dimanche 20 novembre 2011
L’insécurité bat son plein à Conakry. La situation n’a jamais été aussi grave. Les crépitements des armes sont quotidiens dans la haute banlieue de Conakry. Des armes automatiques qui empêchent le plus audacieux de fermer les yeux.
Une fois la nuit tombée, Conakry et surtout Coyah et Dubréka donnent l’impression d’un pays en guerre. Un quinquagénaire avoue qu’il préfère que la journée continue 24h sur 24. C’est tout dire.
La semaine dernière un citoyen a été attaqué au quartier Baïlobaya. Quand les malfrats arrivent, ils emploient les grands moyens pour défoncer la porte. Le chef de famille se rend compte. Il sort son fusil traditionnel. Mais arrivé à la porte, les bruits de botte de dehors le dissuadent de résister. Il réalise qu’il n’y a aucune commune mesure entre lui et les assaillent. Alors, il range soigneusement son fusil pour attendre anxieusement. Cette opération se solde par la mort de Mamadou Dian Diallo, agent technique de santé.
La semaine d’avant à Lansanayah, un groupe de bandit investit une concession. Leur victime sort de sa chambre. Elle soulève le rideau de la fenêtre. Elle aperçoit une vingtaine de personnes habillées en tenue militaire. Là aussi madame comprend que la cause est perdue d’avance. Cette fois l’infortunée fait l’économie de ses portes. Elle ouvre la maison pour ses visiteurs peu amicaux.
La même semaine, à Kountia un homme d’affaire remarque une situation inhabituelle dans le quartier. Il venait de ramasser des fonds dans un de ses magasins. Le doute l’amène à se mettre à l’abri cette nuit-là. Comme il l’avait pressenti, à deux heures du matin, des hommes armés font irruption dans sa cours. Ils n’ont aucune difficulté à accéder à l’intérieur du bâtiment. Ils demandent à l’épouse du mari déserteur des lieux où se trouve celui-ci. Mon mari n’est pas là, répond madame. Cette réponse met les visiteurs en colère. Ils assènent madame des coups. Lui prennent ses bijoux, ses habits ses téléphones et le peu d’argent qu’elle avait.
Quelques jours plus tard, un groupe toujours et encore en treillis, investit une boutique au KM 36. Il tient au respect le propriétaire. Les voisins alertent des gendarmes à côté. Ces derniers ignorent l’appel au secours. Les bandits vident la boutique de son contenu. Près de trente millions de nos francs et des centaines de téléphones portables.
Les causes de cette terreur sont entre autres : la porosité des frontières, notamment celles du Sud du pays où il y a eu la guerre chez le voisin au début de cette année. Des armes ont dû traverser la frontière. Il y a aussi le chômage endémique qui pousse certains à tenter le tout. Enfin, le recrutement des agents au comportement peu catholique dans l’armée guinéenne.
Quant aux conséquences, elles sont nombreuses. Familles endeuillées. Investisseurs découragés. Risque de voir la population se procurer des armes pour se défendre.
Comble de paradoxe, Conakry est militarisé. Les barrages routiers sont multiples notamment dans les quartiers réputés pour leur criminalité. Mais ces barrages n’empêchent pas les hors la loi de se rendre maitres de la ville.
Il est donc urgent pour les pouvoirs publics de mettre fin à cette situation chaotique. Sans rien dramatiser, on peut dire aujourd’hui que les malfrats sont devenus dans la haute banlieue de Conakry, ce que les pirates somaliens en Afrique de l’Est. Il faut donc sauver la Guinée et les Guinéens.
Habib Yembering Diallo
Analyste et Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
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Pour www.nlsguinee.com
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