéens et originaires des pays de l’est, désespéraient des dégâts de la « révolution culturelle » sans pouvoir le dire. Ils tentaient d’y remédier en encourageant quelques élèves, discrètement. Parmi eux, il y avait mon cousin El Hadj Bah Caba qui était aussi le proviseur du lycée ; sa femme Hadja Aminatou (une cousine aussi) qui fut mon professeur, Mr. Paparov, mathématicien, originaire de la Russie, Mr. Konaté qui fut mon professeur de physique, Mr. Seck qui m’intéressa à l’histoire… Leur attention et leur support nous guidèrent dans les tumultes de la « révolution culturelle ». Celle-ci n’était rien moins qu’un décervelage programmé de toute une génération. Le passage en classe supérieure était automatique. Il y avait des notes collectives par groupe pour « lutter contre l’élitisme ». L’objectif était un nivellement par le bas pour décourager l’ardeur d’apprendre. Le système fut une aberration sans nom, une confiscation cynique de la culture et un sabotage pervers de l’éducation. La Guinée porte encore les marques de cette diabolique entreprise.

    Mon père était décédé quelques années auparavant. Il avait été une tour de laquelle il fut possible de dominer et rationnaliser les aberrations du PDG. Il rappelait sans cesse les leçons du passé et les criminels qui ont essaimé l’histoire. Pour soulager des doutes du moment, il nous enseigna que le régime du PDG était un test de Dieu pour sonder notre foi. A plusieurs reprises il nous fit faire des prières auprès des tombes de nos ancêtres pour demander qu’ils éclairent nos voies. L’atmosphère familiale qu’il nous légua était celle d’une sagesse ancrée dans des temps immémoriaux, des valeurs intemporelles et sûres de la justice, du travail et de la vérité.

    Mr. Somparé lui aussi portait attention à ma personne ; il m’encourageait en s’enquérant souvent sur mes études et mes lectures. Cette attention grandit à l’ occasion d’un incident qui eut lieu au lycée en 1972. Un de nos promotionnaires du nom de Saliou avait envoyé une lettre à une de ses amies du lycée de Kankan où il avait étudié l’année d’avant. Dans la lettre il demanda à la fille « Comment vas-tu avec les petits malinkés à Kankan ? ». La lettre fut interceptée et transmise à Sékou Touré. Celui-ci y griffonna une note qui exigeait d’«apprendre à ce jeune homme à ne pas être raciste ». La lettre fut adressée au bureau fédéral du PDG de Labé. C’est ainsi qu’un jour nous vîmes les autorités politiques, administratives et militaires débarquer au lycée ; nous fûmes conviés à une conférence d’urgence.

    Mr. Somparé prit la parole. Il dénonça avec véhémence le caractère « contre-révolutionnaire » de la lettre. Il déclara que les peuls doivent se débarrasser de leur « complexe de supériorité ». Il dit qu’il n’y a pas d’ethnie ou de race pure en Guinée. A l’appui de son argument il déclara : « Est-ce que à la vue d’une belle femme Djalonké, malinké ou autre, les hommes peuls ne se mettent pas en chaleur ? ». La salle devint lourde.

    Somparé finit son discours en demandant que le jeune Saliou soit sanctionné avec rigueur. Suivirent des déclarations de la même eau qui réitéraient les mêmes demandes. A un moment, mon regard se porta sur mon cousin, le proviseur. Il était détaché et contemplait le mur comme si il voulait échapper à la scène surréaliste. Je me dis intuitivement que si on n’arrêtait pas la tournure des slogans et des discours, cela pouvait bien être l’occasion d’un autre complot. Je pris la parole.

    En substance, j’indiquai que l’erreur commise par notre ami est une erreur de notre part, tous. Je demandais donc, au nom de « l’autodiscipline » qui était un des slogans en vogue à l’époque, que l’on nous donne l’occasion de le sanctionner et de le rééduquer. Je proposai qu’il fasse un exposé sur les méfaits de l’ethnocentrisme et qu’on adresse une lettre d’excuse au « Responsable Suprême » pour les insinuations contre les malinkés que notre camarade avait faites. La salle applaudit.

    Mr. Somparé se saisit de l’occasion. Il indiqua que c’est cela qu’il attendait de nous. Il fustigea le conseil d’administration du lycée qui aurait dû faire la déclaration que j’avais faite. Il décréta que je devais être membre du conseil à partir de ce jour. Des vivats démagogiques clôturèrent la session. Aucune des décisions ne fut suivie d’effet bien entendu.

    L’incident était un exemple des méthodes d’intimidation et de division du PD. Le parti et son chef profitaient de faits anodins pour frapper les esprits de façon préemptive. En fait, l’état ne surveillait pas les correspondances des citoyens pour déceler des tentatives de rébellion à son encontre. Il était évident qu’aucun esprit sensé ne penserait échanger des secrets par le courrier officiel.

    En outre, l’objectif de la surveillance n’était pas de s’assurer de la passivité des citoyens qui était un fait acquis. L’incident faisait partie de l’arsenal de provocation permanente pour acculer les citoyens dans leur intimité en entretenant une psychose d’autocensure et de peurs. En capturant et en dénonçant les lettres des adolescents, le parti montrait que nul n’est à l’ abri. La phrase banale d’un lycéen réveilla les démons qui hantaient le « responsable suprême » ; elle lui donna l’occasion d’exprimer des sentiments refoulés qui, quelques années plus tard – en 1976 - allaient éclater au grand jour dans l’exutoire contre la communauté peule.

    Le leader du PDG opposa les nations peule et malinké du pays pour assurer sa survie autrement impossible face à son incapacité avérée de gérer un état. La rencontre dans un même esprit d’obsessions maladives et d’insuffisances intellectuelles explique qu’un président de la république prenne le temps de s’occuper de lettres entre lycéens. La conséquence difficile à extirper de ce règne est un pays fissuré par des conflits profonds et transversaux qui n’opposent pas seulement des ethnies quoiqu’en disent les apparences.

    Plus tragiquement, le totalitarisme du PDG aura dissout dans notre société les liens de solidarité que chaque communauté doit entretenir en son sein si elle veut être viable. La méthode de gouvernement qui utilise la peur et exploite les instincts de conservation des citoyens dans un climat d’imprécation permanente répand des sentiments dévastateurs. Les citoyens se prennent dans le piège des doutes et des culpabilités, en voulant prouver leur innocence et en prenant distance de leur communauté et de tout ce que le parti dénonce comme mauvais. Ce dernier peut ainsi s’assurer de la complicité passive de millions de personnes.

    Quand la foule se dispersa, Mr. Somparé revint à l’école. Il me prit à part et me dit que je venais de les sauver d’une situation dangereuse. Il m’expliqua qu’on l’avait cueilli de son bureau. On l’avait obligé à organiser la réunion instamment. Il était totalement déboussolé par la soudaineté de l’affaire de la lettre ; il semblait s’excuser de ses propos incohérents.

    Quand j’eus le bac l’année suivante, il fut l’un des premiers à me féliciter. Il quitta Labé la même année et fut muté à Conakry. Je fus assigné à l’IPK à Kankan. J’y restais 10 jours. J’allais à Conakry pour informer mes frères sur les conditions de vie d’étudiant à Kankan. Je leur fis part de mon intention d’abandonner mes études si la seule université qui restait était l’IPK. Ils étaient anxieux.

    Mon frère Tierno Siradiou en parla à Somparé qui me reçut dans son bureau. Il promit de tout faire pour me faire transférer à l’IPC et me conseilla de ne pas quitter le pays. Il s’arrangea pour que je puisse assister à certains cours à l’IPC en attendant la promulgation de la décision de transfert. Il tint sa promesse.

    Quelques mois après, un décret signé de Sékou Touré décida de mon transfert à l’IPC. Toutefois, j’avais décidé de ne pas faire mes études dans l’atmosphère de psychose, de mouchards, de fréquentes intimidations, d’arrestations et d’exécution sommaire d’étudiants de l’institut. Je quittai la Guinée quelques semaines après.

    La dernière interaction que j’allais avoir avec Mr. Somparé fut à Paris, 10 ans plus tard, en 1984. Il était ambassadeur. Je voulais avoir un sauf-conduit pour me rendre en Guinée après la mort de Sékou Touré. Le préposé aux affaires à l’ambassade me reçut avec hargne. Il exigeait une lettre d’invitation de la Guinée, de l’argent pour l’hôtel etc. J’étais abasourdi et lui répondis que je suis autant guinéen que lui. Il me dit que je suis un « anti-guinéen ». Pendant que j’échangeai des propos aigres avec lui, Mr. Somparé arriva sur les lieux. Il me reconnut immédiatement et se plaignit d’avoir cherché à me contacter en vain depuis sa nomination.

    Je lui répondis que j’étais au courant. Mais comme il était ambassadeur d’un régime que j’abhorrai, j’avais refusé de le voir. Il me dit que je ne changerai donc jamais. Il me reçut quand même dans son bureau et arrangea rapidement l’obtention du sauf-conduit. Ce fut la dernière fois que je revis l’homme.

    Je dois admettre que Mr. Somparé a toujours été bienveillant envers ma personne. En plus, l’homme est connu pour être chaleureux et amiable. L’interpellation qui lui est faite ici est au-delà des relations personnelles. Elle est autorisée par l’irrémédiable appartenance commune à la patrie. Elle n’est que la marque d’imbrications et de divergences de deux destins dans les filets de notre tragique histoire qu’il nous appartient de gérer, honnêtement de préférence.

    La nostalgie de Mr. Somparé pour le PDG est d’autant plus étonnante qu’il n’a jamais cru ni en l’idéologie ni aux mensonges de ce parti. Qu’il défende encore le système qui a blessé la nation témoigne simplement d’un refus de mettre en perspective et de reconsidérer les choix opérés sous l’aiguillon de la survie. Il semble difficile à l’ancien président de l’assemblée nationale d’admettre qu’il fit comme tout monde pour échapper à la répression aveugle : mentir et faire semblant. Il s’est constitué prisonnier du vide de son choix. Il essaie de le meubler par un contenu plus inexcusable que celui qu’il fallait pour naviguer dans les dédales maudits du PDG et du PUP.

    Les jugements erronés que Mr. Somparé émet sur l’histoire de la Guinée sont révélateurs de l’illogisme dans lequel il campe. Il crédite le PDG d’avoir créé un « état moderne » oubliant manifestement la propagande et les discriminations ethniques de ce parti. Il dénonce le communautarisme comme un danger et s’active en même temps pour l’union de la Basse-Guinée.

    Quant à ses assertions sur le respect dont la Guinée aurait bénéficié du fait de Sékou Touré, ils sont simplement une parjure. La Guinée fut et reste une nation paria. Ignorée de par son retrait du monde pendant plus de 50 ans, elle ne fait la une qu’à l’ occasion de crimes commis par l’état qui posent des interrogations aux spécialistes du droit international sur l’énigme embarrassante et la faillite flagrante qu’elle est devenue.

    Ne pas admettre que le PDG fut la source de cette décadence est une piètre incompréhension de l’histoire où– il faut rappeler - rien n’arrive ex-nihilo. Cette incapacité navrante de la part d’un politicien qui se promet de donner des leçons aux générations nouvelles est la raison de l’exercice de sublimation du passé à laquelle Mr. Somparé se livre.

    Son pari d’« apporter l’expérience … vécue aux générations futures » et « avec l’espoir que ça va leur servir pour éviter certaines choses et peut-être louer certaines valeurs qui font défaut aujourd’hui à la jeunesse » n’est que de l’outrecuidance. Mr. Somparé personnifie la seule forme de réussite que les systèmes politiques guinéens acceptent de la part des intellectuels : celle d’être des jouets des dictatures sanglantes et des marionnettes de caudillos de village. Il est l’exemple de l’engluement graduel dans lequel s’enferment ceux qui ont choisi de conjurer la réalité par de la prestidigitation verbale. Cependant, il y a une limite au bagout, même en politique. On ne peut pas continuer à faire de l’écartèlement, à vouloir appartenir à tous les camps et à chercher à être l’ami de tout le monde sans se ridiculiser ou tomber dans la désuétude.

    On attend de Mr. Somparé autre chose que des vœux pieux de progrès pour le pays. L’enfer guinéen est suffisamment pavé de bonnes intentions. Pour l’acteur politique qu’il fut on espère plutôt des explications : son entrée au bureau fédéral de Labé et ses luttes pour entrer au bureau fédéral de Conakry. Par quel moyen il accéda au comité central du PDG? Comment le mathématicien qu’il est se retrouva à la tête de la radio d’état ? La propagande étant essentielle à la survie du régime, à quelles besognes fut-il assigné ? Il serait difficile de faire croire qu’il a accédé à de telles responsabilités par accident. Aussi, on aimerait avoir des explications sur la tentative d’enlèvement d’Ibrahima Kaké lors de la visite de Sékou Touré à Paris alors qu’il était ambassadeur. Quels furent ses rapports avec Émile Cissé à Labé alors qu’il était jeune fonctionnaire? Par quels mécanismes il accéda à la tête du PUP ? Quelle fut aussi sa position lors de l’arrestation d’Alpha Condé ? Comment et dans quelles circonstances il succéda à l’ancien président de l’assemblée El hadj Biro? etc.

    Au crépuscule de sa vie, et au terme d’un parcours durant lequel il aura accompagné la décadence de la nation, Mr. Somparé n’a aucun mot de regret et n’exhibe aucun signe qui laisserait la place au dialogue. Il eut l’opportunité d’être l’un des tenants des pouvoirs prédateurs qui sévirent dans notre pays. En bon commis comblé par des honneurs immérités, il décida de ne rien faire pour y remédier.

    Un minimum de courage lui aurait permis de combler des ambitions personnelles ou de rentrer dans l’histoire en mettant fin à la longue agonie de Lansana Conté qui fit le lit à l’avènement du psychopathe, Daddis. Somparé admet candidement avoir été au courant de la préparation du coup d’état des années avant, comme s’il ne fut qu’un simple observateur de l’histoire de sa nation.

    On espère que ses mémoires traiteront de la question de cette troublante démission qu’il partage avec beaucoup de cadres guinéens. Malheureusement tout porte à croire que Mr. Somparé est encore prêt à jouer à l’ignorant ou à la victime ; il se vante même d’être toujours en forme pour se faire remarquer par le nouveau dispensateur de biens de Conakry.

    Notes:
    1) Émile Cissé était un métis et un protégé de Sékou Touré. Ce dernier lui donna carte blanche pour régner sur les populations de Kankan et de Labé. Il fut le principal du collège de Labé entre 1966-1971 avec des pouvoirs illimités. Personnage extravagant et sans scrupules, il usa de ses pouvoirs pour détourner et abuser sexuellement plusieurs collégiennes ; il engendra un nombre considérable d’enfants illégitimes. Il épousera une de ces filles. Il l’empêcha d’aller au lycée après le brevet. Il lui créa une classe au collège où elle était la seule élève pour pouvoir la contrôler, en violation des règles de l’éducation publique. Les populations de Labé excédées par ses abus se plaignirent à Sékou Touré lors d’une conférence de « bouche ouverte » en 1967. Sékou défendit son poulain. Il insulta publiquement son ancien bienfaiteur Samba Cissoko, un des premiers militants du RDA à Labé, dont Émile Cissé avait licencié la fille de l’école parce qu’elle avait refusé ses avances. Le public outragé hua Sékou Touré. Quant à Samba Cissoko, il ne survivra pas au fait d’avoir été traité de menteur en public. Il mourra quelques jours après la conférence. Émile Cissé joua un rôle central dans la fabrication du « complot » qui emporta les Kaman Diaby, Fodéba et Diawadou en 1969. Il personnifie à sa façon le mécanisme des complots. Il monta l’affaire pour se venger de certains de ses « amis » qui narguaient ses prétentions intellectuelles. Sékou Touré de son coté en profita pour se défaire de fidèles compagnons et d’adversaires qui s’étaient ralliés à lui et pour infiltrer les casernes militaires. Émile Cissé sera nommé gouverneur de Kindia où il supervisa les tortures au camp Kémé Bouréma. Il mourra comme il avait sévi, de « diète noire », au camp Boiro.

    2) Kalédou : Situé à 20 km environ de Labé, Kalédou était l’ancienne école coloniale de Popodra. Émile Cissé y érigea un centre d’éducation. Pour ce faire, il détourna des dotations en matériel de construction de la région de Labé. Il prétendait ériger une « cité socialiste». En réalité ce fut un lupanar où Émile entretenait un harem de jeunes adolescentes ; elles paradaient avec lui lors de ses déplacements, en tenue militaire avec des mitrailleuses.

    Par Ourouro Bah
    Pour www.nlsguinee.com

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